Tale of tales, cruellement beau

Matteo Garrone nous embarque dans un conte cruel et féérique. Dans "Tale of tales", en salles le 1er juillet, rois et reines, princes et princesses font tout pour accomplir leur destinée. Ou y échapper.

Tale of tales, cruellement beau
© Le Pacte

Pari réussi pour Matteo Garrone. En adaptant pour le grand écran le recueil d’histoires du poète italien Giambattista Basile, Le Conte des contes, écrit au XVIIe siècle, le réalisateur livre un film incroyablement dense, servi par un univers d’une grande richesse. On y croise pêle-mêle une reine prête à recourir à d’anciens sorts pour satisfaire son désir d’enfant, une princesse offerte à un ogre et deux vieilles sœurs bien décidées à séduire un roi libertin. Toutes les figures emblématiques du conte de fées sont réunies dans Tale of Tales, avec ce double discours, teinté de modernité, propre au genre. Matteo Garrone orchestre un numéro d’équilibriste virtuose, alternant entre horreur et grotesque, entre féérie et pragmatisme. L’alliance est évidente et le résultat est des plus singuliers, comme si le film était le rejeton malade de Walt Disney et des frères Grimm. La cruauté prend le pas sur la magie et les héros n’auront pas tous droit à leur fin heureuse. Pour incarner ces rois et reines, le réalisateur a rassemblé un casting tout aussi royal réunissant Salma Hayek, John C. Reilly, Vincent Cassel (génialement fantasque) et Stacy Martin (la révélation de Nymphomaniac). L’incroyable identité visuelle du film, sublimée par une débauche de costumes et de couleurs, contribue à forger des images qui resteront longtemps en tête. On en ressort comme hanté par le souvenir de quelque créature légendaire.

Tale of tales, de Matteo Garrone avec Salma Hayek, Vincent Cassel, Stacy Martin, John C. Reilly. Au cinéma le 1er juillet.