Voitures de sport : les femmes en ont sous le capot

Qui a dit que les voitures rapides et luxueuses étaient réservées à la gent masculine ? On passe la cinquième et on ose s'imaginer au volant d'une sportive classe et puissante, comme nous.

© Porsche

La voiture de sport, joujou réservé aux hommes ? Il suffit de jeter un œil au Mondial de l'automobile pour comprendre que la femme n'est pas la cible des constructeurs. Quand monsieur peut reluquer de belles carrosseries, s'imaginer faire vrombir un moteur à plusieurs centaines de chevaux, madame sert d'accessoire glamour aux modèles présentés. De là à considérer que la fille bien roulée n'a pas le droit de bien rouler, il n'y a qu'un pas... que Google finit de franchir.
Tapez "voiture de sport femme" dans le moteur de recherches et admirez le résultat : des photos de bimbos se prélassant sur un capot, des news type "une actrice porno teste 5 voitures de course" ou "elle dévoile ses seins à cause d'une accélération brusque" et même une vidéo au doux nom de "femmes belles et belles voitures". Comme si  l'alliance des mots-clés "voiture de sport" et "femme" ne pouvait pas aboutir à un duo qui tient la route.

Miroir de notre société, les images du Web ? Force est de constater qu'elles représentent les tendances d'un marché toujours sous l'emprise masculine. "Les hommes constituent 85% de ceux qui signent le contrat de vente... même si la voiture est destinée à madame", regrette Dominik Gruber, porte-parole de Porsche en France. Les femmes seraient-elles moins concernées par leur auto que leur époux ? Évidemment que non. Cette réticence à se tourner vers des marques sportives serait due à un "blocage psychologique" au moment de franchir la porte des concessionnaires, selon le représentant de la marque allemande. La faute aux signaux envoyés par les pubs destinées à une cible testostéronée.

Notre journaliste lors des essais d'hiver de Porsche © Porsche

 

Heureusement, certaines aventurières du bitume laissent les préjugés dans la boîte à gants. Il suffit de leur faire comprendre qu'elles ont le droit de se faire plaisir, de briser les clichés et de claquer la portière de la mignonne petite voiture de ville qu'on leur vend (à condition d'en avoir les moyens financiers évidemment). "Nous avons des clientes et même des habituées des circuits qui ont soif de vitesse, qui connaissent par cœur les moteurs", précise un instructeur de la marque fétiche de Docteur Mamour. Si les femmes ont tendance à être attirées par la beauté de l'objet, par son luxe, elles se soucient aussi des compétences de l'engin. 

Pour nous faire une idée, nous avons pu tester l'expérience "voiture de sport" à bord de la dernière Carrera 911 S. Confortablement installée au creux de son siège en cuir, mains bien accrochées au volant, nous avons poussé la pédale au plancher... Le pot d'échappement a grondé aussi fort que la pilote qui se cachait en nous, quand l'aiguille des vitesses a fait la course avec notre bouffée d'adrénaline. La sportive est restée souple, malléable et terriblement excitante à faire monter dans les tours. Quand l'expérience s'est arrêtée, grisée par la sensation, nous en avons redemandé. Puis nous avons pensé à Eva Longoria en Maserati Spyder dans Desperate Housewives ou à Rosario Dawson et ses copines en Ford Mustang dans Boulevard de la mort. Sûres d'elles, féminines et puissantes derrière le pare-brise de leur bolide. Inspirantes même. Prochain objectif : gagner assez bien notre vie pour les rejoindre sur la route.

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