Le jardin de montagne se joue des extrêmes

On considère qu’à partir de 600 mètres, le jardin traditionnel devient un jardin d’altitude. Le jardin de montagne doit composer avec un climat particulier, des reliefs escarpés et des saisons très tranchées.

Des espèces végétales résistantes

A la montagne, encore plus qu’ailleurs, la météo dicte sa loi. L’année est découpée en deux grandes saisons : l’été et l’hiver. L’objectif du jardin de montagne est de se fondre dans la grandiose nature qu’offrent ces deux saisons. L’exposition joue un rôle important dans le choix des espèces végétales. Ces dernières doivent également être robustes pour s’épanouir entre la neige, les précipitations et l’intensité du soleil. En fait, toutes les espèces qui craignent les gelées tardives sont à proscrire. Pour éviter les mauvaises surprises avec les arbres, il est conseillé de miser sur les espèces locales comme le noisetier, le noyer, le hêtre et le bouleau.

Un jardin pluridisciplinaire

Le paysage de montagne, avec ses massifs enneigés et son ciel limpide, est sublimé par la couleur des arbres et des fleurs. Mais, outre son attrait esthétique, le jardin de montagne a pour vocation d’être utile. C’est le cas depuis toujours. Très isolés, les habitants des chalets ont besoin de pouvoir manger et de soulager rapidement les petits maux du quotidien avec des remèdes naturels. C’est donc tout naturellement qu’ils cultivent la science des plantes médicinales et l’art du potager au sein de leurs jardins de montagne. Les espèces végétales ont donc souvent plusieurs fonctions : embellir, nourrir et guérir. C’est le cas avec les conifères comme l’épicéa, le pin ou le mélèze. Transformés en tisane ou en huile essentielle, ils participent à soigner les affections respiratoires courantes avec le froid. Même constat avec les plantes comme les orties, le serpolet, la verveine et la typique joubarbe. On appelle cette dernière l’artichaut des montagnes. Elle pousse sur les sols secs et pierreux et aurait pour vertu d’apaiser les brûlures.

Des couleurs joyeuses

Quant aux fleurs ou aux baies comme les mûriers ou les myrtilles, elles ont pour fonction d’égayer l’hiver, comme le houx et le gui, puis de symboliser le réveil de la nature après un long sommeil. On retrouve des perce-neige, des crocus dès que les plaques de neige fondent. Puis, des muscaris, des pensées ou encore des jonquilles et des gentianes prennent le relais. Côté plantes vivaces, les asters et les bleuets égaient les sols. Pour les arbustes, les arbres à papillons, avec leurs teintes violettes ou roses, célèbrent le printemps et l’été. Les haies composées de buis, de cotonéaster et de genévrier sont faciles à entretenir et à tailler. Et pour les arbres fruitiers, qui donneront de savoureuses confitures, les cerisiers, les pruniers et les groseilliers sont tout à fait adaptés à un jardin de montagne.