Rosalie Blum : des bulles à la pellicule

Un vent de fraîcheur et de folie s'apprête à envahir les salles de cinéma. "Rosalie Blum", réalisé par Julien Rappeneau, sort le 23 mars 2016. Retour sur la genèse de ce joli conte du quotidien, adapté de la BD du même nom de Camille Jourdy.

© SND

Préparez-vous à tomber sous le charme de Rosalie Blum. La bande-dessinée créée par Camille Jourdy, publiée entre 2007 et 2009, a droit à sa première adaptation, au cinéma dès le 23 mars 2016. Avec ce film poétique aux airs d'Amélie Poulain, le réalisateur Julien Rappeneau, fils de Jean-Paul, réussit haut la main son entrée dans le monde du cinéma.
Dans les albums d'origine, Camille Jourdy, diplômée de l'Ecole des Beaux-Arts d'Epinal et de l'Ecole des Arts Décoratifs de Strasbourg, suit le quotidien de trois personnages, Rosalie, Vincent et Aude, dans une petite ville de province. Solitaires et un peu paumés, ils vont chacun apprendre au contact les uns des autres à sortir de leur coquille. Quatre ans de travail ont été nécessaires à Camille Jourdy pour donner vie à ses héros. Le premier tome, Une impression de déjà-vu, paraît en 2007 ; le second, Haut les mains, peau de lapin !, en 2008 et le troisième, Au hasard Balthazar !, est publié en 2009. Ce dernier est récompensé par le Prix révélation du Festival d'Angoulême en 2010 et la trilogie de Camille Jourdy est consacrée par le Grand Prix RTL en 2009.
C'est au moment de la parution du troisième tome que Julien Rappeneau découvre Rosalie Blum. Il est immédiatement touché par ces personnages, tous bloqués à un moment de leur vie et qui vont se remettre en mouvement au hasard d'une rencontre. En 2013, l'idée d'adapter cette histoire, à la fois intimiste et universelle, lui apparaît comme une évidence. Il décide alors de découper le film en trois parties, consacrant chacune d'elle à un personnage, suivant plus ou moins le schéma des trois tomes originaux. Après s'être imprégné de l'esprit de la BD, Julien Rappeneau décide toutefois de l'adapter à sa sauce, prenant quelques libertés dans l'écriture des protagonistes. Les saignements de nez réguliers dont souffre Vincent, incarné par Kyan Khojandi, sont ainsi un apport personnel du metteur en scène.
Côté casting, le réalisateur n'avait pas de comédiens en tête lors de l'écriture du script, mais les noms se sont imposés d'eux-mêmes. Il a été séduit par la maladresse que dégageait Kyan Khojandi, découvert dans Bref, le programme court de Canal +, et touché par la prestation de Noémie Lvovsky dans Camille Redouble. Quant à Alice Isaaz, Julien Rappeneau a été convaincu par son rôle dans La Crème de la Crème, de Kim Chapiron, sorti au moment où il réfléchissait au casting de Rosalie Blum
L'alliance de tous ces éléments donne lieu à un film d'une tendresse et d'une poésie folles, dominé par un grain de folie et au sous-texte plus profond qu'il n'y paraît. Une bande des cinés qui s'affranchit de toutes les cases pour notre plus grand plaisir.                                                                               

Regardez la bande-annonce de Rosalie Blum : 

L'affiche de "Rosalie Blum", au cinéma le 23 mars © SND


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