Mathilde Bisson, incendiaire malgré elle

Mathilde Bisson, vamp sexy, sublime et envoûtante, vénéneuse et vulgaire à la fois est la révélation de "Au Plus Près du Soleil". Beauté insolente, voluptueuse, charnelle, elle est lumineuse et solaire comme Emmanuelle Béart, aussi animale et instinctive que Béatrice Dalle… Rencontre

Mathilde Bisson, incendiaire malgré elle
© Bac Films

Qu’est-ce qui vous amène à Angoulême ?
Je suis ici pour défendre Au plus près du soleil qui a été projeté hier en avant-première, c’est un film d’Yves Angelo dans lequel je joue Juliette.

Qui est Juliette ?
C’est difficile de la décrire parce qu’elle est assez fantomatique et insaisissable, mais je dirai que c’est une jeune femme de moins de trente ans qui a grandi dans le Sud à Toulon. Elle a eu un enfant à treize ans et a accouché sous X. On comprend qu’elle a été prostituée, c’est une femme très solitaire on ne la voit jamais entourée de proches. Je pense qu’elle est maudite, qu’elle attire le malheur malgré elle.

C’est un personnage qui utilise toute sa féminité, tous ses attributs pour exister ? Comment avez-vous choisi d’interpréter cet aspect sexy et sulfureux ?
Dès la lecture du scénario j’ai eu un coup de cœur pour Juliette, il fallait que je défende ce personnage. C’était moi, je voulais être son avocate en quelque sorte. Ensuite je n’ai pas joué de manière séductrice mais plutôt animale, une panthère dans le sens physique, mais Yves Angelo ne voulait pas que je minaude dans les scènes de séduction. Il m’a demandé de ne pas essayer de le séduire, que ce soit plus complexe que cela, une extrême sensualité qui est telle qu’elle peut faire peur. D’ailleurs, le personnage d’Olivier n’est pas attiré par elle.

Juliette est avant tout un corps. Est-ce que vous aussi vous jouez de votre féminité, quel est votre rapport à l’image et à la caméra ?
Je crois que je dégage une chose dont je n’ai pas conscience. On me parle souvent de sensualité et d’animalité. Yves m’a dit de faire très attention à cela. Il m’a dit que dès que je souriais, il se passe quelque chose de très animal, très sensuel. En regardant le film j’ai réalisé que je dégage quelque chose dont je n’ai pas conscience. Et puis c’est la première fois où j’ai un premier rôle, où les plans sont très serrés, comme si je me voyais à la loupe.

Etes-vous fière de votre performance sur ce film ?
Enormément ! Je suis très contente. Quand j’ai vu le film, je ne pouvais pas rêver mieux, être filmée comme cela par Yves Angelo, c’est une vraie rencontre. Il filme avec beaucoup d’amour et de bienveillance, on sent qu’il aime les acteurs. C’était un tournage éprouvant et j’ai tout donné, j’ai défendu ce personnage de toute mon âme.

C’est la première fois que vous avez un premier grand rôle. Parler nous de votre parcours. Venez-vous d’une famille artistique ?
Oui, une famille artistique du côté de mon père. Mon oncle, Jean-Pierre Bisson, était acteur, tout comme mon père Marco Bisson et mes cousins aussi sont acteurs. Sinon ma mère travaille dans un théâtre. Je viens de Toulouse, j’y ai vécu 18 ans et petite c’était le théâtre qui me gardait, j’ai grandi et évolué dans ce milieu. A l’époque je voyais le cinéma comme quelque chose de superficiel. J’étais bête, et pas du tout cinéphile. Puis j’ai rencontré Vincent Cordonat à la Fémis qui m’a filmée pour la première fois, c’était presque magnétique.

Vous êtes presque sans âge dans ce film, vous disiez interpréter une panthère, Juliette a aussi un côté louve.
Juliette est comme une enfant dans un corps de femme. Je fais 1 mètre 80 et cela peut être encombrant. Yves Angelo dit qu’on porte son physique. Grégory Gadebois (qui joue Olivier, ndlr) dégage aussi ce qu’il est par rapport à son physique et Sylvie Testud (qui joue Sophie, ndlr) aussi.

Interview aléatoire :
Le Journal des Femmes a demandé à Mathilde Bisson de choisir au hasard des numéros entre 1 et 110 et de répondre aux questions correspondantes.

Mathilde Bisson au Festival du Film Francophone d'Angoulême  © JEAN MICHEL NOSSANT/SIPA

Quel est votre petit plaisir coupable ?
Boire du vin.

Quel est votre pire défaut ?
L’impatience.

Quel est le premier film que vous avez-vu au cinéma ?
Je n’en suis pas sûre, mon père a joué dans un film George Dandin de Roger Planchon (1987), alors ce n’est certainement pas le premier mais c’est un souvenir.

Quel personnage rêveriez-vous d’incarner ?
Une héroïne des films de Quentin Tarantino, c’est mon fantasme.

Vous envisagez une carrière aux Etats-Unis ?
J’aimerai bien oui, je trouve qu’aux Etats-Unis il y a plus de choix au niveau des rôles. En France il y a quelque chose d’un peu trop Nouvelle Vague.  

Quel compliment vous fait-on souvent ?
Que je suis une bonne actrice, on me le dit souvent.

Qu’est ce qui est rédhibitoire j’ai un homme ?
La radinerie

Quel est votre plus grand luxe ?
J’adore être chez moi, en pyjama et danser sur Nostalgie. C’est un luxe modeste.

Sans quoi ne pourriez-vous pas vivre ?
Sans jouer. 

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