Faire son compost : pourquoi et comment ?

Composter, c'est revaloriser les déchets verts dits "organiques" de la maison et du jardin en les amassant afin qu'ils se décomposent et produisent un engrais 100 % naturel appelé "compost". Près de la moitié des déchets que nous produisons sont des déchets de type organique et la plupart sont compostables. Dossier complet pour bien composter dans votre jardin.

Faire son compost : pourquoi et comment ?
© Sandrine Bouvier/123RF

Le compost est un engrais 100 % naturel constitué à partir du mélange de débris organiques en décomposition et de matières minérales, destiné à nourrir et à alléger le sol qu'il enrichit en humus. Dans la nature, le recyclage de tous les matériaux organiques, végétaux et animaux, produit ce fameux humus dont se nourrissent les plantes. C'est un processus long en règle générale. 

Recycler ses déchets au jardin est aujourd'hui quelque chose de plus en plus courant. Ainsi, faire son compost soi-même est devenu très tendance ces dernières années. Il est vrai que cela a trois gros avantages : c'est 100% naturel, c'est simple à réaliser et c'est économique. Il suffit de trouver un bon emplacement dans son jardin et de tenter l'expérience.

Pourquoi composter les déchets ?

Créer un compost permet :

  • de recycler tout ce que l'on a retiré du sol par la cueillette (épluchures de légumes et de fruits, fleurs fanées...) et par le désherbage ainsi que les divers déchets de la cuisine.
  • d'avoir un sol à la fois léger, facile à travailler et nutritif, idéal pour le développement des plantes.
  • de retenir d'importantes quantités d'eau par sa structure spongieuse. Les eaux de pluie, d'arrosage et d'irrigation sont utilisées au mieux.
  • de rendre utilisables des déchets organiques qui sinon se perdraient et pourraient se montrer encombrants voire polluants, en particuliers pour les eaux courantes et les nappes phréatiques.
  • de se passer d'engrais chimiques et du coup, d'éliminer les pesticides.
  • de faire des économies. En effet, tout est naturel et il y a moins besoin d'entretien et d'eau.
  • de réaliser des récoltes saines et abondantes.

Les deux types de compost

  • le compost anaérobie (sans air). Cela consiste à entasser les débris végétaux qui se décomposent sur place et pourrissent. 

Son point fort : il ne nécessite aucune intervention humaine pendant la durée de la fabrication.

Ses inconvénients : une forte odeur se dégage lors du pourrissement des détritus. Il demande plus de temps, environ un an pour être prêt. Il présente également des risques de problèmes phytosanitaires.

  • le compost aérobie (formé en présence d'air). C'est celui qui est le plus recommandé.

Ses points forts : il ne produit pas d'odeur désagréable. Il ne faut que 6 mois pour que le compost soit prêt. Les graines des mauvaises herbes et les germes pathogènes sont détruites lors de l'élévation de température résultant de la fermentation, qui peut dépasser 70 °C. On obtient ainsi un substrat sain.

Son point faible : il faut s'en occuper régulièrement afin d'aérer le sol. Pour cela, il est vivement recommandé de le remuer et de le brasser. Il est nécessaire également de surveiller l'humidité.

Où mettre le compost ?

Il y a plusieurs facteurs à prendre en compte lorsqu'on choisit l'emplacement de son compost. Il faut un lieu facilement accessible pour pouvoir apporter régulièrement les matériaux qui le composeront, une surface de stockage plane où l'eau ne s'accumule pas, un site à l'abri du vent et de préférence ombragé. Il doit également y avoir suffisamment de place pour pouvoir retourner le sol. Enfin, le compost doit se trouver près des endroits où il sera le plus utilisé comme le potager ou les plates-bandes.

Les étapes de préparation

  1. Tout d'abord, remuez le sol de l'emplacement que vous avez choisi afin de faciliter l'action des bactéries. Vous pouvez creuser un trou peu profond et y placer des rondins de bois de manière transversale ou des fagots de brindilles pour permettre une bonne aération par le bas.
  2. Formez ensuite différentes couches :
  • Débutez en installant une couche de débris végétaux secs comme de la paille ou des feuilles mortes. Elle doit faire entre 20 et 30 cm de hauteur.
  • Ne tassez pas ces débris végétaux mais au contraire, laissez-les tomber les uns sur les autres et répartissez-les à l'aide d'une fourche.
  • Ajoutez une couche de matière végétale fraîche : tontes de gazon, "mauvaises herbes", si possible sans graines.
  • Arrosez les couches au fur et à mesure pour bien les mouiller car le tas de compost doit être maintenu humide pendant toute la durée de sa maturation.
  • Vous pouvez ajouter une couche d'écorce et de petits morceaux de bois de préférence broyés.
  • Si vous disposez de fumier, disposez-en en couche assez fine.
  • Remettez une couche de débris végétaux.
  • Intercalez de temps en temps une fine couche de cendre de bois, riche en potasse, qui activera la décomposition.
  • Intercalez également les déchets organiques de votre cuisine entre les couches.
  • Ajoutez également de la poudre de roche. Cela apportera de nombreux minéraux.
  • Enfin, finissez en ajoutant une couche de paille, de feuilles mortes, de divers débris végétaux secs ou de terre, pour faire ruisseler les pluies trop abondantes.
  • Conseil : quand un nouveau compost est créé, n'hésitez pas à rajouter un peu de l'ancien compost. Cela va servir de ferment. Les dimensions du tas de compost doivent être au départ de 1 à 2 m de large sur 1, 5 m de haut.

Construire un bac à compost

S'il est possible de disposer ses déchets en tas dans son jardin en les laissant à l'air libre, il existe également différents types de composteurs. Du treillis métallique au bac en bois ou en plastique, il y en a pour tous les goûts. Cela se vend en jardinerie mais vous pouvez également en construire vous-même. Renseignez-vous également auprès des mairies, certaines mettent à disposition des composteurs.

Construire son bac à compost double © Eyrolles

Entretien de son compost

Vérifiez que le tas de compost reste humide et arrosez si nécessaire. Il ne doit pas être gorgé d'eau. Il ne doit être ni suintant, ni sec. Au bout d'un mois, retournez le compost pour permettre une meilleure aération et une décomposition plus rapide. Retournez-le tous les 2-3 mois. En hiver, couvrez le tas de compost de plastique noir perforé pour conserver la chaleur et éviter un excès d'eau ou le lessivage par les pluies. Comme le compost met plusieurs mois à se former, il est préférable d'en faire plusieurs tas, qui seront utilisés successivement.

Liste des déchets à composter

  • Divers déchets de cuisine : épluchures, fruits, légumes, marc de café et filtres, sachets de thé, coquilles d'oeufs pilés, croûtes de fromage, serviettes, mouchoirs en papier
  • Les tontes de gazon en quantité modérée et en les éparpillant bien
  • La paille, mais il faut bien l'humidifier avant de l'ajouter
  • Les feuilles mortes
  • Le foin fraîchement coupé, séché ou même moisi
  • Les petites branches et tiges dures, de préférence broyées
  • Diverses plantes utiles comme l'ortie, consoude, fougère, sureau, tanaisie, millefeuille, prêle, camomille, valériane...
  • Les cendres des branches brûlées
  • De la poudre de roches siliceuses
  • Du fumier

Conseil : attention aux pollutions dues aux engrais, aux pesticides... Certains légumes ont peut être été traités chimiquement et leurs épluchures ne doivent pas être compostées.

Liste (non-exhaustive) de ce qu'il ne faut pas mettre dans son compost

  • les matériaux pollués
  • les journaux-magazines
  • os, arêtes, noyaux, coquilles de mollusques
  • les adventices vivaces avec leurs racines comme le liseron ou chardon
  • les adventices avec leurs graines
  • les plantes ligneuses non broyées
  • les plantes malades
  • les résidus de tonte
  • les peaux d'agrumes traités et déchets végétaux divers pouvant contenir des pesticides
  • l'absinthe
  • terre, gravier, sable, cailloux
  • déchets d'animaux domestiques