Défilé Burberry
Prêt à porter printemps-été 2017 - défilés londres

Décryptage du défilé de mode

Sur la frise chronologique de la mode, cette fashion week printemps-été 2017 restera définitivement un épisode clé symbolisant la révolution du "see now, buy now", c'est-à-dire "acheter ce que l'on vient de voir". Cédant aux foudres de l'instantané, les plus grandes maisons bousculent les saisons et permettent aux consommateurs d'acquérir les pièces qu'ils viennent de découvrir. 
Alors qu'il est coutume de présenter les lignes printemps-été en septembre, et celles automne-hiver en mars, Tom Ford et Tommy Hilfiger ont inversé le cours du temps en dévoilant leurs collections automne-hiver 2016-2017 à New York. Mais la toute première maison à avoir annoncé adopter ce modèle est Burberry. Le show de la griffe anglaise était donc l'un des plus attendus de la semaine londonienne, et il n'a pas déçu son auditoire.

Au sein du Makers House, Christopher Bailey a livré un défilé mixte, rythmé par plus de 80 silhouettes inspirées d'Orlando, le personnage éponyme du roman de Virginia Woolf. Au sein de cette œuvre, Orlando traverse les siècles et alterne les identités féminines et masculines. Ce lundi 19 septembre, les mannequins Burberry ont fait de même, dans une atmosphère empreinte de romantisme et de poésie. Des lavallières imposantes au brocart florissant sur les pantalons et les chemises en passant par les manches gigot et les fraises en guise de col, l’effusion de références victoriennes a frappé le décor, permettant aux mannequins d'incarner les passages d'Orlando à travers les époques.
De son côté, l'androgynie a brouillé les pistes en servant des larges pantalons, des perf' molletonnés, des sacs à mains, des longs manteaux, des trenchs iconiques et des haut ou des bas de pyjamas en soie aux hommes comme aux femmes. Ici le mix matche toujours, comme l'illustre un ensemble veste à brandebourgs, chemise de pyjama et jupe à fleurs, ou un mariage entre des boots de combat, un pantalon brocart, une longue veste de nuit et un gilet sportswear.
"Ce qui compte c'est se libérer soi-même, découvrir ses propres dimensions, refuser les entraves.", guidée par ces bonnes paroles de Virginia Woolf, la femme Burberry fait preuve d'audace dans son style et dans le choix de ses accessoires. Les vêtements se superposent et mélangent des matières fluides à des étoffes épaisses, des imprimés graphiques à des motifs d'époque et des coupes ajustées à de l'oversize. Les sacs et les chaussures font des bonds dans le temps comme le prouve un sac à main en python à maxi maillons, ou une paire de rangers parée de pompons de passementerie. 
Bien que chargé en pièces et en détails hétéroclites, le défilé n'a pas déboussolé l'assemblée qui s'est empressée d'ovationner le directeur artistique de la griffe. Conscient de la réalité du marché et de l'impatience des consommateurs, Christopher Bailey prouve ici qu'il n'a pas perdu sa part de rêve en présentant l'une des collections les plus inspirées de sa carrière à la tête de Burberry. 

par Mathilde Fontaine

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Backstage (13 photos)

Close Up (45 photos)

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