Comment optimiser l’espace de son potager ?

Parce que nous en voulons toujours plus, que nous n’en n’avons jamais assez et que nous ne sommes pas tous de riches propriétaires de terres à perte de vue, le gain de place est notre crédo, surtout en cas de potager urbain ou de micro-parcelles. Comment gagner de la place et optimiser ses cultures, même en semant copieusement ? G le jardinier vous dit tout (ou presque… pas loin… Enfin tout ce qu’il sait quoi !)

    

Trois grands principes pour cette chronique (attention c'est technique, et je ne veux pas en voir un seul qui s’endort !) : la culture dérobée avant, la culture dérobée après (logique) et l’étalement des semis (ou des plantations, suivant votre choix).

 

Avant

Deux grands objectifs : augmentation de la productivité et diminution des mauvaises herbes (merci pour notre dos). 

Pour faire simple, on plante un légume à croissance TGV (carotte, radis, laitue) entre des rangs de légumes à croissance escargot (pomme de terre, choux, pois par exemple), ceux-ci étant la culture principale (tout le monde suit ?). Voici donc le principe de la culture dérobée (waoowww !). 

La récolte des légumes rapides se fera avant que la culture principale n’est atteint son plein développement en couvrant et ombrageant le sol. Comme vous l’aurez compris (si j’ai été assez clair...) : augmentation de la productivité puisqu'on a deux ou trois récoltes de légumes différents sur un seul carré donc aucun espace ne reste inutilisé. De plus, double effet : réduction de la croissance des mauvaises herbes car le sol est couvert en permanence par une canopée (j’adore ce mot) de feuillage.

Une petite variation pour l’hiver consiste à utiliser les engrais verts associés à un légume. L’engrais vert sert de couverture au sol (la nature, et surtout, la micro-faune de la terre déteste la terre à nu comme on le pratique souvent). Il stabilise le sol et en maintenant la température. Un exemple : un engrais vert genre légumineuse (je vous parlerai des engrais verts dans un autre papier) sera parfait avec vos choux de Bruxelles en fournissant une bonne dose d’azote bien utile pendant tout le reste de la saison de pousse. Et derrière, hop hop hop, petit coup de fouet pour les cultures précoces de printemps. Tout bénef' !

Après

Ici, il s’agit de faire le relais entre deux semis de cultures principales. C'est toujours le même systéme de légumes à croissance rapide (radis, laitue) qui sont semés sur un carré venant d’être récolté, ou qui se sent un peu seul entre deux cultures. Bon là c’est sûr, c’est un peu technique et il faut bien connaître le temps que met chaque légume à arriver à l’âge adulte car on risque quand même de s’emmêler les pinceaux, mais heureusement, G le jardinier est là (Tadaaam !) pour vous faire un petit récap' en fin de chronique.

Pendant

L’étalement des semis permet de profiter pleinement et longtemps de votre ou vos légumes préférés, et ce, pendant toute la saison. Rien ne sert de semer massivement et de ne plus savoir que faire de votre récolte. Un petit calendrier judicieux de semis successifs (toutes les semaines par exemple) de betteraves (la chiogga pour moi), de navets (boules d’or, très jolis), de roquette, de rutabaga, vous fera profiter longtemps de vos récoltes (et c’est le pompon si vous commencez maintenant sous abris, gare aux gelées !). Si vraiment votre  potager est microscopique, vous pouvez utiliser cette méthode sur des demi-rangs à chaque séance de semis et hop, fini les récoltes uniques trop abondantes.

Autre gain de place auquel on ne pense pas souvent et qui, pourtant, est aussi pratique qu’esthétique : la culture des bordures.

Si vous avez des ambitions de potager à la française avec ses carrés bien délimités, hors de question de vous ruiner en buis qui pousseront, certes drus, mais surtout de manière très lente. Utilisez des herbes aromatiques vivaces qui se développent peu en hauteur : ciboulette, thym d’hiver et origan souligneront joliment le magnifique dessin de votre jardin et vous fourniront des matières pour aromatiser vos petits plats.

Une autre astuce que l’on oublie aussi, n’hésitez pas à multiplier les supports pour les courges que l’on cantonne souvent à ramper péniblement sur le sol. Des fers à béton par exemple, des tipis de bambou,une clôture, une tonnelle inutilisée feront de parfaits supports à une culture spectaculaire. Pensez aussi aux haricots de Soissons, ceux à rames, aux petits pois, aux haricots d’Espagne : autant de légumes qui se hisseront tous seuls comme des grands, qui mettront de la hauteur à votre jardinet et qui épateront vos voisins.

Chose promise, chose due un petit récapitulatif bien pratique avant de vous quitter (snif) :

Légumes TGV pour avant/après : Carottes (9 à 20 semaines), Chicorée frisée (7 à 13 semaines), Ciboule (8 à 10 semaine), Epinards (5 à 10 semaines), Laitue (4 à 14 semaines), Radis (18 jours à 8 semaines), Roquette (3 à 5 semaines)

Et pour les semis successifs :

Collection printemps/été : Betterave, blette, brocoli, carotte, ciboule, pois (toute l’année), rutabaga, épinards.

Collection hiver/printemps(voire été) : Panais, chou-rave (été), navets, panais, laitue (été)…

Alors jardiniers et jardinières de France, à vos graines, à vos binettes, à vos râteaux. Préparez, ratissez, semez... Faites de votre jardin le plus bel endroit du monde. Je compte sur vous (Non, je ne me présente pas aux élections...).

 

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