Pascale Pouzadoux: sa Dernière Leçon adoucit l'âme

La réalisatrice Pascale Pouzadoux -à qui l’on doit les comédies "De l’autre côté du lit" et "La Croisière"- revient avec un drame intimiste: "La Dernière Leçon", inspiré du livre autobiographique de Noëlle Châtelet qui a accompagné sa mère, Mireille Jospin, dans la décision de choisir sa mort à l’âge de 92 ans. Rencontre avec une cinéaste qui relève le défi d'une ode à la vie, bienveillante et réussie.

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Pascale Pouzadoux ©  JEAN MICHEL NOSSANT/SIPA

Loin d’imposer un jugement sur la manière d’aborder la difficile question du suicide assisté, la réalisatrice Pascale Pouzadoux aborde le sujet avec subtilité et intelligence dans La Dernière Leçon en salles le 4 novembre. Interview

Le Journal des Femmes : Qu'avez-vous souhaité montrer dans La Dernière Leçon ?
Pascale Pouzadoux : Je fais ce métier pour procurer de l’émotion. J'ai voulu raconter l’histoire d’une femme forte qui va vers l’inconnu en essayant de faire progresser les mentalités et la prise en charge de la souffrance chez les personnes âgées. Ce n’est pas un film militant qui impose un point de vue, mais un film juste qui porte un message, celui de pouvoir choisir de partir de ce monde dignement.   

Le rapport mère-fille s’inverse au fil de l'histoire
C’est Diane (interprétée par Sandrine Bonnaire, ndlr), la fille de Madeleine, qui finit par prendre soin  de sa mère. Il fallait que cette vérité de l’accompagnement du corps en fin de vie soit montrée de manière agréable étant donné le propos pesant du film. Je montre Marthe Villalonga de très près, mais de dos, pour suggérer le vieillissement de la peau et la fatigue sans jamais tomber dans le voyeurisme.

La culture africaine et son approche particulière de la mort sont très présentes dans le film...
Tout vient de Mireille Jospin, c'était une personne passionnée par cette culture. En tant que sage-femme elle est partie avec des associations humanitaires pour accoucher des femmes africaines et a donc eu accès à leur manière conceptuelle d'appréhender la mort, le respect des aînées. Il me semblait important de faire intervenir cette philosophie de vie africaine dans La Dernière Leçon. On a donc fait ce lien avec l’aide-ménagère de Madeleine.

Pourquoi faut-il aller voir votre film ?
C’est un film qui prépare au vieillissement et adoucit l’âme. C’est par les femmes que se transmet l’essentiel dans une existence. Elles enfantent et sont douées pour accompagner les personnes en fin de vie. La Dernière Leçon traite d’un sujet qui nous concerne tous de près ou de loin et mon but est que les femmes aient moins peur. 

© Wild Bunch Distribution

 

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