Le Journal de Cannes : la source des femmes

Que ce soit à travers l'oeil des réalisateurs, dans la rue ou en soirée, le Festival de Cannes est une affaire de femmes cette année. Rapport, en direct de la Croisette.

© Zannoni Julien/APS-Medias/ABACA

"Cannes est une femme !" En 2015, Lambert Wilson transformait la cérémonie d'ouverture en déclaration d'amour. Il ne se doutait pas que cette ode à la féminité se concrétiserait en 2016... dans mon esprit. Alors que la journée débute, milieu de festival un an plus tard, tout est si clair. Nous les femmes, nous le charme, sommes incontournables par ici.
Il y a évidemment la bande de celles qui brillent dans les salles obscures : la Mademoiselle de Park Chan-wook, la Personal Shopper d'Assayas, ELLE de Verhoeven, la Neon Demon de Winding Refn, la Danseuse de Stéphanie Di Giusto, la Victoria de Justine Triet, la Fille inconnue des frères Dardenne, la Julieta d'Almodóvar... Et puis celles qui font fureur sur le tapis rouge, de Lily Rose-Depp à Virginie Efira, de Blake Lively à Kristen Stewart.
Il y a les autochtones, tout aussi inévitables. Particulièrement quand il faut traverser la Croisette au pas de course et qu'elles errent, le nez en l'air, dans l'espoir de tomber sur Ryan Gosling. Comme punition pour flâner alors que personne n'a le temps de souffler, elles se contenteront d'un selfie avec Christophe Beaugrand de TF1.         

Belles de nuit

Cannes se conjugue au féminin, surtout le matin au Majestic, où ont lieu les talks "Women in Motion" de Kering. Dos à la mer, Salma Hayek adresse un message à toutes : "Chaque femme a l'ADN nécessaire pour être une guerrière." Une phrase qui prend tout son sens quelques heures plus tard, alors que mes talons de 10 cm me lacèrent les pieds dans une file bien trop longue devant le Palais des Festivals. Comme une centaine de confrères, je n'aurai pas ma place pour la projection du soir. Me voilà obligée de noyer ma déception dans la nuit... Car il faut l'avouer : Cannes est plus femme que jamais une fois le soleil couché.

La foule se transforme alors en grande gigue mini-jupée, échasses aux pieds, paillettes everywhere pour entrer dans les lieux les plus prisés de la Croisette. La soirée débute généralement "chez Sandra" pour se terminer "chez Albane". Dans la suite en front de mer de la première, Axelle Lafont mixe, Daphné Burki est attablée et Aïda Touihri enflamme le dancefloor. Dans quelques heures, elles seront chez l'autre reine absolue de la night. La phrase "j'ai mes entrées chez Albane" est plus précieuse qu'un open-bar champagne car c'est là-bas que les stars se réfugient pour la nuit.
À la soirée
 du Madame (Figaro), je constate : chez dame Albane, ce sont encore et toujours les femmes qui font parler. Elsa Zylberstein en grande discussion sur un canapé, Juliette Binoche ravie, Soko endiablée, Kirsten Dunst sérieuse, Vanessa Paradis et Lily-Rose Depp discrètes... Valera Golino, membre du jury, me passe devant. Le plus beau cadeau qu'elle pourrait faire à Cannes ? Que la Palme d'or soit féminine, elle aussi.

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