Banjo, artiste multi-cordes

Avec Victoria Bedos, Olivier Urvoy de Closmadeuc forme le duo Vicky Banjo. Ensemble, ils chantent l'amour cru et la liberté. Dans "Vicky", au cinéma le 8 juin, il interprète son propre rôle, celui d'un artiste passionné. Rencontre.

© Gaumont Distribution

Depuis 2 ans, Olivier Urvoy de Closmadeuc sillonne la France avec Victoria Bedos. À eux deux, ils forment le duo Vicky Banjo : elle, c'est Vicky; lui, c'est Banjo. Réunissant à la fois le théâtre et la chanson, ils célèbrent la liberté, l'amour sans tabou et sans entrave. Si Vicky, au cinéma le 8 juin 2016, est une autofiction majoritairement centrée sur la fille de Guy Bedos, le musicien y a aussi projeté une part de lui-même. Avec le film de Denis Imbert, il passe pour la première fois devant la caméra, dans un long-métrage qui conjugue le arts et où cinéma, musique et théâtre se trouvent habilement mêlés. Nous avons recueilli ses impressions. 

Olé ! © Gaumont Distribution


Le Journal des Femmes : Comment avez-vous rencontré Victoria Bedos ?        
Banjo :
J'ai connu Victoria quand elle avait 18 ans. On s'est rencontré dans un festival de cinéma, Mamers en Mars, dans la Sarthe. Victoria y allait avec sa meilleure copine et on s'est retrouvés dans la même voiture. Elle s'était renseignée sur moi et il y a eu un quiproquo – d'ailleurs Vicky Banjo a failli s'appeler Quiproquo. Cette amie a parlé d'un autre Olivier, qui était homosexuel, mais qui ne le savait pas. Je suis arrivé dans la voiture, comme le loup dans la bergerie, mais le loup le plus inoffensif de la terre. Les filles se changeaient devant moi. Ce quiproquo a duré deux ans. 

Comment définiriez-vous votre style musical ?    
Banjo :
Il s'est construit sur la durée. Les mélodies viennent des textes de Victoria. Je l'ai d'abord accompagnée et, très vite, on nous a dit qu'on était un duo. On a commencé à dialoguer les chansons. Ça fait partie de l'ADN de Vicky Banjo, c'est théâtralisé. J'ai vraiment voulu faire une mise en scène autour de Victoria. Vicky Banjo, c'est elle.  Il faut de la sincérité pour qu'un film ou un groupe marche. Il  y a cette sincérité et cette absence de tabou dans les textes de Victoria. Ça a guidé tout notre itinéraire : on dit les choses en se réinscrivant dans une tradition de chanson française. 

Vicky Banjo est votre premier film. Le passage du duo au cinéma a-t-il été évident ?
Banjo :
Le début de notre spectacle était comme dans le film : il y avait un mariage raté et Vicky rencontrait mon personnage. On avait déjà cette structure et cette expérience de la scène. On a beaucoup parlé avec Victoria du passage au cinéma parce que ce qui marche en music-hall ou sur une scène de théâtre ne marche pas forcément devant une caméra. Le cinéma et la scène, ce n'est pas naturel, mais il faut avoir l'air cool, comme si ça l'était. Quand on se lance sur scène, on ne réfléchit plus. On est dans l'urgence de l'instant. C'est ici et maintenant.

Cette expérience vous a donné envie de faire d'autres films ?  
Banjo :
C'est la première fois qu'on a le vent en poupe comme ça. Ce que je sais faire, c'est composer et chanter. J'ai adoré tourner avec Denis, mais je ne ferai pas ça à n'importe quel prix. Il y a une telle compétition. Je ne vais pas jouer des coudes, ce n'est pas mon truc. Victoria c'est la plume, c'est ce qu'elle travaille depuis toujours. Moi, c'est le chant et la composition. J'ai fait la musique de Vicky Banjo et Denis m'a proposé de faire celle de son prochain film. Donc Inch'Allah, je touche du bois. Et on a conscience qu'on n'aura plus jamais une telle expérience, quelque chose qui parle de nos vies. 

Regardez la bande-annonce de Vicky :

 

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