50 nuances de Grey: quelle déception !

Il y a un an, je dévorais comme des millions de passionnés, la trilogie «50 shades of Grey». Lorsqu’on a annoncé la sortie ce mercredi 11 février 2015 du film «50 nuances de Grey», je me devais d’aller le voir. Je n’aurais pas dû…

© Universal International Pictures

9h30 du matin, avenue des Champs-Elysées. Une foule de journalistes se forme doucement devant le cinéma UGC-Normandie. Tous ont été triés sur le volet pour assister à l’avant-première du phénomène cinématographique de l’année : 50 nuances de Grey. Seules quelques scènes ont été dévoilées et le suspense est à son comble… Autant dire que nous trépignons d’impatience ! 9h45, les portes s’ouvrent, les journalistes se pressent dans la salle, éteignant leurs mobiles au passage, embargo oblige. Autour de moi, les journalistes ont hâte de découvrir ce film avec Dakota Johnson et Jamie Dornan dans les rôles d’Anastasia Steele et Christian Grey. Les lumières s’éteignent, le film commence.

Deux heures après, je suis déçue. Pourtant, le film avait plutôt bien commencé. Les premières scènes plongent le spectateur dans l’univers des deux personnages, les scènes sont bien tournées, les plans agréables, les répliques fidèles à l’ouvrage. Dakota Johnson brille par sa fraîcheur et sa fragilité, tandis que Jamie Dornan incarne à la perfection un Christian Grey à la fois dominant et tourmenté. Pourtant, certains détails et passages du livre ont été totalement effacés dans la version cinématographique. Dans le livre, Christian Grey refuse notamment d’être touché sur le torse et le dos marqués tous deux par diverses cicatrices, et le fait savoir à  Anastasia Steele à plusieurs reprises. On comprend vite qu’un événement marquant a dû se produire dans son enfance et que c’est ce qui est à l’origine de son penchant pour le sadisme. Dans le film, Christian ne repousse qu’à une seule reprise Anastasia, avant de lui confier plus tard, avoir été marqué par une enfance difficile. Dommage. La passion et l’attraction entre les deux personnages présente dans le livre n’est à mon sens, pas assez développée dans l’adaptation. Finalement, les scènes « trashes » que le public attendait tellement ne le sont pas tant que ça. Seules quelques images furtives de seins et de fesses sont visibles à l’écran, pas de pénis ni de vagins donc. Tournées d’une manière très artistique, les scènes de sexe ne mettent pas mal à l’aise, à l’exception bien sûr, des plans où le tourmenté Christian Grey corrige sa soumise en la fessant, la fouettant et la bâillonnant (accrochez-vous !). En bref, alors qu’en lisant le livre, on n’a qu’une seule envie, sauter sur la première personne que l’on croise, et essayer sextoys et jeux coquins, le film gêne et nous laisse sur notre faim.

© Universal International Pictures