Bastien Bouillon, acteur à suivre du "Beau Monde"

Dans "Le Beau Monde", disponible en DVD, Bastien Bouillon incarne Antoine, un jeune Parisien bourgeois qui tente d'échapper à sa cage dorée par l'amour. Rencontre.

Bastien Bouillon Le Beau Monde

Bastien Bouillon, 28 ans, est encore peu connu du grand public. Dans Le Beau Mondeen DVD depuis le 6 janiver, il prend son air mi-agaçant mi-empathique pour incarner Antoine, un bourgeois en quête de simplicité et de "vrai" qui s'éprend d'Alice (Ana Girardot), belle provinciale. Entretien avec un jeune homme qui a le jeu au corps.

Le Journal des Femmes : Qu'est-ce qui vous a plu dans le film de Julie Lopes Curval ?
Bastien Bouillon : J'ai aimé cette histoire d'amour qui ne tombe pas dans les clichés, qui n'est pas seulement destructrice et fusionnelle. Elle rappelle qu'il faut parfois être égoïste pour se construire, penser à soi sans que ça plaise à personne. J'ai trouvé le scénario sensible, joli, doux.

Que partagez-vous avec Antoine ?
Bastien Bouillon : On est similaires sur l'engagement amoureux... Je suis à l'Ile de Ré en ce moment, j'ai des amourettes. Son histoire avec Alice commence comme ça : par un regard sur un lieu de vacances. Ce n'est forcément pas pareil une fois que cet amour est transposé à Paris. J'ai déjà vu, vécu et même ressenti ça.

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Ana Girardot et Bastien Bouillon dans "Le Beau Monde" © Pyramide Distribution

Y a-t-il des aspects de sa personnalité que vous n'arrivez pas à comprendre ?
Bastien Bouillon
: C'est difficile à dire comme j'ai regardé le film. Il y avait sûrement des choses qui m'échappaient, mais maintenant que j'ai vu le résultat, je comprends leur histoire. Quand je joue, j'essaie de le faire sans réfléchir, histoire de ne pas trop intellectualiser et de garder une vision globale.

Antoine a beaucoup d'assurance quand il approche Alice. Etes-vous comme lui ?
Bastien Bouillon : Ca dépend... Entre 20 et 25 ans, je me sentais fou, j'étais hyper confiant avec les filles ou dans mes rôles. Je ne sais pas s'il faut mettre cette hardiesse sur le compte de la jeunesse, mais j'ai beaucoup moins d'assurance maintenant.

Votre personnage cherche en Alice tout ce qu'il ne trouve pas dans son cercle proche. Etes-vous aussi attiré par les contraires ?
Bastien Bouillon
: Je suis plutôt comme Alice, c'est-à-dire très attiré par les bourgeois, les gens beaux et riches. Entre 12 et 17 ans, je portais des survêtements, je voulais être Noir et habiter dans une cité, alors que je viens de la classe moyenne. Et puis tout a changé : à la sortie de l'adolescence, je me suis mis à être fasciné par ces gens importants qui se serrent la main dans la rue, sans arriver à jouer un rôle et à entrer dans ce milieu.

Justement, d'où venez-vous ?
Bastien Bouillon
: J'ai grandi en banlieue, dans une famille ni "prolo" ni bourge, un peu arty. Ma mère n'avait pas d'argent du tout et mon père avait un poste important dans un théâtre. Je dirais que je suis un petit bourge : j'ai eu de la culture, de l'éducation, j'ai toujours mangé à ma faim et je suis parti en vacances tous les étés.

Accordez-vous de l'importance aux apparences ?
Bastien Bouillon
: Oui, même si ce n'est pas forcément une qualité. Il m'arrive de juger quelqu'un parce qu'il est comme-ci ou comme-ça... et je me fais rabattre mon caquet. Je mène un combat envers moi-même, sans que ce soit une guerre non plus, quand je me vois être un connard. Mon apparence me tracasse aussi. Je me regarde dans le miroir, surtout pour critiquer ce que je n'aime pas chez moi.

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Bastien Bouillon dans "Le Beau Monde" © Pyramide Distribution