Rencontre avec Ambre Grouwels, star de "Baby Balloon"

Ambre Grouwels est à l'affiche du film "Baby Balloon" de Stefan Liberski, au cinéma le 30 juillet. Le Journal des Femmes a interviewé cette jeune femme, rigolote et pétillante.

Baby Balloon : rencontre avec Ambre Grouwels

Dans Baby Balloon, Ambre Grouwels joue le rôle de Bici, une artiste ronde et talentueuse, amoureuse de son ami d'enfance depuis toujours. Véritable caméléon qui excelle aussi bien en musique qu'en acting, elle nous répond avec franchise et humour sur sa jeune carrière.

Le Journal des Femmes : Venez-vous d'un milieu artistique ?
Ambre Grouwels : Pas vraiment, mais nous sommes très portés sur la culture dans ma famille. Mes parents m'ont inscrite dès mon plus jeune âge à l'Académie de musique et de théâtre. J'ai ainsi commencé le solfège et le théâtre à 6 ans, puis le chant lyrique à 8 ans.

Comment Stefan Liberski (le réalisateur) vous a-t-il approchée ?
A.G. : C'est en fait mon ancienne professeure de théâtre qui a vu l'annonce et a donné mon numéro à la production. J'ai ensuite passé un casting, que j'ai réussi. Et me voilà !

Vous n'êtes pas comédienne de formation. Aimeriez-vous continuer dans cette voie ?
A.G. : C'est vrai qu'à la base, je suis surtout comédienne de théâtre, mais oui, j'aimerais continuer dans le cinéma. Sans oublier la comédie musicale pour autant, ma véritable passion !

Etes-vous parvenue à vous identifier au personnage de Bici ?
A.G. : Oui, complètement ! D'abord parce qu'elle est ronde et qu'elle a des soucis avec cela, tout comme j'ai pu en avoir lorsque j'étais plus jeune. A une époque, je ne pouvais même pas me regarder dans un miroir ! Nous avons également  toutes les deux un rapport à la musique très fusionnel. Au final, elle parvient à s'en sortir grâce à la musique. Cela a été pareil pour moi : c'est la musique qui m'a remise sur pieds lorsque je suis passée à travers des périodes difficiles.

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Ambre Grouwels © Pyramide Distribution

Vous avez un look très marqué dans le film. Etes-vous aussi excentrique que Bici dans la vie quotidienne ?
A.G. : J'ai un look affirmé, mais pas autant que Bici. J'adore les accessoires, les chapeaux, les colliers, les chaussures... Bici, elle, est vraiment dans le tape-à-l'œil. D'une certaine manière elle se déguise pour que l'on remarque davantage ce qu'elle met que ses formes. C'est une façon de crier au monde qu'elle existe, mais ce n'est peut-être pas la bonne. A la fin du film, elle apparaît en noir, toute simple : elle s'est enfin trouvée. 

Votre adolescence a-t-elle été aussi compliquée que celle de Bici ?
A.G. : Non, j'ai une famille très soudée et ma relation avec ma mère est complètement différente. Je n'habite pas non plus dans son "patelin" et j'ai un mode de vie très cosmopolite. Cette période a pu être compliquée car j'ai moi aussi été mal dans ma peau à cause de mon poids. Ça m'a souvent ralentie, au théâtre par exemple, quand je n'arrivais pas à me mettre en avant. Avec le recul, j'ai appris à m'aimer et aujourd'hui, l'adolescence est derrière moi !

Avez-vous aussi vécu un amour à sens unique ?
A.G. : Oui, car beaucoup de gens s'arrêtent au physique. Il faut aussi dire que j'ai un caractère très "bisounours", ce qui fait que je deviens vite la "bonne copine". Le "Je préfère qu'on reste amis, je ne veux pas gâcher notre amitié", je l'ai connu toute ma vie ! Moi je répondais "Je m'en fous, gâche !" (rires). Après, même si je n'ai pas vécu une grande histoire d'amour à la Roméo et Juliette, je préfère vivre mon amour pour l'art. Et puis quand on sait comment ils ont fini... 

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Ambre Grouwels © Pyramide Distribution

Que pensez-vous de cette dictature de la minceur ?
A.G. : Tout cela me rend très triste et me fait même peur. Heureusement, les choses commencent un peu à évoluer, notamment dans le monde de la mode, avec la collection Beth Ditto par exemple.  De plus en plus de magazines publient également des "spécial rondes". Ce qui est dommage, c'est que cela reste "spécial", mais c'est déjà ça. Nous avons encore un long chemin à parcourir, mais nous sommes sur la bonne voie.

La comparaison avec Beth Ditto, on vous la fait souvent ?
A.G. : Oui, très souvent et j'adore ! Je suis une immense fan, regardez ! (elle ouvre sa veste et montre son tee-shirt à l'effigie de la chanteuse de Gossip). Je l'admire énormément : pour son combat politique, car c'est une lesbienne affirmée, mais aussi pour son style. Elle est ronde, mais je la trouve superbe. Alors je prends la comparaison avec grand plaisir.

Quel rapport entretenez-vous avez votre corps ?
A.G. : J'ai appris à m'accepter telle que je suis. J'ai essayé de changer, mais j'aime trop les bonnes choses de la vie pour prétendre faire un régime. J'ai réalisé que si j'arrive à me sentir bien sur scène, je peux également me sentir bien dans la vraie vie et sans le jouer. Jouer dans la comédie musicale Hairspray m'a beaucoup apaisée sur ce plan... Je me suis rendue compte que même si je ne suis pas Kate Moss, je peux faire un grand écart !

Diriez-vous que vous êtes féministe ?
A.G. : Oui, à 100 % ! Je soutiens à fond les Femen et les Pussy Riot par exemple. Je suis une véritable amoureuse des femmes. C'est extraordinaire de voir tout ce que nous avons réussi à faire pour parvenir jusqu'ici, même si nous sommes encore loin du but.

Quelles sont vos influences musicales ?
A.G. : J'en ai des millions ! Je suis passionnée de comédies musicales, mais je suis aussi une grande fan de Barbara Streisand, de Blondie, de Lady Gaga, de Miley Cyrus... Il faut dire que dans ma famille, chaque membre a un style de musique différent, alors je n'ai pas de limites.

Avez-vous gardé contact avec les membres des Bitches, le groupe du film ?
A.G. : Oui, j'ai d'ailleurs récemment revu le bassiste et on s'envoie régulièrement des mails. On parle d'une éventuelle collaboration...

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Baby Balloon © Pyramide Distribution