Olivier Jahan : "Emma de Caunes n'est pas assez employée"

Olivier Jahan est l'homme à qui l'on doit le très joli "Les Châteaux de Sable". Avec ce deuxième long-métrage, en salles depuis le 1er avril, le réalisateur prouve qu'il manie les sentiments à merveille. Et en plus, il est sympa. Rencontre.

© fred stucin

Le Journal des Femmes : Votre premier long-métrage date d'il y a 15 ans. Quand a germé l'idée des Châteaux de Sable ?
Olivier Jahan : La maison dans laquelle nous avons tourné est celle dans laquelle mon père est mort. Je suis passé par les étapes type "on va la vendre" que l'on voit à l'écran. Diastème, mon co-scénariste, m'a demandé pourquoi je ne me servais pas de cela. Nous avons monté notre film autour de cette histoire de vente, d'un week-end et d'un couple qui n'en est plus un. Puis nous avons injecté des thèmes, enrichi le tableau initial pour que la proposition soit plus surpenante qu'une simple vente de maison.

Vous ne craignez pas que le thème du deuil effraie les gens ?
Ca fait toujours peur, mais je tenais beaucoup à ne pas tomber dans le pathos. Il ne fallait pas écrire une histoire monocorde en terme d'émotion, ni un film uniquement autour du deuil. Les Châteaux de Sable, c'est surtout l'histoire de quelqu'un qui fait la paix, qui avance vers l'âge adulte, sur un temps très court. Une manière efficace de montrer comment les choses peuvent évoluer rapidement.

Olivier Jahan © fred stucin

Il est question de deuil, de famille, d'amour, de construction de soi... Quel message avez-vous voulu faire passer ?
C'est avant-tout un film sur le fait de grandir, sur l'acceptation, sur la force des sentiments, de la vie. Il est assez optimiste, joyeux même par rapport à la thématique de départ, sans être un happy end colorié (sourire).

Vous aviez déjà tourné avec Emma de Caunes. Lui donner le premier rôle, c'était logique ?
Oui. C'est un film qui s'est imaginé, tourné et produit de manière assez familiale. J'avais envie d'avoir mes proches avec moi. Je connais Emma par cœur, je sais comment on travaille ensemble, ce qu'elle peut apporter à un film. C'est une comédienne qui n'est pas assez employée. Elle a une facette de jeu surprenante, elle est très instictive, elle s'empare du matériau de base avec grâce. A l'écriture, on savait à peu près pour qui seraient les rôles. A part pour les garçons (rires) !

Justement, comment avez-vous choisi Yannick Renier ?
Ca a été une évidence. Yannick a lu le scénario en 24h et m'en a fait un retour dément. Quand il s'est approché du bistrot dans lequel je l'attendais pour notre première rencontre, je me suis dit : "C'est lui, ça colle, il est son personnage." C'est un comédien formidable, d'une finesse incroyable. Lui non plus n'est pas assez employé ! C'est aussi pour cela que l'on fait des films : faire découvrir aux gens de nouvelles têtes, ça fait du bien.

Comment vous est venue l'idée d'Alain Chamfort pour le rôle du père ?
Je voulais un père qui ne soit pas cliché et Alain a cette espèce de fragilité, mêlée à un visage qui raconte une histoire. Quand on s'est rencontrés, il m'a expliqué qu'il n'était pas comédien, qu'il avait des doutes, qu'il ne voulait pas mettre en péril le projet. Arrivé sur le tournage, il était parfait, il y a eu une vraie complicité avec Emma. Tout le monde s'est bien entendu : c'est ça le miracle de ce film !

Les Châteaux de Sable, au cinéma depuis le 1er avril, avec Emma de Caunes, Alain Chamfort, Yannick Renier, Jeanne Rosa.

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