Le Journal de Cannes : les oiseaux

De drôles de piafs déambulent dans Cannes. Des faucons au Martinez, des oies blanches en soirée, des queues de pie sur tapis rouge... Aucun festivalier n'est à l'abris de voler dans les plumes d'une espèce rare de la Croisette.

© Fiona Ipert

Cannes est un miroir aux alouettes où la faune ornithologique est riche, surtout en période de Festival. Bien sûr, il y a les mouettes. Et les serveurs qui déploient leurs ailes pour les chasser des assiettes. Il y a aussi les fameux faucons du Martinez, embauchés pour éloigner les goélands. Et les pigeons, prêts à faire une heure de queue pour avoir un échantillon gratuit rue d'Antibes. Pendant que sur le tapis rouge, les poulettes font risette, les plumes des journaux grattent du papier. Mais l'espèce la plus passionnante à observer pendant la quinzaine, ce sont les drôles d'oiseaux.

Lors d'un footing pré-interview sur la Croisette, j'aperçois l'un d'entre eux. Rocco Siffredi se fait prendre en photo devant une sculpture de corps féminin. Le soir, l'acteur porno aura droit à son heure de gloire à la Villa Schweppes. À y penser, une chouette espèce colorée a défilé devant moi dès mon premier jour de Festival. Sur le ponton du Carlton, une farandole de trolls a pris ses quartiers face à mes yeux amusés (et au charmant sourire de Justin Timberlake).

Bref, revenons à nos moutons oiseaux. Alors qu'un jeune homme me passe devant affublé d'un iroquois afro (vous avez bien lu), je m'engouffre dans le Palais des Festivals pour découvrir La Danseuse. À l'écran, Soko virevolte et me fait penser à une blanche colombe prête à prendre son envol. Installée à la terrasse d'un café, mon œil est attiré par un patchwork coloré. Annie Cordy est là, vêtue d'un ensemble bariolé qui n'a rien à envier à sa période Tata Yoyo. Mes pensées volatiles auront raison de moi : le disque s'enclenche dans mon esprit. "Tata Yoyo, dans ma tête y'a des tas d'oiseaux..." C'est donc ça.

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