Hungry Hearts : Alba Rohrwacher, actrice avide de réalisme

Rôle principal de "Hungry Hearts", au cinéma le 25 février, Alba Rohrwacher incarne une mère prête à tout pour protéger son enfant qu’elle considère "spécial". Après avoir remporté la Coupe Volpi pour la Meilleure interprétation féminine à la Mostra de Venise, l’actrice italienne se prépare à son succès international. Rencontre.

© Bac Films

Alba Rohrwacher semble être une femme forte. Malgré sa silhouette svelte, l'actrice dégage une puissance incroyable à travers son regard, le même qui fait vivre la douleur de Mina dans Hungry Hearts, en salles le 25 février. Lors de notre rencontre, l'Italienne, timide, ne cache pas sa fierté pour ce film réalisé par son compagnon, Saverio Costanzo, qu'elle regarde, lui, avec des yeux pleins d'amour.

Alba Rohrwacher dans Hungry Hearts. © Bac Films

Le Journal des Femmes : Pourquoi vous dans ce film ?
Alba Rohrwacher : Saverio m'a montré le scénario pour me demander mon avis. Puis, tout est arrivé naturellement. En lisant le script, j'ai plongé dans l'histoire et j'ai accepté tout de suite.

Une Italienne qui se retrouve toute seule à New York. Comment pourriez-vous vivre une situation pareille ?
C'est une expérience difficile à affronter et cela pourrait mettre n'importe qui dans un équilibre précaire. Mais mon histoire est très différente de celle de Mina, donc je ne peux pas faire de comparaison.

Comment un amour aussi fort peut-il naître si vite ?
Cet amour est solide, profond et totalisant parce que les deux amoureux se reconnaissent tout de suite l'un dans l'autre. L'arrivée d'un bébé non attendu ébranle l'équilibre du couple, mais l'amour est présent jusqu'à la fin. Le film raconte une crise, une perte de confiance, mais toujours avec un grand sentiment à la base. On pourrait le comparer à une tragédie grecque, parce qu'on parle de l'amour vrai, de thématiques fondamentales.

L'affiche du film © Bac Films

Pourriez-vous aussi être protectrice à l’extrême avec un fils ?
Je ne sais pas. Je n'ai pas jugé Mina parce qu'on ne peut pas jouer un rôle si on juge le personnage, mais c'est un film qui a la capacité de te faire prendre le parti de tous les personnages. Chacun peut se reconnaître dans l'un ou l'autre.

Comment gère-t-on le fait de jouer des scènes d'amour face à la caméra de son compagnon ?
Ce n'est pas facile, mais on partage un parcours artistique et l'on sait que dans cette scène nous étions trois : moi, Adam (Driver, ndlr) et Saverio. Le professionnalisme prime, mais il est normal que la situation ne soit pas agréable. Dans le développement du film, cette scène était cependant nécessaire afin de raconter l'histoire d'amour entre ces deux personnages.

Votre style de vie a-t-il changé depuis que vous êtes devenue une célébrité internationale?
Non, je suis toujours la même personne. Je reste attachée aux choses que j'aimais déjà avant. Je continue de chercher des films pour lesquels je me dis que ça vaut la peine de se mettre en jeu. Et je suis contente que Hungry Hearts sorte à Paris parce que je considère la France comme la patrie du cinéma.

Quand avez-vous décidé de devenir actrice ?
A 17-18 ans, je me suis inscrite dans une école de théâtre. Quand j'ai été admise au Centre Expérimental de Cinématographie de Rome, j'ai vraiment commencé à dédier ma vie à l'étude de ce métier. Après trois ans, j'ai transformé ce qui était une passion en un travail.

Votre famille a-t-elle influencé vos choix ?
Non, mes parents font un tout autre type de travail. La seule chose qu'ils m'ont donné, c'était la liberté et le fait de croire que je serais capable de transformer ce qui me passionnait en un métier. Ils n'ont pas limité mes rêves. Cela a été la meilleure aide qu'ils aient pu m'apporter. Le seul fait qu'ils me soutiennent, c'est déjà beaucoup.

Regardez un extrait d'Hungry Hearts, au cinéma le 25 février :