Jardiner sans pesticides : le naturel revient au galop !

Avoir recours à des pesticides pour entretenir son jardin est une pratique courante mais qui implique en réalité une grande altération de l’environnement. La loi fixe à 2022 l’interdiction totale d’utilisation des pesticides au jardin. Pour anticiper cette mesure et sauvegarder la biodiversité, de nombreuses alternatives naturelles et biologiques existent, nous évitant ainsi d’investir dans du désherbant industriel.

Les avantages à ne pas utiliser de pesticides

Cela permet déjà d’être plus serein car un jardin sans pesticides est un espace de vie sain. Dès lors, marcher pieds nus ou laisser gambader ses enfants dans l’herbe ne présentent plus de risque sanitaire. Ensuite quand nous traitons nos jardins aux pesticides, nous polluons nos rivières et nappes phréatiques et donc par extension l’eau que nous buvons ! Enfin il faut bien avoir en tête qu’un sol traité aux pesticides est un sol mort. Beaucoup d’insectes seront tués y compris ceux qui sont utiles au jardinier. Les végétaux seront également détériorés par l’agressivité des produits chimiques. Tout cela va bien évidemment nuire à la biodiversité et souvent à la beauté du jardin, ce qui n’était pas le but initial !

 

Comment éviter à un potager d’être touché par différentes maladies sans utiliser de pesticides chimiques ?

Il est important de se rendre compte qu’un bon sol porte des plantes saines. Si des plantes sont malades, il faut chercher la raison pour laquelle elles le sont et souvent c’est à cause d’un problème de sol.

Pour défendre son potager de certains insectes ou éviter certaines maladies, il existe différentes techniques. L’une d’elle consiste à associer une variété de plantes à certains légumes. La laitue se cultive idéalement avec la carotte, le cerfeuil, le fraisier et le radis. La tomate avec l’ail, l’asperge ou le persil. En revanche il est déconseillé d’associer des plantes de l’ail et de l’oignon avec des pois et des haricots. Pour repousser les nuisibles, les plantes aromatiques sont une bonne arme. La mélisse est utilisée contre les invasions de pucerons et le cerfeuil cultivé entre salades et fraisiers décourage les limaces. L’association de végétaux permet d’obtenir de très bons résultats à moindre coût.

 

L’astuce de grand-mère que j’aime aussi recommander est le purin d’ortie. 100 % naturelle, la mixture agit comme un très bon insecticide. Le savon noir permet d’éloigner les pucerons, tandis que la bouillie bordelaise (un fongicide à base de cuivre qui est quand même à utiliser avec précaution) permet de lutter efficacement contre les champignons.

 

S’il s’agit d’arbres fruitiers, vous pouvez recourir à des pièges à phéromones pour capturer les papillons dont les larves causent de réels dommages sur les fruits. Ces pièges sont encore une fois non toxiques.  

 

Est-ce plus rentable de miser sur le naturel ?

Le naturel coûte peu, tandis que les insecticides sont onéreux. De plus, les insecticides ne marchent pas à tous les coups. C’est surprenant mais il peut s’avérer plus rapide et efficace de désherber à la main ! Outre qu’ils sont nocifs pour les écosystèmes, les pesticides ne sont pas réellement efficaces. Souvent ils n’agissent pas plus vite.
 

Les gestes essentiels à effectuer pour s’assurer de la bonne santé des plantes

Il faut désherber à la main et bien nourrir son sol grâce à du compost et des engrais organiques. On peut également conseiller de pailler les pieds des plantes pour éviter l’évaporation de l’eau et limiter le développement des mauvaises herbes. Pour cela il suffit d’acheter un petit broyeur et d’utiliser brut les éléments organiques de notre choix : tontes de gazons, copeaux de bois, paille, etc. Une fois cette étape réalisée, on peut superposer cette mixture a du compost qu’on placera autour des plantations. Protégées et nourries, les plantes n’en seront que plus belles. Finalement avoir un jardin sain et entretenu requiert peu de temps.

 

Réaliser son compost soi-même

Préparer son compost soi-même présente le double avantage d’être écologique et économique. Pour réaliser un bon compost, il faut acquérir un composteur et y déposer ses déchets organiques comme les épluchures de légumes. Il est recommandé de ne pas y mettre trop d’os et de bien le grillager pour éviter d’attirer certains animaux. L’idéal consiste à avoir deux composteurs car le compost a besoin d’un an pour être utilisable au maximum de ses bénéfices. Il nécessite une période de repos. Ainsi en possédant deux composteurs on s’assure une rotation permettant d’avoir du compost tous les ans.

 

Lutter contre les ravageurs naturellement

Il existe un grand nombre de méthodes 100 % naturelles pour lutter contre les ravageurs. La cendre étalée aux pieds des plantations est très efficace pour repousser certains insectes. Contre les limaces friandes de salades, un peu de bière dans un récipient à proximité les attirera et les empêchera de s’attaquer à votre jardin. Une autre solution consiste à planter une variété de plante avec un effet répulsif sur une certaine espèce de ravageurs à côté d’une plantation que l’on souhaite protéger. Le souci va éloigner les vers des racines tandis que la menthe est une très bonne alliée contre la piéride du chou (un papillon parasite).

Enfin il faut éviter de planter là ou certaines espèces évoluent naturellement. Les escargots par exemple se sentent très bien près des murs, épargnez donc à vos salades un sort funeste en les plantant aux abords de murets.

Comment les éliminer les "mauvaises" herbes dans une allée sans utiliser de produits agressifs pour l’environnement ?

La méthode est simple : il faut désherber à la main ! Il existe encore peu de produits bio qui soient capable de tuer une plante. Pour éviter d’être envahie de mauvaises herbes dans son allée il faut dès le départ bien la concevoir. Il est conseillé de faire appel à un professionnel qui saura mettre en œuvre une allée imaginée pour éviter la prolifération de mauvaises herbes, en y appliquant une sous couche de géotextile situé sous le gravier, qui empêchera la pousse par exemple.

En partenariat avec l’Unep – les entreprises du paysage.

Images © Violette Egon Paysage et Maintenance