Les économies d'eau de toutes sortes étant de rigueur, l'arrosage automatique, parfois vu comme un gaspillage de l'eau, fait débat. Les solutions alternatives.
L'arrosage automatique est de plus en plus remis en question. Avec les enjeux environnementaux actuels, l'économie d'eau devient de plus en plus une nécessité, alors que les zones arides ne cessent de progresser à travers le monde.
Pour Anne-Marie, l'arrosage automatique constitue désormais "un luxe à éliminer, surtout que notre pauvre terre est asséchée à cause des produits qu'elle est obligée d'ingurgiter".
Beaucoup de témoignages vont dans ce sens, et vers une utilisation plus raisonnée des ressources en eau, à travers un meilleur choix des plantes à cultiver par exemple.
C'est le cas de Bernadette : "on peut avoir une belle végétation en adaptant les plantes au climat. Beaucoup de particuliers commencent à être sensibles à l'utilisation de l'eau (souvent à cause du porte-monnaie) ; mais, je reste perplexe en ce qui concerne les collectivités : les villes n'hésitent pas à arroser à tout va, même lorsqu'il pleut (arrosage automatique), sans compter le gaspillage (arrosage hors des plantations). Les villes devraient donner l'exemple aux particuliers ; d'autant plus que c'est le contribuable qui paie la facture".
© Anne-Marie Destret Le réchauffement climatique rend les régions tempérées de plus en plus arides.Les témoignages mettent également en doute la réelle utilité de l'arrosage automatique, et notamment l'utilisation qui en est faite par les pouvoirs publics et les institutions privées. C'est le cas de Jean-Claude : "à l'heure où la moitié de l'humanité manque d'eau, je préfère laisser ma pelouse se gérer seule (ce qu'elle fait fort bien). Laissons aux golfs et autres piscines sous utilisés, le soin d'assécher nos nappes phréatiques".
Il ressort donc que pour ou contre, un élément réunit les contributeurs. L'arrosage automatique se doit au minimum d'être efficace, pour ne pas gaspiller trop d'eau, comme nous le dit Annie : "Il faut pour que cela soit efficace que les buses soient très dégagées, or c'est le cas quand vous partez, puis lorsque la végétation (bien arrosée) pousse autour des buses, et de simples feuilles ou brins d'herbe arrêtent en cours de route le jet bienfaisant, et vous retrouvez de beaux ilots de verdure mais le reste est sec".
En effet, il n'est pas rare de voir des arroseurs automatiques rotatifs asperger des zones plantées en partie, tout en arrosant un trottoir ou une route, ce qui représente des pertes d'eau énormes sur le long terme.
© Jean-Claude Papillon Les puits et nappes phréatiques sont des ressources très exploitées.D'autres témoignages reviennent sur cette pratique, sans la condamner. Ainsi, Jos ne pense pas que l'arrosage automatique soit un luxe : "je ne pense pas qu'il s'agisse de luxe, puisque vous pouvez le programmer pour un arrosage la nuit, choisir aussi le nombre d'arrosage, 24h, 48h... ».
Il est vrai que l'arrosage automatique, s'il est ciblé et raisonné, peut n'engendrer que des pertes d'eau minimales. Et peut dans certains cas être une nécessité, comme l'avance Serge : "c'est un équipement essentiel : étant dans le sud Luberon et à cause du mistral, je perds trop de végétaux tous les ans par manque d'arrosage".
Claire, elle, est pour l'arrosage automatique, qui, bien utilisé, avec d'autres techniques, peut permettre de réaliser des économies d'eau : "couplé à un puit ou un forage, et en programmant l'arrosage la nuit, c'est même très économique, et écologique, l'eau se recyclant elle-même".
Enfin, une réaction à un témoignage, celui de Jean-Claude, pose le problème de manière plus globale. Ainsi, Claire pense que "ne pas arroser en Provence n'amènera pas d'eau au Sahel ! Nous ne sommes pas responsables de tous les changements climatiques comme on voudrait nous en persuader ! Reprenez vos livres et étudiez le cycle de L'eau. La végétation maintient les nappes phréatiques et évite la désertification. C'est pour avoir trop dégradé le couvert végétal que certaines régions jadis vertes sont devenues désertiques (voir les Alpilles en haute Provence)".
En effet, la chasse au gaspillage de l'eau, entre autre, ne doit pas faire oublier l'étendue du problème au niveau mondial.
Pierre thouverez