Le jardin de curé : entre ciel et terre

Un jardin de curé est unique, car il n’obéit à aucune règle. Ce qui le définit est le périmètre restreint dans lequel il s’inscrit, et le fait que bien souvent, les espèces végétales y poussent sans contrainte.

Le jardin originel

Le jardin de curé est, comme le nom l’indique, l’apanage des ecclésiastiques. Très en vogue au Moyen-Âge, il est rudimentaire, en accord avec le fait de mener une vie humble et simple. Très souvent dans les campagnes, le curé résidait dans le presbytère, qui était accolé à l’église et parfois même au cimetière. Dans cet espace, il y avait un petit jardin avec un banc en pierre qui invitait à la méditation. C’est au sein de ces espaces réduits que les curés ont commencé à prendre soin des fleurs, à récolter des baies et des fruits et à cultiver des plantes médicinales ainsi qu’un petit potager. Les jardins de curé sont aussi cultivés au sein des abbayes et des prieurés. Mais dans ce contexte, ils sont plus structurés. Ils s’articulent autour d’une fontaine ou d’un point d’eau. Ils forment un carré découpé en quatre parties : potager, baies et arbres fruitiers, fleurs, et plantes médicinales.

Le royaume des fleurs

Dans la mémoire collective, le jardin de curé est souvent associé au jardin de grand-mère. Les trois espèces végétales principales sont les roses, le lierre et le buis. Les rosiers sont volontiers grimpants et garnissent un petit mur en pierre. Le buis, qui avait pour vocation de servir pour la cérémonie des rameaux, peut être taillé pour former une haie. Les allées en gravier crissent sous les pas. Les fleurs colorées forment des bosquets ou débordent des vasques en pierre. Au printemps, ce savant désordre est éblouissant avec la floraison des giroflées, des capucines, des pivoines, des pervenches, des marguerites, des digitales et des œillets.

Nourriture et médecine

Le jardin de curé permet de fabriquer des soupes et des confitures. Dans le potager, les pommes de terre côtoient les carottes, les choux et les courges. Pour les fruits, il y a les baies, comme les mûres, les groseilles et les framboises, mais aussi les arbres fruitiers comme le poirier, le cognassier et le cerisier. Concernant les plantes médicinales, on trouve le thym, le romarin, le houblon, l’aubépine, la coriandre ou encore la sauge.

Le jardin de curé aujourd’hui

Aujourd’hui, le jardin de curé permet de cultiver d'anciens légumes comme le panais, le rutabaga, la chicorée ou le topinambour. Les allées du potager peuvent s’habiller de planches en bois pour une touche rustique. Un arrosoir en zinc, des brocs en fer et des pots de terre sont négligemment posés çà et là. Enfin, pour un jardin de curé très odorant, il est conseillé de remplacer le lierre par un chèvrefeuille.