L'Open Innovation : la botte secrète de PSA

Pour comprendre ce qu'est l'" Open Innovation " chez PSA Peugeot-Citroën, Le Journal des Femmes a rencontré Mathilde Parlier-Blot, l'une des expertes de cette activité au coeur de l'innovation automobile.

PSA Peugeot-Citroën : Open innovation

L'automobile ne s'est pas construite en un jour et les innovations en tout genre continuent à alimenter notre monture moderne si précieuse dans nos déplacements. Nos ingénieurs Français sont particulièrement doués et ne cessent de le prouver. A titre d'exemple, PSA est un pionnier en matière de diesel et aujourd'hui en Hybrid Diesel. Certaines technologies mises au point par le groupe automobile Français sont fantastiques, parfois inégalées.  

L'Open Innovation pour avoir un coup d'avance

Mais pour aller encore plus loin et toujours avoir un coup d'avance, une petite entité appelée "Prospective Clients pour l'innovation" a vu le jour, il y a trois ans, avec, à sa tête, une femme douce, patiente, passionnante et passionnée : Mathilde Parlier-Blot. "Avec l'Open Innovation, nous entrons dans une nouvelle démarche d'innovation,

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"Avec l'Open Innovation, nous entrons dans une nouvelle démarche d'innovation, confie Mathilde. On s'ouvre sur l'extérieur, en approchant de près des univers très différents de l'automobile". Mathilde Parlier-Blot © PSA

 confie Mathilde. On s'ouvre sur l'extérieur, en approchant de près des univers très différents de l'automobile". Car la valeur ajoutée de cette petite entité qui deviendra grande, c'est sûr, c'est d'arrêter de se contenter d'ajouter des technologies entre elles et de tourner en vase clos, mais au contraire de faire appel à des matières extérieures et encore inexplorées concrètement, pour les ramener à l'automobile et l'enrichir.

 

Changement de culture : les usagers au coeur de l'Innovation !

 "Désormais, PSA Peugeot-Citroën souhaite ouvrir sa porte à d'autres partenaires très éloignés du monde automobile si possible, ainsi qu'au monde des usagers. Et c'est de cette partie dont je m'occupe plus particulièrement. Je dépends à la fois de la recherche et du développement tout en intégrant des dimensions socio-culturelles. Ma mission : trouver les grands axes, les grandes tendances (ndlr, attention, ne pas parler de mode !), devant conduire nos innovations. Et pour leur donner vie, nous replaçons les usagers au coeur de l'innovation". .

 

 

Créer une expérience client

 

 

Pour lancer ces nouveaux travaux, Mathilde Parlier-Blot - d'abord en Russie dans l'agro-alimentaire, puis à la logistique chez PSA, le marketing pièces de rechange et la qualité service chez Citroën - doit d'abord identifier les innovations déjà existantes et à améliorer ainsi que les "trous dans la raquette", autrement dit tout ce qui n'existe pas encore et qu'il faut créer. "L'innovation n'est pas une accumulation de technologies, poursuit Mathilde. On peut également créer une véritable expérience client et faire vivre cette même expérience à un conducteur et ses passagers". Par exemple, Mathilde et son équipe ont fait vivre une expérience énergisante à une partie de l'équipe PSA, tous postes confondus. "On a créé un tunnel de stress pour leur faire vivre une expérience polysensorielle. On a d'abord projeté des images stressantes de la ville, de la voiture, de la vie au bureau et fait circuler des odeurs désagréables. Puis, on les a emmenés dans un espace où ils pouvaient se détendre. Non pas dans une voiture, mais dans un lieu où on leur projetait un diaporama mettant en scène des technologies apaisantes que l'on maîtrise. "

 

 

Les Grandes tendances socio-culturelles : la santé et le bien-être !

 

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La grande tendance est bien le besoin du retour à l'essentiel. La voiture est très stressante et il faut revenir au véhicule cocon © PSA

Pendant 7 minutes, ils ont vécu une transformation de leur état : du stress au bien-être grâce à la lumière évolutive, à des sièges adaptés, des images...". En clair, l'entité "Open Innovation" remet sans cesse le client au coeur des technologies. Et ce jour-là, l'expérience majeure qui s'est dégagée était celle du siège. "Suite à cette expérience, nous avons entendu parler du premier bar à sieste (ndlr, 2ème arrondissement de Paris) avec un siège relaxant mis au point par la NASA. Nous avons testé le lieu pour vivre une nouvelle expérience sensorielle. Et nous avons dégagé de grands axes : le bénéfice de la micro-sieste et la possibilité que la voiture gère cette micro-sieste en nous réveillant, par exemple, au bon moment".
La grande tendance est bien le besoin du retour à l'essentiel. La voiture est très stressante et il faut revenir au véhicule cocon. "L'idée du SAS de décompression ne va pas encore assez loin, commente Mathilde. Il faut, par exemple, aller au-delà du siège massant et proposer quelque chose de réellement régénérant. Idem pour le traitement par la lumière. On pourrait imaginer un moyen pour créer sa propre ambiance dans le véhicule en fonction de son humeur et de ses envies. L'acoustique où chacun aurait un espace sonore différent à l'intérieur de la voiture, est aussi une piste à travailler...". Sans oublier l'odorat et le goût, les deux sens les plus complexes à développer...

 

PSA à la recherche de "Lead Users"

L'Open Innovation, un brin iconoclaste puisque cette entité va à l'encontre de la culture très technologique et casse, au passage, beaucoup d'idées reçues, a donc un énorme potentiel : les gens de tous les jours sollicités directement ! Et il se trouve que ce brainstorming géant forme un vivier d'idées incommensurable. Des idées que Mathilde doit trier, élaguer, améliorer. "Il faut retravailler les idées en faisant appel au collaboratif notamment : chacun enrichit l'idée de l'autre. Les ingénieurs y contribuent et les usagers aussi désormais. Pour sortir du tout technologique, nous repérons de plus en plus des gens créatifs. Ceux que nous appelons les Lead Users. Ils sont passionnés par un sujet et certains ont mis au point des choses nouvelles déjà très avancées !".
Pour l'heure, Mathilde Parlier-Blot n'a encore vu aucune de ses innovations en grandeur nature. "Il faut environ 5 ans pour qu'une nouvelle technologie aboutisse", confie Mathilde, désarmante de patience et de suite dans les...idées. "Une idée est extrêmement fragile, commente cette dernière. Il faut la défendre, la rendre robuste et savoir la protéger avant de la mettre en pâture".

Pour aller plus loin
On se souvient du concours Citroën Creative Award 2011 dont le sujet était "Comment valoriser le temps passé en voiture?". Les trois idées gagnantes continuent à faire leur chemin.