Interview
08/01/2006
"Mes robes ont toutes leur personnalité"
Vous avez été élevée dans une famille de couture. Comment cette expérience a-t-elle influencé votre parcours ? J'ai toujours observé ma tante (qui était couturière, ndlr). Elle prenait un tel plaisir à la réalisation de ses créations que j'ai décidé de l'imiter... à tout juste 10 ans. Je confectionnais des vêtements pour mes poupées et un peu plus tard, pour mes copines. Très vite, les "organisations" de fêtes pour nos anniversaires se sont transformées en "réunions de style". Une vraie partie de plaisir ! J'ai adoré, à cette époque, leur tricoter des écharpes car la laine a toujours été pour moi synonyme de douceur, un festival de couleurs. Vous avez étudié l'économie plutôt que le stylisme. Pourquoi? Quel impact a eu ce cursus ?
Bien que passionnée par la mode, je n'étais au départ pas certaine de vouloir m'orienter vers des études de style. J'étais curieuse de nature, passionnée par l'actualité et émerveillée par Paris. J'ai donc décidé de me diriger vers la gestion et l'économie. Les puces, où je travaillais le week end, m'ont permis de garder un oeil attentif sur la mode, sur les tendances. Ces années d'études à la Sorbonne m'ont appris à analyser les marchés et à être une bonne gestionnaire. Elles ont donc été plus que bénéfiques pour moi. Quant au fait de ne pas avoir fait d'école de mode, cela présente à mes yeux un réel avantage car je n'ai jamais été formatée. Je réalise ainsi des vêtements féminins et fonctionnels car les femmes sont actives aujourd'hui : elles ont besoin d'être élégantes et sensuelles, tout en ayant un certain confort. D'où vous est venu le nom de votre enseigne, "Les Petites..." ? J'ai décidé de revenir à mes premières amours en 1992. Pourquoi Les Petites ? Car nous sommes toutes, comme moi, la "petite" de notre famille ou d'un groupe, une jeune femme sortie de l'adolescence, qui entre dans la vie active ou tout simplement dans sa vie de femme, avec une part d'insouciance. Votre univers est très féminin, notamment centré sur les robes ? Pourquoi ? Mes deux mots d'ordre sont la féminité et les couleurs. Les robes comme les pulls sont des pièces essentielles de nos garde-robes, on les affectionne particulièrement. C'est pourquoi, les mohairs et les cachemires ont ma préférence pour la maille. Quant aux robes, elles symbolisent pour moi le glamour. En coton, en soie, en velours dévoré : elles ont chacune leur personnalité. Mon plus grand plaisir est de rendre la femme "Les Petites..." belle avec mes créations.
Quelles sont vos sources d'inspiration ? Aujourd'hui, je puise mon inspiration en observant les femmes dans la rue et le monde qui m'entoure (l'actualité, les expositions). Mais il y a aussi le dessin ; c'est une autre facette de ma personnalité. Vous avez récemment créé votre ligne pour enfants, "Les petites... filles". Comment est né ce projet ? Tout simplement en voyant mes deux filles emprunter mes vêtements dans mon armoire. Je me suis dit : "pourquoi pas elles" ? J'ai aussi remarqué qu'il y avait un réel manque sur le marché de l'enfant. Les ouvertures de boutiques se succèdent. Pour vous, qu'est-ce qui a changé avec le succès ? Le succès est agréable certes, mais il ne change rien à ma façon de travailler. J'ai toujours aussi mal au ventre à la présentation de mes collections, comme à la première ! Aujourd'hui, quels sont vos projets ? Mes projets ? Vous faire plaisir !
Les points de vente "Les Petites..." Liste des boutiques au 01 40 26 27 26. Les modèles d'Isabelle Bénichou sont également disponibles au Printemps, au Bon Marché et aux Galeries Lafayette.
Véronique Deiller, Journal des Femmes
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