Arrosage du potager : rien que de l’eau, de l’eau de pluie, de l’eau de là-haut...

Un titre, histoire d’avoir une chanson dans la tête pour la journée (il n’y a pas de raison, je partage), des conseils pour gérer au quotidien l’arrosage, des idées pour ne pas vendre la moitié de son anatomie pour faire boire ses jolis légumes... Bref, une chronique bien arrosée, mais avec modération bien entendu !

Voici un mois d’avril bien humide par rapport à l'année précédente (en 2011, plus de 20°C en moyenne avec un temps d’ensoleillement incroyable) et c’est la raison pour laquelle j’ai pris le parti cette semaine de vous parler eau et gestion de cette ressource qui nous est primordiale à nous jardiniers et donc très précieuse.

1. Je fais des réserves :

Postulat de départ : utiliser l’eau qui tombe si généreusement du ciel et donc, avant tout, la récupérer et la stocker. Tout le monde a, au minimum, un petit toit dans son potager avec sa petite gouttière. Donc, plutôt que de remplir bêtement les égouts du coin, une petite dérivation sur le tuyau d’écoulement et hop, dans un contenant récupéré. On peut utiliser un de ses fameux tonneaux bleus (que j’adore) et qui fourmillent dans nos jardins ou (si, comme chez moi, la surface est assez importante), dans des récupérateurs eux-même récupérés dans une ancienne fabrique d’engrais (eh oui, le jardinier gratte où il peut et est toujours sur les bons plans). Bref, peu importe le flacon pourvu qu’on ait le précieux liquide et en quantité suffisante pour hydrater nos cultures.

2. Je ne fais pas n'importe quoi avec :

Ce serait vraiment ballot, à présent que vous avez trouvé la technique qui  vous permettra, avec vos économies faites sur votre facture d’eau, de partir trois mois aux Seychelles dans un hôtel 5 étoiles (au moins !), d’arroser à qui mieux mieux sans raison aucune.

3. Alors, comment fait-on ?

Pour commencer, on n'arrose pas comme des dingues les jeunes semis, contrairement à ce que l’on nous rabâche constamment... Ces petites bêtes-là vont devenir accros à la flotte (Mon Dieu, vont dire certains, quelle horreur !) et donc en demander toujours plus. Il vaut mieux arroser le sillon avant de semer : creusez le sillon, d'une profondeur adaptée au semis, passez un bon coup d’arrosoir au fond, semez, arrosez d'une toute petite pluie fine lorsque le sillon est refermé et tassé et hop, vous êtes tranquille pour un moment et la germination sera accélérée, vous verrez.

Même combat pour les plants : trou de plantation, arrosage au fond, plantage, tassage et petit arrosage léger. Vous verrez, ils vous en seront reconnaissants et ne s’installeront que mieux !

D’ailleurs, en passant, concernant vos plants potagers, ou vos arbustes achetés ou élevés en contenants, pensez toujours à faire une cuvette à leur pied afin de diriger l’eau directement sur les racines et ne pas la disséminer à droite à gauche pour qu’elle profite aux adventices.

Un autre truc pour nos amis potagistes : laissez les légumes racines aller puiser l’eau tranquillement en profondeur, ils n’en seront que plus longs (pour les carottes), plus ronds (pour les betteraves), plus dodus (pour les tomates), etc. Pourquoi ? Eh bien, si vous les arrosez trop souvent, leurs racines ne se développeront qu’en surface et deviendront addict à vos copieux arrosages. Laissez-les se débrouiller seuls un moment, les racines vont se développer en profondeur, là où l’eau à tendance à se cacher. Un bon paillage après la plantation ou le semis et hop, vous êtes tranquille pour un moment. De plus, en faisant comme ça, vos carottes seront moins fourchues. Mais bon, c’est joli aussi, une carotte fourchue.

Une petite liste des légumes concernés : carottes, haricots, pois, betteraves mais aussi les rosiers et la plupart des arbustes.

Puisqu’on en est au paillage :

Qui ne connaît pas le dicton "Un bon binage vaut deux arrosages" ? Eh bien moi, je dis qu’un bon paillage vaut cinq binages. A vous de faire le calcul.

Plus efficace contre l’évaporation et la croûte imperméabilisante qui se forme après moult pluies et arrosages, cette technique freine également l’apparition des herbes non invitées dans nos carrés de culture. Et là aussi récup', récup' : déchets végétaux essentiellement (je bats la campagne à la recherche des tailleurs fous de haies…), tonte de pelouse (séchées deux jours au soleil), feuilles mortes conservées (rappelez-vous, ne rien jeter), brindilles broyées, etc. Et si vous n’avez pas l’âme récupératrice, de la paille ou du paillis acheté dans le commerce.

Et pour les amateurs de gazon (je n'en suis pas car trop besoin d'espace pour m'exprimer sans avoir à le perdre en pelouse inutile) :

Trop souvent le gazon ou la pelouse sont rasés de bien trop près. Testez une coupe 6 ou 8 cm, pas trop dégagée derrière les oreilles donc, et vous verrez que votre herbe s’en portera divinement bien. L’évaporation sera moins importante (couverture du sol par l’herbe) et la résistance à la sécheresse vraiment accentuée.

Bon, je ne vais pas m’étendre plus longtemps et si vous en voulez toujours plus, n’hésitez pas à me poser vos questions, j’y répondrai avec une joie non dissimulée.

D’ici là, prenez soin de vous, semez, plantez, entretenez, récupérez, dormez bien, mangez sain et embrassez qui vous voulez.

Et aussi : dossier spécial Potager et fruits

Images © Gérard Delcuze