Ces légumes exotiques à planter

Certaines plantes potagères, fréquentes à l'autre bout de la terre, sont assez méconnues dans nos jardins. Petit tour du monde de ces végétaux bons à manger qui n'ont pas encore envahi nos potagers.

© Altin Osmanaj/123rf

Des légumes peu connus. On les trouve dans les potagers d'Asie, d'Afrique ou d'Amérique Latine, et ils sont consommés fréquemment par leurs populations. En France, nous ne les connaissons pas, ou très mal. Si certains commencent à être utilisés en cuisine, ou sont parfois cultivés dans des régions précises, ces légumes restent très originaux et souvent inédits dans nos jardins.

La baie verte de la chayotte

Chayotte (ou christophine) © Emile Sikora/123rf

La chayotte (ou chayote) provient d'Amérique Centrale, et plus particulièrement du Mexique. On la trouve pourtant dans diverses régions et parfois jusqu'en Europe. Ses noms vernaculaires sont très nombreux selon les régions.

Dans les Antilles, elle porte celui de christophine (ou christophène), en hommage à Christophe Colomb tandis qu'à la Réunion, on l'appelle communément le chouchou.

  • Culture : cette plante habituée au climat tropical pousse mieux en altitude, à condition d'être installée dans un sol profond et frais. Il s'agit d'une vivace qui apprécie la pluie. On en trouve une forte production dans le cirque de Salazie, à la Réunion. La chayotte peut être cultivée en France métropolitaine, mais elle nécessite un paillage contre le gel et une structure pour lui permettre de grimper. Elle ne fera toutefois pas de fruit si l'ensoleillement et la chaleur ne sont pas au rendez-vous.
  • Aspect et utilisation : le chouchou est une grimpante dont les grandes feuilles se composent de cinq lobes. Elle se pare de petites fleurs dans les tons jaune et blanc, et produit un gros fruit vert. Celui-ci se mange comme une courgette. Les racines et les jeunes pousses sont également comestibles.

L'ansérine quinoa, un riz oublié

Plantation de quinoa © Pablo Hidalgo/123rf

Plusieurs espèces d'ansérines, notamment celle qu'on surnomme "Épinard fraise", existent sur notre territoire et y sont encore quelques fois consommées. L'ansérine quinoa, aussi appelée quinoa ou encore riz du Pérou est originaire d'Amérique Latine, où elle est utilisée pour nourrir les populations et le bétail.

  • Culture : le quinoa se cultive idéalement sur les hauts plateaux de la Cordillère des Andes, où l'acidité de la terre, l'altitude, l'ensoleillement et le taux de précipitations correspondent à ses besoins. En France, il est quasi-impossible de la cultiver. Néanmoins il existe d'autres variétés d'ansérines correspondant à nos climats.
  • Aspect et utilisation : la plante pousse plus haut que l'épinard et atteint facilement le mètre, mais comprend le même genre de grappes de fleurs. On mange ses feuilles et plus souvent ses graines. Le riz du Pérou peut s'utiliser en farine, et a une utilisation proche des céréales. Il est très nutritif, et commence à faire son apparition dans nos assiettes car son faible taux de gluten correspond à certaines intolérances alimentaires.

L'igname, une grimpante bien enracinée

Igname © Fu Qiang/123rf

Des espèces régionales de l'igname sont cultivées sur les continents asiatique, africain et sud-américain depuis plusieurs centaines d'années. On la trouve en France, en faible quantité, notamment à Saint-Claude-de-Diray dans le Loir-et-Cher.

  • Culture : peu adapté à notre climat européen, l'igname se développe beaucoup dans les pays tropicaux, en majorité africains. On peut le produire sous nos latitudes sur un cycle de deux ans : on le repique en mars dans un sol argileux, sous des tuteurs. Ils ne supportent pas le gel, aussi doivent-ils être conservés en cave durant l'hiver avant d'être replantés au printemps suivant.
  • Aspect et utilisation : l'igname est une plante grimpante, au feuillage d'un beau vert vif, et est pourvu de petites fleurs en épis. Ses fruits sont des capsules. La seule partie comestible est son tubercule, long et en forme de massue. Il se mange comme les pommes de terre.

Le taro, un légume décoratif

Taro chinois ou Alocasia Cucullata © Thanthip Homsansri/123rf

Originaire d'Asie du Sud, il pousse aujourd'hui en Afrique, en Chine et au Japon. Les Européens l'appellent colocasie, les Antillais dachine ou encore malanga, mais c'est le nom polynésien de taro qui est le plus utilisé dans le monde.

  • Culture : le taro se plait en milieu tropical, c'est d'ailleurs pour cela qu'il est cultivé dans toutes les régions chaudes du monde. Si on le trouve peu en France, c'est peut-être aussi à cause de sa faible capacité de conservation. Elle s'y cultive très difficilement, en raison de sa forte nécessité en eau et en température stable.
  • Aspect et utilisation : la plante se caractérise par son magnifique feuillage d'un beau vert, et des spathes plus ou moins colorées, mais généralement jaunes ou crème. On peut consommer les jeunes feuilles, mais aussi le rhizome, qui a une forme cylindrique et un goût de châtaigne.

Le gombo, partout sauf en Europe

Gombo © Altin Osmanaj/123rf

Il semblerait que le gombo soit originaire d'Asie, mais certaines espèces proviennent peut-être d'Afrique. Néanmoins le gombo, ou ocra, est un plat ancestral toujours mangé en Afrique, aux Etats-Unis, en Océanie et dans l'Asie du Sud Est. Il est présent dans les habitudes alimentaires un peu partout autour du globe, mais pas ou très peu en Europe.

  • Culture : pour que l'ocra pousse, il lui faut un climat tempéré chaud, et seules les régions tropicales lui permettent de maintenir une température élevée nécessaire à la germination. Sa culture en France est soumise aux caprices des températures estivales, car il ne supporte pas lorsqu'elles sont inférieures à 15°C.
  • Aspect et utilisation : de la famille des hibiscus, le gombo s'orne de fleurs jaune pâle, et de fruits longs, pointus, qui renferment de petites graines. On mange ce fruit de plusieurs manières, qui dépendent généralement des régions. Ils servent de légumes d'accompagnement dans la plupart des pays, et parfois de hors-d'œuvre.

Le manioc, un "best-seller" méconnu dans les potagers en France

Plantation de manioc © Nakhorn Yuangkratoke/123rf

Aussi appelé tapioca, le manioc proviendrait à l'origine de l'Amérique Centrale. Aujourd'hui, il s'agit de l'une des plus importantes sources de glucide chez les êtres humains, après le riz. Il nourrit essentiellement le continent africain, ainsi que l'Asie et les Caraïbes.

  • Culture : inexistant à l'état sauvage, le manioc est cultivé dans pratiquement tous les pays où il peut conserver une température supérieure à 20°C. Sa culture est souvent vivrière en Afrique, car plus adaptée au climat que la pomme de terre.
  • Aspect et utilisation : la plante a l'apparence d'un arbrisseau dont les feuilles rappellent celles du palmier. Il fait de petites fleurs et de petits fruits jaune vert. C'est sa longue racine qui est consommée la plupart du temps. Toutefois, certaines variétés produisent des feuilles qui, une fois cuites, ont une saveur agréable.

Des légumes insoupçonnés. En France métropolitaine, ils se font plantes d'ornement, ou d'intérieur pour les plus tropicaux. A l'autre bout du monde, ce sont pourtant des sources de nourriture inestimables. S'il ne vous viendrait pas à l'idée de placer l'amarante ou le chrysanthème au potager, voici quelques habitudes culinaires lointaines qui vous feront changer d'avis.

L'amarante ou le blé des incas

Amarante © Christian Weiß/123rf

Une amarante queue-de-renard est toujours du plus bel effet dans un jardin, avec ses longs épis de fleurs rouges tombantes. On peut la cultiver dans des espaces ensoleillés, et comme son nom l'indique, "celle qui ne flétrit pas" résiste à presque tout, même aux maladies.

  • Origine et utilisation : cette plante ornementale provient du Mexique et de l'Argentine, mais aussi de l'Inde. Les civilisations précolombiennes la cultivaient comme un légume. Ils en mangeaient les feuilles et les tiges comme nous consommons des épinards, et se servaient des graines pour faire de la farine. Elle peut également être utilisée en salade.

Le bambou, pas seulement apprécié des seuls pandas

Haie de bambous © Elodie Rothan

Le bambou, c'est tendance : on le plante au fond des jardins, sur les terrasses, dans les appartements, et on profite de ses formidables capacités de résistance et d'adaptation. Il donne une allure structurée et orientale au moindre bout de terrain sur lequel on l'installe.

  • Origine et utilisation : en Asie, continent dont il provient, certaines variétés de bambou sont cultivées comme légumes. Ses pousses sont utilisées dans de nombreux plats, notamment en Asie du Sud-Est. Toutes les espèces sont comestibles, mais il existe néanmoins des bambous particulièrement amers.

Le maranta dans les assiettes

Maranta © Gurcharan Singh/123rf

Maranta est un nom bien connu des amateurs de plantes d'intérieur à l'aspect exotique. La plupart des variétés sont destinées à la décoration, d'autant plus depuis qu'on a découvert ses capacités dépolluantes. Ses belles feuilles longues et dessinées habillent les intérieurs, et la plante a la capacité de durer longtemps.

  • Origine et utilisation : originaire de l'Amérique latine, la maranta donne l'arrow-root, un rhizome mangeable comme le manioc, qui s'utilise aussi en farine. On la cultive actuellement au Brésil, en Inde ou en Floride. Elle est peu utilisée en France métropolitaine, mais très fréquente aux Antilles, où elle est surnommée la "rouroute", une déformation de son nom d'origine.

Le lotus, pas qu'une jolie fleur

Lotus © Elodie Rothan

Il couvre les bassins avec ses grandes feuilles qui rappellent des nombrils, et les jardiniers les plus chanceux le voient se parer de fleurs roses et blanches des plus poétiques. Le lotus est certainement la plante aquatique d'ornement la plus appréciée.

  • Origine et utilisation : si le point de départ de la culture du lotus  se situe principalement en Asie et en Australie, elle s'est développée partout ailleurs. En Chine et au Japon, mais aussi aux Etats-Unis, le lotus est considéré comme un légume. On mange ses graines, ses pétioles, quelques fois ses feuilles, mais aussi et surtout son rhizome.

Le chrysanthème fleurit les salades

Chrysanthèmes © cmj1987/123rf

Quand on parle de chrysanthèmes, deux images viennent à l'esprit du jardinier. Tout d'abord, on pense aux bouquets de la Toussaint, qui remplissent les cimetières en novembre. Ensuite, on se rappelle les magnifiques couleurs des chrysanthèmes  hybrides de jardin, qui fleurissent en toutes saisons. 

  • Origine et utilisation : bien qu'il soit autant originaire d'Europe que d'Asie, le chrysanthème  n'a pas la même utilité dans ces deux régions. En Chine ou au Japon, on fait pousser le chrysanthème comestible, une plante de potager qu'on mange pratiquement dans sa totalité : les plantes et feuilles sont consommées lorsqu'elles sont tendres, et comme les fleurs, elles servent d'aromate. On l'utilise également en infusion pour un thé au goût réputé. Attention toutefois car le chrysanthème comestible correspond à une variété spécifique, cultivée sans produit chimique, ne mangez pas n'importe quelle variété.

Le succulent agave

Agave © Thanthip Homsansri/123rf

Les longues feuilles épaisses et parfois bordées de jaune de l'agave trouvent le plus souvent leur place dans les jardins tropicaux et les grandes pièces. L'agave se trouve surtout dans les régions méditerranéennes, où on attend sa gigantesque floraison près de 10 ans.

  • Origine et utilisation : au Mexique, pays d'origine de cette succulente, on utilise l'agave bleu pour faire de la téquila. Mais pas seulement ! Le nectar de variétés telles que salmiana, atrovirens ou weberi, très sucré et doux, remplace parfois le miel dans les spécialités culinaires. On le surnomme "aguamiel".