Comment embellir son jardin potager utilement

"Sauver les hommes avec des géraniums," chantait Laurent Voulzy. Je vous propose cette fois de protéger, aider, nourrir et embellir votre potager avec des fleurs et des associations de plantes parfois surprenantes.

Les plantes sont nos amies (ça, nous le savions déjà) mais savez-vous qu’elles sont aussi amies entre elles (et parfois ennemies comme nous allons le constater ultérieurement). Non, vous n’êtes pas dans un nouvel épisode des Bisounours où « tout le monde il est beau, il est gentil » mais bel et bien les deux pieds dans vos bottes (ou vos escarpins, c’est comme vous voulez, mais surtout pas dans le même sabot) au milieu du potager à vous demander comment bouter hors de vos cultures les vilains pucerons (beurk), les sales mouches blanches (pouah), l’ignoble taupe (bouh, bouh !). Voici donc pour vous en exclusivité mondiale les conseils du jardinier éco-responsable que je suis qui refuse d’utiliser le moindre produit chimique sur ses plantes chéries.

Commençons par les avantages d’associer les plantes amies au jardin bio :

  1. Elles attirent les insectes bénéfiques pour vos cultures : par exemple, l’achillée attire les gentils bombyles (qui font partie du bon camp). Ces charmantes petites bêtes pondent leurs œufs autour de ces plantes, ceux-ci en se développant deviennent des larves très gloutonnes qui boulottent les pucerons adultes qui vous gênent tant. Le tour est joué.
  2. Elles créent évidemment un jardin coloré et harmonieux : rien de tel que de mélanger fleurs et légumes sur un même carré. Me concernant, j’aime créer des petites bordures fleuries qui mettent en valeur le carré cultivé et contrastent avec la couleur des légumes.
  3. L’odeur de certaines variétés de plantes peut repousser les insectes nuisibles : l’œillet d’Inde est bien connu pour protéger les tomates des ravageurs grâce à son parfum loin d’être enivrant.
  4. Le mélange de variétés peut mettre la confusion et empêcher les ravageurs de détecter leurs plantes hôtes : en association, les tomates et les choux font une équipe formidable pour repousser les chenilles.

Vous l’aurez compris, il faut essayer, faire sa propre expérience de la chose mais voici quelques associations testées par moi-même et qui ont donné de bons résultats (demandez à mes clients, vous verrez) :

  • La betterave sera ravie de côtoyer l’oignon, le chou rave, les haricots nains.
  • Les haricots verts seront ravis d’être semés immédiatement derrière les petits pois (question d’azote dans la terre, c’est compliqué et assommant à expliquer).
  • La pomme de terre sera comblée (la chanceuse) près des pois, des haricots, des choux, du maïs, du radis noir (et j’en passe).
  • Les tomates sont quasi au nirvana avec des voisins comme le basilic (comme dans l’assiette, oui), le persil, les carottes, l’ail.

Si vous en voulez encore, n’hésitez pas à me solliciter, j’arrête là car j’en vois là-bas au fond qui ont la paupière lourde et ont tendance à s’assoupir.

Une dernière petite indication : évitez, sous peine de cultures maigrelettes, les associations suivantes :

  • Asperge et oignon ou pomme de terre : ça ne marche pas du tout.
  • Pomme de terre et tomate (même ravageur, même maladie) : au secours !
  • Carotte et aneth : l’un prend le goût de l’autre et inversement. Ce n’est pas bon du tout (vous connaissez des plats où l’on mélange les deux ?).
  • Pois et oignon ou ail ou échalote : pas bien, pas bien.

Allez, je vous laisse tranquille pour cette fois et d’ici la prochaine chronique, riez aux éclats, occupez-vous les uns des autres, rêvez dans votre potager, tenez-vous droits, respirez à pleins poumons, levez-vous du bon pied et jardinez joyeux.

Et aussi : dossier spécial Potager et verger

Images © Gérard Delcuze

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