La Belle Saison, trop sexy pour le FN

Sorti il y a un mois sur les écrans, le très réussi "La Belle Saison" fait polémique dans une commune du Vaucluse, où le maire FN n'apprécie pas les affiches avec Cécile de France et Izïa Higelin. La réalisatrice Catherine Corsini a rétorqué au maire dans une lettre ouverte.

La Belle Saison, trop sexy pour le FN
© @Pyramide films

La Belle saison, le film engagé et solaire de Catherine Corsini, fait des mécontents. Le maire FN de Camaret-sur-Aigues dans le Vaucluse, a pris la décision de faire retirer les affiches du long métrage de sa ville. Outrée par ce qu’elle qualifie de "procès d’intention", la réalisatrice a exprimé son mécontentement dans une lettre ouverte à l’élu. 
"A vous en croire, Monsieur Philippe de Beauregard, on devrait rhabiller les statues de nues, mettre un voile sur les peintures de Courbet, Manet, Renoir et de tous les peintres qui ont su croquer la nudité avec réalisme", débute celle qui est aussi co-présidente de la société des réalisateurs de films.  La cinéaste dénonce un "acte autoritaire, intolérable".  Si le long métrage a été jugé comme adapté à tout public, l’homme politique ne l’entend pas de cette oreille : "J'ai vu le film, (qui) est émaillé de scènes érotiques en gros plan, je n'ai pas voulu en faire la promotion avec les moyens municipaux. J'ai utilisé ma liberté d'expression pour avertir les parents qu'à mon sens ce n'est pas un film pour les enfants."

"Votre censure répand les passions tristes et la haine du corps"

Un argument qui n’a pas convaincu Catherine Corsini. "Votre censure s’inscrit dans une lignée qu’on connaît bien, (...) celle qui, sous couvert de protéger les valeurs familiales, répand les passions tristes et la haine du corps", assène la réalisatrice dans sa lettre, en faisant référence à la polémique née il y a quelques mois autour de l’affiche de L’inconnu du lac, d’Alain Guireaudie. On y voyait deux hommes  en train de s’embrasser. Il n’en fallait pas plus pour qu’elle soit retirée des communes de Versailles (Yvelines) et de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). Mais le maire de Camaret-sur-Aigues persiste et signe : "L'histoire aurait concerné un couple d'hétérosexuels, j'aurais eu la même réaction." Rien n'est moins sûr.

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