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Quelles sont les situations qui génèrent le plus de conflit entre frères et soeurs ?
La majorité des rivalités dans la fratrie ont pour cause, et pour conséquence d'ailleurs, d'attirer l'attention des parents et ceci à tous les âges. Tous les prétextes sont bons ! Petits, les enfants se disputent plutôt sur des points d'ordre matériel : jouets, nourriture, programme télé... Quand le dernier gagne en autonomie, le plus grand se sent "menacé" dans son territoire. Quand les parents offrent un cadeau à l'un, l'autre réclame le même. Plus tard, ces revendications auront tendance à se transformer en conflit de personnalités, en esprit de concurrence et en crises de jalousie mais ils traduisent toujours la même demande : être aimé d'avantage par papa et maman. Et je ne vois pas de raison de s'énerver devant une telle demande. Pourquoi considérer cette jalousie comme un défaut ? Évidemment, ce n'est pas toujours possible de satisfaire ce besoin mais vous pouvez vous expliquer et surtout ne pas reprocher à votre enfant son ressenti.
Comment réagir en tant que parent à toutes ces disputes ?
Il faut jouer l'apaisement à tout prix. Le mauvais réflexe serait de prendre partie et d'envenimer le conflit, de creuser un abîme entre les enfants. Beaucoup de parents commettent l'erreur de systématiquement prendre la défense du plus jeune. Cette attitude est légitime si elle vise à protéger le petit s'il est agressé par le plus grand mais elle ne doit pas être la seule réponse à la situation. L'agresseur souffre toujours plus que la victime, ce qui implique la nécessité d'aider l'aîné à exprimer sa souffrance et non de le punir systématiquement sans chercher à le comprendre. Cela passe d'abord par le dialogue. Une fois son ressenti extériorisé, il se portera bien mieux. Autre solution tentante à éviter devant une dispute, supprimer le problème. Exemple : les enfants ne parviennent pas à se mettre d'accord sur le film à regarder alors vous envoyez tout le monde au lit. Résultat, les enfants sont frustrés et n'ont pas appris à trouver un terrain d'entente, à communiquer ensemble. En somme, il faut savoir intervenir mais à la bonne dose. Savoir les laisser régler leurs histoires tout seuls, tout en veillant à contenir les abus et sans stigmatiser chacun dans un rôle prédéfini.
Pourtant, l'attitude des parents varie souvent en fonction de la place qu'un enfant occupe dans la fratrie, non ?
Oui, les parents ont tendance à reproduire avec leurs enfants les schémas qu'ils ont eux-mêmes subis durant leur enfance, en fonction de leur propre place dans la fratrie. Tous les cas de figure existent : l'enfant qui vous ressemble le plus, qui est "à votre place" et qui vous renvoie l'image de ce que vous pourriez améliorer et avec qui vous avez, bizarrement beaucoup de mal... Le petit dernier que vous chouchoutez sans le faire exprès, peut-être parce que vous lâchez du lest, lassée de serrer la visse ou que vous même avez bénéficié de ce traitement de faveur. Bref, vous devez faire un travail sur vous afin de ne pas réagir en fonction de votre propre histoire, ce serait destructeur. Vous devez prendre du recul sur la situation et considérer vos enfants comme des êtres uniques dénués d'un rôle préconçu. Petite astuce pour les aider à s'individualiser et donc moins se comparer : leur offrir des cadeaux ou des vêtements différents qui leur correspondent vraiment. Sur le coup, ils vont se chamailler et très vite se réjouir de la spécificité de votre attention.
Les frères et soeurs sont-ils faits pour s'aimer ?
Je crois qu'il faut en finir avec le mythe d'une "fratrie idéale". C'est un peu la même problématique que le rêve du Prince charmant. Les frères et soeurs vivent une relation complexe en constante évolution qui comporte comme toute relation des hauts et des bas. Pour que les conflits ne s'enracinent pas il faut laisser la possibilité à chacun d'exprimer sa colère, son énervement. Le conflit est sain, s'il est maîtrisé bien entendu. Plus vite l'idée d'un rapport parfait sera abandonné plus vite les personnes pourront se rencontrer vraiment. Pour cela, les parents ont un rôle d'accompagnateur à jouer. Cela passe par des activités collectives comme les jeux. Dans tous les cas les liens fraternels demeurent forts puisqu'ils s'appuient sur un passé commun solide : une enfance partagée 24h/24 et toute une famille en commun...
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"Relations frères-soeurs : Du conflit à la rencontre"
Catherine Dumonteil Kremer
Editions Jouvence
130 pages
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