L'hibou niche haut, la pie niche bas. Où l’hibou niche ? A dire très vite…

Qui accueillir au jardin (mis à part ses amis pour un barbecue) ? Comment les accueillir (bienvenue, welcome, degemer mad, etc.) ? Comment les faire rester ? Comment les faire cohabiter ? Donc tout ce qu’il faut savoir sur les petits occupants du jardin sans que vous ne l’ayez demandé (ça vous apprendra à suivre assidûment cette chronique !).

Quand on parle biodiversité et que l’on frime un peu avec son jardin naturel (si,si, je vous ai bien repéré), il faut bien sûr assurer le couvert (c’est que ça mange tout ce petit monde) mais aussi le gîte à tous nos petits visiteurs : oiseaux, papillons, hérissons, pollinisateurs...

La quasi totalité du jardin peut accueillir la vie animale sauvage, à condition de respecter certaines règles en matière de formes d’abris et de placer ceux-ci dans des endroits calmes et peu fréquentés (à part vous bien sûr mais comme vous vous déplacez tel la brise du matin dans votre jardin, vous ne posez donc aucun problème).

Un peu de théorie et de bon sens. Dans la nature, évidemment, chacun trouve sa place et son chez soi. Ainsi, arbres et arbustes persistants offrent un abri contre les intempéries et les prédateurs. Les arbres caducs sont très pratiques l’été pour nicher et s’abriter. Enfin, un vieil arbre mort est un parfait HLM pour les hiboux ou les pics-verts.

Ce que je vous explique là, et vous l’aurez compris, c’est qu’il s’agit comme d’habitude, et c’est un leitmotiv en matière de jardinage, d’observer le milieu sauvage et de s’en inspirer en faisant preuve (je ne le dirai jamais assez) de créativité.

Une belle pile de rondins (ramassée sur le bord de la route, mais chut...) judicieusement installée dans un endroit ombragé du jardin deviendra vite le garde-manger et le home sweet home d’une large gamme d’organismes et d’insectes qui deviendront eux-mêmes, ô vie cruelle, la nourriture préférée d’autres animaux. Donc voilà à peu de frais un toit fort apprécié pour les grenouilles (si vous avez un point d’eau à proximité), les hérissons trop mignons et autres espèces qui y trouveront refuge pour élever leur petite famille.

L’éco-responsabilité en matière de jardin n’est pas aussi répandue que ce que vous pensez, même à la campagne (nous en parlerons ultérieurement). C'est ainsi que je vois autour de moi des "jardiniers" (notez les guillemets) qui nettoient leur jardin, tels les femmes de ménage de la nature, afin d’offrir un spectacle assez désolé pendant l’hiver. Non, non et encore non ! Contentez-vous d’éliminer les débris végétaux atteints de maladie et de repousser le nettoyage au début du printemps : les animaux seront plus nombreux et bien plus heureux de passer l’hiver dans votre jardin.

Qui attirer alors ? Comment et pourquoi ?

Commençons par les oiseaux qui sont extrêmement facile à attirer car très gourmands. En revanche, pour qu’ils aient envie de venir en faire leur résidence principale, évitez de tailler vos arbustes trop courts et trop fréquemment, ce qui a pour conséquence de densifier leur végétation et dissuade donc les oiseaux de venir y nicher. Plantez bien sûr de préférence des espèces indigènes (avec des baies, ce serait le pompon !).

Nos amis les papillons doivent aussi s’abriter des intempéries et trouver un hôtel pour la nuit, sur le feuillage d’un arbuste ou sur l’herbe haute, d’où l’importance de laisser une partie de son terrain en prairie naturelle, fauchée avec parcimonie (avec qui ?). Un truc pratique pour ces petites merveilles volantes : faites une pile de rondins en long et en travers, d’1,50 mètre de haut sur 2 mètres de long pour créer le plus d’espace possible. Ils pourront se poser et même hiberner.

Le tout mignon hérisson se contentera d’une planche posée en biais sur un mur sous laquelle vous aurez entassé des feuilles sèches : et hop, un nid tout douillet pour la famille Quipique ! Vous pouvez aussi leur aménager une petite place dans le vieux tas de compost qui traîne au fond du jardin (oui, là, regardez bien) pour qu’ils puissent hiberner tranquillement.

Les bourdons, utiles comme pollinisateurs, iront passer l’hiver dans des petits pots de terre remplis de mousses ou de papier finement déchiré que vous enterrez à l’envers en laissant un espace pour qu’ils puissent entrer et sortir. N’oubliez pas de protéger le trou du pot de la pluie sous peine de bourdons humides...

Comme d’habitude, si vous voulez en savoir encore plus, n’hésitez pas à me solliciter sur ce sujet, j’en connais un sacré rayon (en toute modestie, bien entendu).

D’ici là, pensez vert, plantez, pensez à vous, croquez la vie à pleine dents, profitez de chaque moment au jardin, ouvrez-le aux visiteurs inattendus et surtout riez un peu ou même beaucoup chaque jour ! Et une petite photo pour vous prouver que, oui, ça marche dans des boîtes de conserve.

Images © Gérard Delcuze