Toiture végétalisée : un travail de professionnel pour des toits beaux et écolos

C’est une évidence : la toiture végétalisée n'est pas simplement novatrice et écologique, elle est utile et devient même incontournable. Pour autant, que sait-on vraiment de ces jardins posés au sommet des immeubles, qui donnent une touche de verdure nécessaire à nos centres villes ? Comment sont-ils mis en place et peut-on les installer partout ? Quels en sont les avantages ? Toutes les réponses à ces questions dans cette chronique.



Les toitures végétalisées : de nombreux avantages pour le climat !

Sans parler de la principale fonction technique de la végétalisation qui est celle de protéger durablement la membrane d’étanchéité des agressions climatiques et mécaniques, les avantages sont nombreux, à commencer par l'amélioration esthétique des bâtiments : un immeuble est bien plus beau avec une telle couverture verte, non ?

Les toitures végétalisées sont aussi un atout pour la préservation de l’environnement en ville. Elles favorisent le développement de la biodiversité en milieu urbain, en constituant un corridor écologique, comme des pas japonais pour de nombreux insectes et oiseaux, qui peuvent passer outre la barrière minérale habituelle des grandes villes pour y trouver refuge et pour s’alimenter.

Les toitures végétalisées diminuent aussi l'effet îlot de chaleur urbaine. La présence des végétaux favorise une baisse de la température en ville. Comment ? Grâce à l'évapotranspiration (la quantité d'eau transférée vers l'atmosphère, par l'évaporation au niveau du sol et par la transpiration des plantes) : plus il y a de toitures végétalisées, plus il y a de plantes et donc plus la température baisse. Notez aussi qu'elles protègent des rayonnements directs du soleil : les végétaux sur les toits créent un effet parasol. L'effet parasol conjugué à l'évapotranspiration participe ainsi indéniablement à l'isolation thermique du bâtiment, car l'entrée de la chaleur par le toit est fortement ralentie par les plantes et la terre. Grâce à cela, il est possible de réaliser jusqu’à 25% d’économies sur la climatisation.

De plus, les toitures végétalisées permettent la régulation des eaux de pluies, en jouant le même rôle qu'une éponge : elles absorbent environ 25% de l'eau qui tombe lors d'un orage. L’eau, qui habituellement se dirige directement vers le réseau d'assainissement, est retenue, ce qui évite les engorgements et participe à prévenir des inondations.

Enfin, les toitures végétalisées ont un rôle extraordinaire en ville contre la pollution de l'air et contre la pollution sonore tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de l’habitat.

D'abord les plantes qui y poussent filtrent et fixent les particules en suspension dans l'air comme les poussières et les substances polluantes et absorbent le gaz carbonique pour rejeter de l'oxygène.

Elles vont aussi absorber les ondes sonores et ainsi limiter les effets d'échos des sons produits par les véhicules, les transports en commun, etc.

Finalement, la végétalisation des toits est une action civique : on le fait généralement pour soi, mais elle a un impact positif sur la vie des autres ! 



Installer sa toiture végétalisée : l’avis des spécialistes est indispensable

Si les toitures végétalisées ressemblent à un jardin classique, leur mise en place implique des contraintes spécifiques. Nous ne sommes pas sur la terre ferme, mais sur le toit d'un bâtiment : il faut donc prendre en compte la sécurité des biens (l'immeuble lui-même et les habitations qui le composent) et des personnes. On ne peut donc pas envisager n'importe quel projet n'importe où.

L’installation d’une toiture végétalisée ne s'improvise pas. C'est une affaire de professionnels, ne serait-ce que parce qu'il est nécessaire de choisir un type de terre (substrat) bien spécifique à mettre sur le toit tout en dimensionnant convenablement les matériaux en fonction des charges admissibles par le bâtiment.

Non seulement ce substrat doit être léger mais il doit être aussi drainant, pour diffuser l’eau sur toute la surface de la toiture et permettre son évacuation, tout en retenant une part suffisante de cette eau pour le besoin des plantes et pour réduire les frais d’arrosage.

Ces contraintes de légèreté et de porosité sont un vrai « casse-tête » pour offrir malgré tout aux plantes un support suffisamment fertile. Il faudra malgré tout admettre que la palette végétale devra être composée avec des plantes considérées comme peu « gourmandes ».

On ne peut donc pas se passer du travail d'un ingénieur – qui va tout analyser et calculer en amont (structures, charges, étanchéité…)- ni de celui d'un paysagiste – qui va choisir le substrat approprié et les plantes en fonction du projet. Chaque toiture a ses particularités, et chaque contrainte a son spécialiste.

Au vu des enjeux en termes de sécurité et de durabilité de l'installation, il est important de vous entourer de professionnels qui connaissent bien ces techniques. Ils sont tous référencés par l’Unep, syndicat professionnel des entreprises du paysage : vous trouverez facilement une entreprise dans votre région qui saura vous accompagner tout au long de votre projet.




Anticiper les contraintes liées à l’installation


Les contraintes principales concernent d'une part la pente du toit à végétaliser. Il faut bien comprendre qu'au-delà d'un certain degré de pente, il est dangereux d’y installer de la végétation. L'exemple le plus extrême que je connaisse est la toiture végétalisée réalisée sur l’Accorhotels Arena (Palais Omnisport Paris Bercy), avec une pente de plus de 45 degrés ! Cela constitue un véritable exploit.

La seconde contrainte a trait à ce que l'on appelle la charge d'exploitation possible sur l'ouvrage, c’est-à-dire le poids du mobilier (tout ce que l'on va installer en plus de la végétation), de la terre (le substrat) et des végétaux, mais aussi le poids des personnes qui s’y rendront pour l’usage comme pour l’entretien.

De plus, sur des bâtiments existants, hormis l’accessibilité au toit et des contraintes en terme de sécurité qui y sont associées (garde-corps pour une toiture accessible « à tous » et ligne de vie ou points d’ancrage pour une toiture accessible uniquement aux personnels d’entretien), il est nécessaire de reconsidérer l’étanchéité existante du bâtiment en fonction du nouvel usage.En effet tous les procédés d’étanchéité ne sont pas compatibles avec la végétalisation et il convient dans la plus-part des cas de refaire une nouvelle étanchéité traitée anti-racines, compatible avec le projet.

Pour les bâtiments neufs, ces contraintes seront prises en compte avant la construction. La structure sera adaptée et l’immeuble, une fois construit, sera prêt à recevoir une toiture végétalisée. 

Choisir une toiture végétalisée adaptée

Il existe trois sortes de toitures végétalisées : les toitures de végétalisation extensive, de végétalisation semi-intensive et de végétalisation intensive. A chacune correspondent différents critères et donc différentes catégories d'installations.

Pour les toitures de végétalisation extensive, la charge d'exploitation sera comprise entre 45 et 100 kg par m². Le substrat (c'est-à-dire l'épaisseur de terre qu'il sera possible d'y déposer comme base au jardin) sera compris entre 3 et 8 cm. On peut donc imaginer qu'avec si peu de terre, on ne puisse pas faire pousser des arbres ! On se contentera donc d'une strate muscinale, c'est-à-dire de végétaux qui consomment peu d'eau et de nutriments, comme les orpins (Sédum) et certaines plantes vivaces adaptées aux milieux très secs. 

La biodiversité ainsi que l’attrait esthétique sont assez limités, parce qu'on ne peut pas concrètement faire pousser une grande variété de végétaux. Ce type de végétalisation convient particulièrement aux bâtiments commerciaux et industriels ou pour les cas de charge admissible faible. Il conviendra de prévoir une à trois interventions d’entretien par an en fonction du site et de l’exigence visuelle.  


« Végétalisation extensive » 

Les toitures de végétalisation semi-intensive supportent une charge d'exploitation de 150 à 350 kg /m² et un substrat terreux moyen de 10 à 20 cm. L’aménagement pourra être plus important : hormis la strate muscinale, on pourra exploiter là une strate herbacée, c'est-à-dire des plantes vivaces comme le thym ou l'origan, mais aussi des iris, des œillets, de la gypsophile ainsi que certaines graminées . En surchargeant certaines parties du toit, à l'aplomb des points porteurs, on pourra envisager de planter des petits arbustes comme des pins nains. Mais dans ce cas, attention à bien prévoir un approvisionnement en eau suffisant !

Ce mode de végétalisation, plus intéressant en termes d'esthétique et de biodiversité, est un bon compromis qui peut être mis en œuvre dans la plupart des cas. Il conviendra de prévoir 4 à 8 interventions d’entretien par an en fonction du site et de l’usage. 

« Végétalisation semi intensive » 

Enfin, sur les toitures végétalisées intensives, la charge d'exploitation peut aller jusqu’à 400 kg, voire 2 tonnes. On parle de toitures jardin : elles offrent une grande liberté d'action. Avec une terre d'une épaisseur de 30 cm à 1m, il est même possible de planter des arbres ! Imaginez-vous un jardin placé au sixième étage d'un immeuble, dans lequel on peut se promener et sentir les fleurs, le tout au beau milieu d'une ville ! On oublie alors que, sous nos pieds, se trouvent des habitations ou des commerces.

L’entretien est conduit pratiquement de la même façon que pour celui d’un jardin situé en pleine terre, soit 8 à 10 interventions annuelles, voir plus si le jardin comporte des surfaces engazonnées. 

« Végétalisation intensive » 



En partenariat avec l’Unep – les entreprises du paysage. 
Sources : http://www.adivet.net/
Crédits Photos : Thierry Muller SAS