Argent : pas d'embrouilles entre nous ! Clé n°2 : et si le problème était ailleurs ?

et si l'argent n'était qu'un prétexte aux conflits ?
Et si l'argent n'était qu'un prétexte aux conflits ? © fotum - Fotolia.com

Parler ne suffit pas. Vos disputes s'enchaînent et tournent toujours autour du même sujet, sans que vous ne trouviez de solution ? C'est peut-être que le véritable problème est ailleurs. Aussi, comme le souligne Caroline Kruse, même dans les cas où il semble y avoir un fondement réel à ce problème (difficultés liées aux conditions socio économiques actuelles) l'argent n'est généralement pas la source des conflits. Seulement un "symptôme". C'est pourquoi il peut toujours être utile d'aller voir ce qu'il y a derrière. "L'idée, c'est d'essayer de comprendre ce que ces questions d'argent mobilisent d'angoisse en chacun, où elles prennent leur origine et comment elles s'articulent, s'enchevêtrent et se potentialisent dans la relation expose Caroline Kruse. Je pense par exemple à ce couple venu me voir pour cette question d'argent qui empoisonnait leur relation alors que, disaient-ils, pour le reste "tout allait bien". Chez eux le débat tournait autour de l'argent à investir ou pas dans les études des enfants. Michèle était prête à tout pour que ses enfants aient les meilleures chances possibles et Pierre suivait mais s'angoissait à l'idée de devoir prendre sans cesse des crédits.  

Elle avait été élevée dans le luxe, lui dans l'austérité

La thérapie leur a fait prendre conscience de ce qui se cachait pour eux derrière ce conflit. Michèle venait par sa lignée maternelle d'une famille très aisée, où la question de l'argent ne se posait pas. La famille de Pierre à l'inverse manquait d'aisance financière au point de frôler le surendettement. L'une avait été élevée dans la facilité et le luxe, l'autre dans l'austérité et dans une certaine forme de renoncement dont il avait souffert, comme d'une impuissance, durant toute sa jeunesse.

"Pierre avait du mal à offrir à ses enfants ce qu'il s'était, lui, interdit de demander à son père"

Les valeurs des familles d'origine s'opposaient mais il y avait encore autre chose. Pierre, pour ne pas créer davantage de soucis financiers à sa famille avait dû renoncer, à l'époque, aux études qu'il ambitionnait. Michèle, elle, avait toujours dépendu financièrement de sa famille, y compris dans sa vie d'adulte. La question de l'argent à investir pour les enfants réactivait ainsi en eux des règlements des comptes familiaux articulés bien différemment. Pierre avait du mal à offrir à ses enfants ce qu'il s'était, lui, interdit de demander à son père et Michèle voulait à tout prix éviter à ses enfants, lorsqu'ils seraient adultes, de dépendre, comme elle-même l'avait fait, de leurs parents."

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