Un point d’eau dans le jardin : comment l’intégrer ?

Qu’il soit sous forme d’une charmante fontaine ou d’un bassin d’agrément, le point d’eau doit s’intégrer pleinement au paysage. Pour qu’il prenne toute son ampleur, voici quelques conseils pratiques du paysagiste Xavier Poillot.

Comment remplir son bassin ?
On peut attendre qu’il se remplisse avec de l’eau de pluie, mais le remplir avec l’eau de la ville est un gain de temps. Pour planter les végétaux il est préférable d’attendre entre 10 et 15 jours, on peut ensuite introduire la faune si on le souhaite sous un délai de 1 à 2 mois après le remplissage.


Quelles sont les plantes à favoriser pour rendre son point d’eau vivant ? Et la faune, quels poissons ou batraciens privilégier ?

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la présence de plantes dans un bassin est nécessaire pour garder l’eau propre, c’est ce qu’on appelle la "phyto-épuration". On va donc chercher à favoriser la croissance des racines. Après avoir tapissé le fond de son point d’eau avec de la roche type Pouzzolane et attendu le délai d’un mois,  on peut implanter des papyrus du Nil (Cyperus Papyrus), de la prêle (Equisetum Hyemale) qui est également un excellent choix pour un point d’eau, car elle allie un aspect graphique avec une bonne résistance aux températures. Pour les fleurs, on peut intégrer des iris et des nénuphars qui restent des classiques et qui séduisent par leurs nombreuses variétés. Pour apporter une touche d’originalité, on peut utiliser des salicaires (Lythrum Salicaria) et des renoncules (Ranunculus Ligua), cette dernière possédant des capacités filtrantes avérées.

Il est également judicieux d’ensemencer le nouveau point d’eau avec des bactéries bénéfiques pour la clarté de l’eau.

Pour ce qui est de la faune, les poissons rouges sont les plus communs aux points d’eau, mais l’on peut également implanter des carpes koï si le point d’eau est assez conséquent (5 m³ minimum). Les batraciens quant à eux viendront tous seuls, mais ils sont bien souvent synonymes de nuisances sonores ! Ne cherchez donc pas à les implanter de vous-même. Attention aussi à la surpopulation, il est nécessaire d’aménager son point d’eau avec parcimonie et de s’adapter à la forme du point d’eau pour le choix de ses habitants.

Un point d’eau constitue-t-il vraiment un atout écologique ? Permet-il d’améliorer la biodiversité du jardin ?

Écologiquement parlant, un point d’eau est un miroir de vie. Les poissons implantés seront bientôt rejoints par les tritons, et les oiseaux viendront s’abreuver dans le jardin et se nourrir aux abords du bassin. C’est un écosystème indépendant qui permet d’observer l’évolution de la nature au fil des saisons et de favoriser la biodiversité du jardin.

Comment peut-on réellement allier design et geste écologique pour son point d’eau ?

Le travail du végétal allie design et écologie. Installer un bassin permet d’aller chercher un bout de nature et de l’introduire tout près de soi, dans son jardin. Bien entendu, on doit allier la structure du point d’eau et la façon dont il est aménagé pour le rendre design et attractif. Au-delà des éléments de décors que l’on peut intégrer à son point d’eau pour jouer sur l’effet « design », on peut aussi jouer sur différents arrangements lumineux.  

Quel entretien nécessite un point d’eau ?

Bien conçu, un point d’eau n’aura pas besoin de beaucoup d’attention. L’entretien minimum consiste à réaliser une fois par mois une action épuratrice et de surveillance de l’isolant. Une fois le point d’eau habité, seul le contrôle des outils de traitements de l’eau est nécessaire.

Xavier Poillot, paysagiste en région Bourguignonne : Bourgogne Création Paysage

En partenariat avec l’Unep – les entreprises du paysage.

Images © B.C.P