Connaître son jardin

Savoir observer et comprendre son jardin avant de planter, tailler et/ou entretenir.

Planter et entretenir un jardin, c'est d'abord le comprendre. On ne plante pas les mêmes espèces à Nice ou à Strasbourg, à Nîmes ou à Brest, à La Rochelle ou à Annecy. A chaque région son climat, sa terre et sa végétation légitime. Vouloir contrarier la nature en créant par exemple un jardin méditerranéen en zone froide et humide risque de coûter très cher et de causer pas mal de déconvenues.

Trois cas de figure se présentent habituellement :

  • vous faites construire sur un terrain nu, vierge de végétaux ; 
  • vous acquérez un bien qui possède déjà un jardin ;
  • le bâti est implanté sur un terrain sur lequel ont été préservés quelques grands arbres, haies de bordure et/ou bosquets.

Dans tous les cas, il faut en premier lieu s'assurer de l'exposition de la/des parcelle(s) au soleil mais aussi aux vents, certains végétaux supportant mal les bourrasques, le vent froid du nord ou les alizés trop chauds qui risquent de griller les feuillages.

Ensuite, il faut examiner de près les substrats présents (c'est-à-dire la composition de la terre) afin de savoir quelles espèces planter, quitte à analyser l'acidité de la terre, soit le PH, avec un kit en vente en jardineries ou grandes surfaces. On ne plante pas des azalées ou des fougères dans une terre caillouteuse, calcaire et sèche, la remarque est aussi valable pour le potager ou les arbres fruitiers. Bien entendu, il reste toujours possible de faire des fosses de terreau spécifique mais cette opération a un coût et complique les plantations et l'entretien, alors que planter des espèces naturellement adaptées au substrat présent est non seulement économique mais garantit une bonne reprise et croissance des plants.  

Enfin, il faut observer la teneur en eau présente naturellement dans le sol, les éventuelles zones très humides, celles à l'inverse sèches, repérer les surfaces où l'eau stagne, celles où les eaux de ruissellement peuvent raviner, identifier les sources s'il y en a.

Le relief du terrain (plat, pentes, creux, saillies) ainsi que les structures alentours (murs, haies voisines, routes, voies ferrées, champs plantés de céréales ou accueillant des animaux, usines...) sont des éléments à bien prendre en compte pour comprendre les effets des vents, celui du drainage des eaux, l'impact d'ombres crées par des bâtis extérieurs ainsi que l'éventuelle pollution causée par les flux routiers, des usines, certaines exploitations agricoles ou industrielles. 

Si le terrain est déjà planté, il est nécessaire d'identifier les espèces afin de comprendre celles qui se plaisent, celles qui à l'inverse végètent ou souffrent : arbres plantés trop serrés, feuillages abîmés, parasites, maladies, branchages asymétriques... Dans les deux cas, il est important d'en identifier les raisons, soit pour conserver des végétaux en place, soit pour les déplacer, les supprimer ou les traiter, soit encore pour compléter une haie ou un bosquet.

Avant de planter quelque espèce que ce soit, tailler ou supprimer un arbre, n'hésitez pas à dessiner un plan sur lequel vous aurez indiqué les points cardinaux, les vents principaux, les zones sèches ou humides, les arbres déjà en place, les éléments extérieurs susceptibles d'impacter la végétation. Ensuite, prenez le temps d'observer si des espèces de faunes sauvages y vivent ou y nichent et tentez de les identifier si elles ne vous sont pas familières.