Et si dormir à deux expliquait notre état de fatigue ?

A l'occasion de la Journée du sommeil vendredi 17 mars 2017, l'Institut National du Sommeil et de la Vigilance dévoile les résultats de son enquête réalisée avec la MGEN : "Dormir seul ou pas, quel impact sur le sommeil ?". Explications et solutions pour récupérer à deux.

Et si dormir à deux expliquait notre état de fatigue ?
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Les Français sont fatigués. Ils dorment en moyenne 7h07 en semaine et 8h04 le week-end, moment idéal pour compenser et rattraper sa dette de sommeil. Mais cette récupération est jugée incomplète par 54% des Français selon l'enquête INSV/MGEN, réalisée dans le cadre de la 17e journée du sommeil, le 17 mars 2017. A terme, manquer de sommeil peut avoir un impact sur la santé. 
Dans ce contexte, les conditions de sommeil en "co-sleeping" ont été explorées afin de savoir si dormir à deux pouvait avoir un impact sur notre sommeil. Vingt-cinq pour cent des Français qui ont un enfant à domicile déclarent dormir avec lui dans leur chambre et un tiers des personnes ayant un animal de compagnie lui laisse libre accès à son cocon toutes les nuits ou presque. Et dans le cas du couple ? La moitié des personnes interrogées dorment avec un autre adulte. Mais pour préserver le sommeil de chacun, il faut prendre en compte les différents facteurs susceptibles de perturber notre sommeil. 

Dormir à deux, ça vous plaît ou vous dérange ?

Sur cent personnes qui dorment en couple, 77 le font par choix et 60% des avis sur le sommeil en duo sont positifs : partager un même lit est source de plaisir. Cela répond à un besoin d'intimité, on se sent en sécurité et puis ça tient chaud. Les 40% restant des avis sont quant à eux négatifs : le partage du lit gêne l'endormissement dans 12% des cas, provoque des réveils nocturnes (13%) ou tient trop chaud à l'un ou à l'autre (10%). L'étude nous dit que ces avis, qu'ils soient positifs ou négatifs, ont surtout été relayés par des femmes. Les hommes semblent moins se poser la question des bienfaits ou des désagréments du co-sleeping. 

Pourquoi dormir à deux peut gêner le sommeil

Au-delà du bien-être ressenti pour la plupart des interrogés, dormir en couple peut altérer la qualité du sommeil pour plusieurs raisons. D'abord, les mouvements de notre partenaire (l'autre remue, fait des cauchemars…) bouleversent notre sommeil. Et on ne s'en rend pas toujours compte. Le cerveau, toujours en activité la nuit, peut être perturbé sans décider de nous réveiller (il nous réveillera si cela lui parait important). Les ronflements et la respiration bruyante sont aussi des causes de gênes du sommeil.

Difficile de modifier le réglage de son horloge biologique

Les allées et venues pendant la nuit (envie de faire pipi), mais aussi la température de la chambre ne convient pas forcément aux deux dormeurs : l'un peut être frileux et l'autre avoir très chaud. L'un fait une concession et son sommeil est perturbé. 
Autre point très important, le rythme du sommeil. Il y a les couche-tôt, les couche-tard, les lève-tôt et les lève-tard. Se coucher avant pourquoi pas, mais l'autre nous réveille. Idem s'il se lève avant nous. Avec le temps, nous sommes souvent tentés de changer de rythme (voilà que l'autre finit par nous convaincre de veiller avec lui devant une série et trois pizzas) et la fatigue se fait sentir. Est-ce qu'à la longue, on peut devenir couche-tard si nous avons toujours couche-tôt ? Selon Joëlle Adrien, neurobiologiste, Directeur de Recherche à l'Inserm, il est difficile de modifier le réglage de son horloge biologique : il s'agit d'une caractéristique individuelle, largement génétique. Mais certains ont un profil plus adaptable que d'autres. Si vous avez le sentiment de changer de rythme "par amour" et que la fatigue persiste, peut-être que cela ne vous convient pas.

Des solutions pour mieux dormir à deux

La communication entre les deux partenaires est fondamentale dès lors que l'on sent que la qualité de notre sommeil est altérée. L'idée n'est pas tant d'accuser l'autre et de lui proposer la baignoire pour faire ses nuits ; partager un même lit reste un plaisir, inutile de s'en priver. Dormir à deux n'est pas antinomique aux couples. L'enjeu est simplement d'identifier ses propres besoins, de les partager avec son partenaire et d'être à l'écoute des siens afin de trouver des solutions pour que chacun retrouve un bon sommeil. 
On peut opter pour un plus grand lit, ou deux lits séparés côte à côte qui permettront de passer de bonnes nuits sans subir les mouvements de l'autre. Aussi on peut envisager de faire chambre à part tout en sachant que le lit de la chambre reste un lieu d'intimité où se retrouver parfois.
S'il y a de bonnes résolutions sommeil à prendre comme arrêter la télé dans la chambre, acheter un matelas de 160 (et en finir avec le 140), accepter de passer moins de temps ensemble le soir si l'un a besoin d'aller se coucher, la première des choses à faire est de mettre le sujet sur la table si on se sent concerné (et fatigué) : ce soir, on fait le point et on ne le fait pas au lit.

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