Le Prophète : un projet soutenu de bout en bout par Salma Hayek

Salma Hayek ne se contente pas de prêter sa voix à l'un des personnages du "Prophète", au cinéma le 2 décembre. La comédienne est impliquée dans le projet depuis le tout début. Elle est également la productrice du film et a eu une grande influence dans le processus créatif du long-métrage, étroitement lié à son histoire personnelle.

© Pathé Distribution

Cette année est définitivement chargée pour Salma Hayek. En plus de la promotion des films Teach Me Love, Everly et Tale of Tales, la comédienne s'est faite l'ambassadrice du film d'animation Le Prophète, au cinéma le 2 décembre. Impliquée dans le projet depuis le tout début, elle en est aussi la productrice et la voix du personnage de Kamila, en version originale comme en version française. L'actrice s'est rendue pour la première fois au Liban à la fin du mois d'avril pour promouvoir l'œuvre. Très investie, elle espérait alors qu'il saurait toucher des générations de spectateurs. "Je pense que c'est une expérience à la fois divertissante et inspirante pour les familles. Nous, parents, avons besoin de contenus pour éveiller nos enfants, leur faire découvrir de nouveaux horizons où ils utilisent leurs esprits", a-t-elle déclaré lors de son passage à Beyrouth.           
Comme Khalil Gibran, l'auteur du livre à l'origine du film, Salma Hayek a des origines libanaises, de par son papa. C'est d'ailleurs grâce à son grand-père paternel, disparu quand elle n'avait que six ans,  qu'elle a découvert cette histoire, comme le rapporte Entertainment WeeklyLe Prophète était son livre de chevet et elle avoue avoir été "hantée", enfant, par la couverture sur laquelle figurait un homme dessiné par Gibran, qu'elle a ensuite associé à son grand-père. Salma Hayek a redécouvert cette œuvre des années plus tard, à l'université. Une expérience importante pour elle, car elle confie avoir eu le sentiment que son papi lui enseignait ce qu'était la vie. 

Une production semée d'embûches 

L'influence de la comédienne sur le film est considérable puisque c'est à elle que l'on doit sa forme finale. L'œuvre de Khalil Gibran, publiée en 1923, est un recueil de plusieurs paraboles. L'équipe créative n'avait donc pas réellement d'histoire sur laquelle s'appuyer. C'est l'actrice qui a proposé de l'adapter en privilégiant une unique trame narrative pour faire le lien entre les différents récits. Il s'agissait de rendre le film plus accessible pour le public. 
C'est aussi elle qui a contacté Mika pour doubler le personnage de Mustafa en version française, la VO étant assurée par Liam Neeson. D'origine libanaise, le chanteur connaissait très bien Le Prophète et s'il a d'abord été étonné par la proposition de Salma Hayek, il a fini par accepter, attiré par le rôle.
En dépit de la popularité de la comédienne et de ses précédentes expériences en tant que productrice (le film Frida, en 2002 et la série télé Ugly Betty, entre 2006 et 2010), la genèse du Prophète, en dehors du traditionnel système des studios hollywoodiens qui ont tous refusé le projet, n'a pas été facile. Loin de se laisser abattre, Salma Hayek a récolté 12 millions de dollars de budget avec le soutien du Liban et de son mari, l'homme d'affaires François-Henri Pinault. L'actrice avoue même avoir failli abandonner, lassée par la pression des financiers et après qu'une partie de l'équipe du film, virée depuis, a menti pour couvrir ses dépassements de budget. Quatre ans ont été nécessaires à la mise en boîte du Prophète, ce que l'actrice déplore : "C'est très étrange qu'une industrie censée reposer sur l'imagination soit si résistante à l'originalité. Tout ce qui sort des schémas typiques devient de plus en plus difficile à faire." Ne vous privez donc pas de ce voyage poétique et philosophique, tant que ce genre de projet trouve encore le chemin des salles obscures.      

Regardez la bande-annonce du Prophète :

L'affiche du "Prophète", au cinéma le 2 décembre  © Pathé Distribution


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