Jeu de lumières au jardin

Au jardin, on trouve du vert, mais pas seulement ! Avec l’arrivée des nouvelles technologies d’éclairage par LED, on peut désormais recréer chez soi, sans danger et à moindre frais, une ambiance cosy pour son jardin de jour comme de nuit ! Pour en savoir plus sur le sujet, j'ai donné la parole à Christophe Verducci, entrepreneur du paysage spécialiste de l’éclairage.

 
Olivier Bedouelle : Eclairer son jardin, oui mais dans quel but ?

Christophe Verducci : Illuminer son jardin pour en profiter de jour comme de nuit est une option de moins en moins coûteuse et qui tend à se démocratiser. Il y a deux façons de l’envisager.

La première raison est utilitaire : un jardin plongé dans le noir invite plus aux cauchemars qu’à la rêverie ! Pour pouvoir circuler facilement dans son jardin et profiter de l’intégralité de l’espace, y compris dans la pénombre, il est nécessaire de bien penser les espaces à éclairer et de réfléchir à l’installation d’un système pratique pour une utilisation quotidienne. De façon générale, l’éclairage apporte plus de sécurité à un jardin, surtout lorsque l’on a des enfants en bas âge.

Vient ensuite l’esthétique. L’éclairage permet de renforcer la convivialité qu’offre un jardin, de prolonger le plaisir d’être dehors ou de contempler son jardin depuis la fenêtre en hiver. L’éclairage vient créer contraste et volume : de même que l’on peut créer une infinité d’ambiances dans son intérieur grâce à des lumières savamment agencées, maîtriser l’éclairage au jardin permettra de le mettre en scène. Le but n’est pas de recréer la lumière du jour, mais plutôt de changer la façon dont on perçoit l’espace en créant une succession de plans pour des ambiances nocturnes attrayantes.

Enfin, une mise en valeur par la lumière des espaces de verdure permet de créer une pièce à vivre supplémentaire. C’est ainsi que je conçois mes jardins, comme de véritables prolongements de la maison et dès que la nuit tombe, le jardin change totalement de visage...


O. B. : Quels sont vos conseils pour organiser un éclairage de jardin "façon pro" ?

C. V. : Tout d’abord il faut garder à l’esprit LA règle d'or en la matière : mieux vaut moins que trop ! Pour réussir un éclairage, il ne faut ni trop ni tout éclairer. Au contraire on choisira soigneusement les points à mettre en valeur : un puits ancien sur lequel court du lierre, un arbre séculaire, une sculpture, un point d’eau… Comme dans un théâtre, l’œil va naviguer d’un centre d’intérêt à l’autre.

Il y a tout de même quelques passages obligés – notamment pour des questions de sécurité : les bords de terrasse, les ruptures de niveaux (marches, talus…) et les zones de circulation comme les allées par exemple.

On choisira aussi scrupuleusement l’intensité de l’éclairage : du blanc froid au doré chaleureux et intimiste, en passant par des lampes de couleurs. On optera ainsi pour une puissance faible près de la maison, pour ne pas éblouir, et un éclairage plus fort au fond du jardin pour créer de la profondeur.

Autre astuce, on peut tirer parti du fait que l’éclairage soit adaptable et très facile d’utilisation : avec un smartphone, on peut maintenant choisir d’illuminer très facilement à distance et de "piloter" son jardin. Les LED multicolores sont aussi de plus en plus répandues ce qui permet de varier très facilement les tons en fonction de son humeur. On peut aussi changer de centre d’intérêt au fil de l’année : un érable rouge à l’automne puis un cognassier du japon en fleur au printemps.


O. B. : Y a-t-il des plantes à mettre en avant en priorité ?

C. V. : L’idée est de créer un véritable tableau vivant en illuminant plus qu’en éclairant. En travaillant de bas en haut, à l’inverse de la lumière du jour, on renverse notre perception du jardin. Ainsi, pour créer des profondeurs de champs différentes, on va jouer sur les ombres portées, en plaçant un spot près des plantes les plus "graphiques" comme un yucca, ou un dasilyrion. On peut aussi choisir des plantes graciles comme les graminées, pour créer une ombre chinoise sur un mur, qui bougera avec le vent.


O. B. : Quel type de lampe choisir pour quel espace du jardin ?

C. V. : Il existe aujourd’hui une multitude d’options pour éclairer son jardin entre lesquelles il est parfois difficile de se retrouver. Voici quelques astuces générales que je conseille à mes clients lorsqu’ils réfléchissent à leur projet d’éclairage :

  • L'applique murale est un équipement classique mais efficace, avec une simple ampoule à incandescence.
  • La borne permet d'éclairer une allée ou le chemin d'accès au garage par exemple. Elle est aussi recommandée pour mettre en valeur un point précis du jardin : massif, arbuste, fontaine.
  • Le spot, il est soit « orientable », pour assurer un éclairage ciblé, soit « encastrable » pour se fondre totalement dans le jardin. Vous pouvez jouer sur ses effets : le placer au sol pour éclairer la terrasse de façon rasante, le disposer dans un massif pour avoir une lumière douce, l'installer en bas d'un escalier pour éclairer les marches…
  • La lanterne vous séduira si vous souhaitez créer une ambiance chaleureuse et rustique. On la place par exemple à proximité de la table, lors des dîners en extérieur.

O. B. : Une installation électrique dans un jardin, est-ce risqué ?

C. V. : Non si cette dernière est installée en respectant les règles de sécurité. Pour ce faire, l’appel à un professionnel entrepreneur du paysage est donc fortement recommandé. Le matériel LED qui est aujourd’hui disponible, fonctionne à très basse tension (12v). Il dégage très peu de chaleur et ne risque pas de brûler lorsqu’il est posé au sol.

O. B. : Quelles sont les contraintes principales concernant l’installation et l’entretien du système d’éclairage ?

C. V. : L’idéal est de réfléchir à l’éclairage au moment de la conception du jardin. Si l’on ne souhaite pas réaliser tout l’éclairage au moment de sa création, je recommande à minima de préparer le terrain en posant les câbles principaux. Ils permettront un raccordement facile, sans avoir besoin de réaliser des tranchées supplémentaires pour ajouter les différents points lumineux. Prévoir un espace libre sur le tableau électrique de la maison peut aussi s’avérer judicieux. Vous pouvez, par exemple, laisser des disjoncteurs en prévision des futurs raccordements avec le jardin. A défaut, un local technique, comme celui d’une piscine pourra servir de raccordement.


Au niveau de l’entretien, il est minimal. Si l’étanchéité du système a été parfaitement assurée au moment de la pose par le professionnel, il n’y presque rien à faire hormis changer une ampoule de temps en temps ! Il faut savoir qu’une lampe LED garantit 20 000 heures de luminosité sans soucis ce qui laisse le temps d’en profiter.

Christophe Verducci, entrepreneur du paysage près de Montpellier : http://www.anglevert.com/

En partenariat avec l'Unep - les entreprises du paysage

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