Avant JOY, ces femmes qui ont inspiré le cinéma

Dans "Joy", Jennifer Lawrence incarne une inventrice de génie, à l'origine d'une serpillière révolutionnaire. Le cinéma ne pouvait pas passer à côté de cette success-story. Mais bien avant que David O. Russell ne s'intéresse au parcours de Joy Mangano, de nombreux films ont mis à l'honneur ces femmes aux destins exceptionnels, de Frida Kahlo à Lady Di.

© Twentieth Century Fox

Elles sont peintres, membres de familles royales, actrices ou... créatrice d'une serpillière auto-essoreuse. Dans son dernier film, Joy, au cinéma le 30 décembre, David O. Russell retrace le parcours de Joy Mangano, inventrice de la Miracle Mop, un modèle de serpillière révolutionnaire dans les années 1990. C'est Jennifer Lawrence, actrice fétiche du réalisateur, qui incarne cette mère de famille devenue une redoutable femme d'affaires, à la tête d'un empire de plusieurs milliers de dollars. Une histoire vraie, un portrait de femme forte et un destin de self-made woman comme Hollywood en raffole. Et le cinéma n'a effectivement pas attendu que le réalisateur de Happiness Therapy s'empare de cette histoire pour valoriser les figures féminines. Ces femmes fortes, aux tempéraments de feu et prêtes à surmonter tous les obstacles, offrent de larges perspectives, à la fois intimistes et sociétales, à travers leur parcours et l'empreinte qu'elles ont laissée.       

Des femmes issues de tous les horizons 

Côté français, il y a bien sûr eu La Môme, d'Olivier Dahan, dans lequel Marion Cotillard incarne Edith Piaf; Sagan, le biopic de Françoise Sagan où Sylvie Testud se glisse dans la peau de la célèbre romancière ou encore Camille Claudel. La sculptrice, muse et amante d'Auguste Rodin, a été interprétée par Isabelle Adjani et Juliette Binoche dans deux films, sortis en 1988 et 2013. Mais c'est de l'autre côté de l'Atlantique que l'on trouve le plus de biopics. Julia Roberts a ainsi incarné Erin Brockovich dans le film du même nom sorti en 2000. Cette mère célibataire et autodidacte est devenue une figure emblématique du militantisme écologiste après avoir dénoncé un cas de pollution de l'eau potable en Californie. Egalement au rayon des films judiciaires, on peut citer L'Affaire Josey Aimes. Dans ce drame sorti en 2006, Charlize Theron incarne elle aussi une mère célibataire contrainte de travailler à la mine, faute de débouchés professionnels. Là, elle doit faire face à la méfiance de ses collégues masculins, dont l'hostilité vire rapidement au harcèlement sexuel. Le film est inspiré de l'histoire de Lois Jenson, l'une des premières femmes embauchées dans une mine américaine, en 1975. Pendant de nombreuses années, elle a encaissé les humiliations, les insultes et les menaces jusqu'au jour où l'un de ses chefs la viole, en 1984. Elle porte plainte auprès de la commission des droits de l'Homme du Minnesota et obtient la promulgation d'un réglement interne sur le harcèlement sexuel. Après plus de dix ans de bataille judiciaire, la mine est condamnée à verser 15 millions de dollars de dommages et intérêts aux autres mineures, victimes d'agressions. La comédienne Sally Field a elle aussi joué une figure incontournable du militantisme féministe. Dans Norma Rae, elle incarne Crystal Lee Sutton qui a oeuvré dans les années 1970 pour améliorer le quotidien des employés d'une usine textile. 
Les réalisateurs ont aussi braqué leur caméra sur de fameuses personnalités venues du monde de l'art. Récemment, Tim Burton a ainsi redonné sa juste place à la peintre Margaret Keane dans Big Eyes. Créatrice de ces célèbres toiles représentant des personnages aux grands yeux, son travail a pourtant été volé par son époux, Walter, qui s'est attribué la paternité de l'oeuvre. Déterminée à ne pas se laisser spolier, l'artiste, superbement incarnée par Amy Adams, a intenté un procès à son ancien conjoint pour faire condamner la supercherie. Salma Hayek a elle aussi brossé le portrait d'une peintre, Frida Kahlo, dans Frida. Avec passion, la comédienne a donné vie à l'engagement de l'artiste et au tumulte de ses histoires de coeur. On peut également citer Marilyn Monroe, à laquelle Michelle Williams a prêté ses traits dans My Week With Marilyn, ou Coco Chanel, incarnée par Audrey Tautou en 2009 dans Coco avant Chanel

Des personnages forts et des actrices récompensées 

La politique compte également son lot de femmes fortes et en la matière, la Grande-Bretagne arrive en tête. L'Angleterre compte de nombreuses femmes de pouvoir et pas des moindres, entre la reine Elizabeth, la princesse Diana ou Margaret Thatcher. Le cinéma leur a rendu hommage dans trois biopics, portés à chaque fois par de grandes comédiennes : Helen Mirren, dans The Queen, Naomi Watts, dans Diana et Meryl Streep dans La Dame de Fer.  
Au-delà de l'empreinte laissée par ces rôles sur les actrices, ces prestations leur ont souvent valu de prestigieuses récompenses. Marion Cotillard a ainsi raflé les quatres principaux trophées (César, Oscar, BAFTA et Golden Globe de la Meilleure actrice) pour son interprétation d'Edith Piaf et la composition de Sylvie Testud en Sagan a été saluée par un Globe de Cristal. Julia Roberts a elle aussi raflé trois prix pour son interprétation d'Erin Brokovich (BAFTA, Golden Globe et Oscar de la Meilleure actrice). Helen Mirren et Meryl Streep ont réussi le même exploit avec leur composition de la reine d'Angleterre et de Margaret Thatcher. Quant à Sally Field, elle ajoute à son Oscar et à son Golden Globe un prix d'interprétation à Cannes pour Norma Rae
Jennifer Lawrence, nommée aux prochains Golden Globes pour Joy, remportera-t-elle la précieuse statuette ? Notez que Charlize Theron et Salma Hayek se sont contentées de "simples" nominations pour L'Affaire Josey Aimes et Frida. Encore quelques semaines de patience avant de découvrir si la pétillante jeune femme commencera 2016 dans la "joie". 

Regardez la bande-annonce de "Joy" : 

 

 

L'affiche du film, au cinéma le 30 décembre 

 

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