J'ai testé la Porsche 911 Targa

La Porsche semi-découvrable fait son retour et reprend les codes de son ancêtre de 1965. La Porsche 911 Targa est une voiture intemporelle comme les grands sentiments, esthétiques et amoureux.

Porsche 911 Targa 2014

Ceci n'est pas une voiture, mais un mystère, un choix déraisonnable. S'offrir une Porsche Targa, c'est distinguer la plus italienne des Allemandes et élire la plus irrationnelle des voitures de sport. Mais cette version semi cabriolet de l'iconique 911 a ses adeptes esthètes. Et pas depuis peu, mais depuis 1965. Une logique vintage tout autant que financière qui a poussé les concepteurs de la série 991, qui a vu le jour il y a deux ans, à la doter d'une  version Targa. Et si, sous ses dessous modernes, elle demeure vintage, c'est que contrairement à la lignée qui l'a précédée, elle reprend les codes stylistiques de la première d'entre elles. A commencer par l'arceau en aluminium qui protège ses occupants, et les renvoie illico au siècle précédent. Mais très étonnamment, cette énième version ravira les anciens et séduira les modernes. Car sa ligne s'intègre parfaitement à celle de la 911 version actuelle, dont la Targa conserve tous les éléments de caisse, hormis le toit évidemment. A tel point, que lorsqu'on se glisse à son bord, on ne s'assied pas dans une 911 comme on peut le faire dans un Cayenne ou un Macan : on s'y coule, on s'y love. 

 

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Lorsqu'on se glisse à son bord, on ne s'assied pas dans une 911 comme on peut le faire dans un Cayenne ou un Macan : on s'y coule, on s'y love.  © ACL

La regarder, c'est l'adopterLorsque l'on s'y glisse, donc, on entre en terre connue depuis 50 ans. La clé de contact est toujours à gauche et le gros compteur central égrène toujours les régimes. Dans son dos, on le perçoit toujours aussi, puis on l'entend : le six cylindres à plat est là, rassurant. Un moteur Porsche, pas le V6, ni le V8 des modèles familiaux de la marque. Un bloc lyrique qui s'envole et emporte avec lui les rires de l'échappement qui ne demandent qu'à grandir, d'un simple appui sur la touche qui les multiplient. Une capote longue à s'ouvrir, pour mieux l'admirer.
Bien sûr, la Targa a pris du poids. Certes, elle accuse 80 kg de plus que le coupé Carrera. Forcément elle est moins à l'aise que ce dernier. Evidemment, elle se découvre moins que le cabriolet. Certainement, d'autres capotes que la sienne s'ouvrent et se referment plus vite que les 20 secondes qui lui sont nécessaires. Et à l'arrêt, uniquement. Mais ces défauts n'en sont pas. N'en sont plus dès lors qu'on l'aperçoit. La regarder c'est l'adopter. Son nom, inscrit de chaque côté de l'arceau d'aluminium, signe déjà le début du voyage. Celui qui mène tout droit en Sicile, vers la Targa Florio, la course des débuts, celle des Bugatti d'avant guerre, des Alfa, des Maserati, et des Porsche, bien sûr, qui l'ont gagné. Le nom de cette italo-germanique vient de là, des rivages de Traormina. Et l'on s'y replonge d'une pichenette sur les palettes au volant qui font revivre son intemporel moteur. Des palettes comme des bras armés de l'une des meilleurs boites automatiques de la planète automobile : la PDK et ses enchainements diaboliques.

 

 

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Porsche © ACL
Une toute petite malle pour un grand plaisirBien sûr, nous les filles, on est jaloux de ce moteur à l'arrière qui nous prive d'un vrai coffre. Mais pour lui, on est prêtes à sacrifier les quatre valises bourrées de fringues d'un week-end habituel. On veut bien se contenter de la tout petite malle à l'avant pour y loger nos tous petits sacs. Un grand sacrifice pour entendre chanter encore ce moteur n'est pas vraiment une abnégation. Au pire, on entassera la moitié du dressing sur les sièges arrière qui, de toute façon, n'existent que pour permettre à la marque de Zuffenhausen de revendiquer le label " 4 places " pour son auto. Car aucun être humain de plus d'1m40 ne saurait y voyager. Pas grave, puisque de toute façon, la Targa est l'auto des voyages à deux. De ceux que font les amoureux de Traormina, de Vérone ou d'ailleurs. De ceux qui peuvent débourser plus de 126 000 euros pour se l'offrir. De ceux pour qui le prix des choses n'est que peu, comparé à un grand transport, sentimental et esthétique.
 
Tarifs : de 111 323 euros et 126 203 euros
 
Porsche 911 Targa

Moteur 6 cylindres à plat

350 ou 400 ch (modèle S)

4 roues motrices

Poids : 1 555 kg

0-100 km/h : 4,8 sec

Vitesse max  : 296 km/h

Consommation : 10,0 l

Émissions CO2 : 237 g (malus : 6 000 euros)