Anaïs, 31 ans : "J'ai fait l'amour dans des lieux que vous n'imaginez même pas"

Donjon, jardin d'un particulier, place touristique, salle de bains d'amis… Anaïs, 31 ans, a fait l'amour dans un tas de lieux différents. Elle aime l'interdit, le changement, mais aussi les jeux de séduction qui précèdent ces expériences. Pour nous, elle entre dans les détails. Témoignage inspirant et excitant.

Anaïs, 31 ans : "J'ai fait l'amour dans des lieux que vous n'imaginez même pas"
© Dennis Van De Water - 123RF

J'ai fait l'amour pour la première fois sous la douche et le robinet s'est décroché. Une expérience rocambolesque qui m'étonne encore quand j'y repense. J'avais une énorme confiance en mon partenaire de l'époque. Nous étions ensemble depuis six mois, il était expérimenté et savait me rassurer. Notre histoire n'a pas duré très longtemps, mais le sexe avec lui m'a donné envie d'explorer mon plaisir. J'ai compris que ça passait par la fantaisie. Nous faisions l'amour dans toutes les pièces de son appartement, et moi, du haut de mes dix-neuf ans, je me rendais à la fac le lendemain matin, la tête haute. Je me sentais différente, femme fatale. Après cette relation, je voulais que ce sentiment perdure, je voulais que le sexe continue de m'animer. J'ai appris à ses côtés que mon désir montait plus vite quand nous faisions des choses originales. J'aimais que le décor change, que le cadre ne soit pas le même entre le jeudi et le vendredi.

"L'excitation est trop forte pour que le rapport s'éternise"

J'ai ensuite rencontré Paul avec qui je suis restée six ans. Ensemble, nous avons fait l'amour dans un tas de lieux complètement dingues. Mon plus grand souvenir, c'est un donjon. Nous visitions les châteaux de la Loire. Nous nous étions incrustés dans une visite guidée jusqu'à apercevoir un escalier en colimaçon. Nous l'avons grimpé et nous nous sommes enfermés dans une tour. Nous nous sommes dépêchés de faire l'amour. Ce type de rapport sexuel ne dure jamais longtemps, ce n'est pas ce que l'on veut. L'excitation est de toute façon trop forte pour que l'on puisse s'éterniser. C'est un élan, on monte très vite, puis on redescend aussitôt. Les cheveux en vrac et le sourire aux lèvres, on rejoint le reste du monde en planant. J'adore cette sensation.

Un soir, on a fait l'amour chez lui, en l'absence de ses colocataires. On savait qu'ils pouvaient rentrer d'un moment à l'autre, ce qui donnait à notre étreinte davantage de piment. Il y a comme de l'empressement à ne pas se faire surprendre, une hâte dans le ventre, un besoin de se dévorer très vite. L'idée de se mettre en danger est agréable, pour autant on ne veut pas être pris en flagrant délit. Cette fois-là, ses coloc sont rentrés, mais nous ne les avons pas entendus, nous étions dans la cuisine. Le lendemain, on a eu droit à quelques regards en coin. Tant qu'il n'y a aucune remarque désobligeante, je m'en fiche. C'est même sympa, un petit clin d'œil. Ça renforce l'idée selon laquelle nous avons gentiment flirté avec les limites.

"Le lit est un lieu comme un autre, ce qui m'importe, c'est de varier"

Il y a aussi eu les toilettes du train. Avec le va-et-vient des rails, c'est pas mal du tout. Car en plus du petit jeu de regards qui précède, de la notion d'interdit, il y a le contexte et son effet immédiat sur notre plaisir. C'est un tout et on adorait ça. J'ai toujours voulu lire le désir dans les yeux de mon partenaire. Paul aimait le caractère provoquant des relations interdites et moi ça m'excitait en un rien de temps. Tout se passe en une fraction de seconde. Un clignement de cil, et voilà que l'émotion nous envahit, le besoin de faire l'amour devient urgent. On ne s'ennuyait jamais. Et même pas dans un lit. Parce que le lit, aussi classique puisse-t-il paraître, m'a toujours plu. Ce n'est pas parce que j'aime faire l'amour partout que je fuis le matelas. Au contraire, à force de s'abandonner dans des lieux improbables, le lit apparaît comme un véritable cocon, très confortable, très douillet, pour des rapports plus longs, avec une fusion plus amoureuse, moins bestiale. Disons que le lit est pour moi un lieu comme un autre. Ce qui m'importe, c'est de varier, parce que ça réveille en moi des sensations très fortes, à chaque fois nouvelle.

"Je me suis fait surprendre deux fois"

Avec Paul, nous avons également fait l'amour dans la salle de bains d'une amie, en soirée. Entendre le bruit de la fête en fond tandis qu'on se fait plaisir, c'est fou. Lors d'une autre soirée à laquelle on s'ennuyait, on a quitté l'appartement pour monter au cinquième et dernier étage. Nous nous sommes sautés dessus sur le palier. Et on s'est fait surprendre par la voisine. Elle nous a dit : "Il y a des endroits pour ces choses-là !" On était un peu honteux. Mais c'était sa vérité à elle. Pour nous, nous étions à l'endroit où ces choses-là se font. C'est indécent de le penser, mais n'empêche que nous avons arrêté, parce que nous ne faisions pas ça pour provoquer les autres, non plus pour jouer avec le feu.

On s'est aussi fait surprendre une après-midi dans un jardin sans clôture. On squattait un bout de terre en pleine campagne, durant un week-end chez des amis de Paul. Nous étions sur notre parcelle d'herbe et la propriétaire de la maison nous a vus. Elle a été plus choquée que nous ! Elle cherchait ses mots, n'a pas su quoi dire et s'est enfermée chez elle. Nous sommes partis tout de suite. Je me sens mal quand on me surprend. L'idée est excitante, mais en pratique, ça refroidit vraiment. Je ne suis pas du tout dans une démarche de voyeurisme.

"C'est une excellente façon de cultiver le désir"

Nous avons aussi pris du plaisir dans un camping, au milieu des tentes, à la belle étoile. Dès qu'on entendait une fermeture éclair, on s'arrêtait. L'objectif n'est jamais d'aboutir, d'aller jusqu'à l'orgasme, c'est de partager un moment palpitant et hors du temps. Parfois, il y a un même un sentiment de frustration et c'est plaisant. On partage des préliminaires si intenses qu'une fois dans un lit, c'est dingue. Il arrive même qu'on ne puisse pas reprendre tout de suite. Tout le défi est de ne pas se laisser prendre par la journée, de ne pas se laisser plomber par une situation quelconque. Il faut dompter l'attente et son désir, le garder, et ça se travaille. Tout est question de savoir nourrir son besoin. Ce n'est jamais vécu comme une souffrance, ce n'est pas du sadomasochisme. C'est ce que j'appelle la beauté du désir sexuel.

Après mon histoire avec Paul, j'ai vécu une aventure avec un mec qui voyageait beaucoup et vivait à Londres. On se donnait des rendez-vous chez lui ou à Paris, chez moi, mais aussi à Madrid, Bruxelles, Genève. Quatre heures de train pour un rapport rapide, et souvent, on désertait la chambre de l'hôtel pour la piscine, tôt le matin. Une fois, nous avons partagé de longs préliminaires sur une place touristique en pleine nuit. C'était hyper agréable, la tension montait. Jusqu'à la chambre d'hôtel ou le prochain rendez-vous en Europe.

"Sous la table d'un grand restaurant, j'adorerais"

J'ai aussi rencontré des hommes qui n'étaient pas aventuriers, ça arrive. Je me souviens particulièrement d'un garçon qui ne jurait que par la chambre. Je ne juge pas, mais je me sentais emprisonnée. Je ne voyais pas comment faire monter le désir, il n'entrait pas dans mon jeu de séduction, je ne pouvais pas apporter ma touche pour l'exciter et m'exciter en retour. Aujourd'hui, je suis célibataire. Je vis le sexe comme ça, il me semble que les hommes apprécient et j'espère que je rencontrerais quelqu'un sur la même longueur d'onde.

C'est vrai, je me sens dans une autre dimension. Longtemps, j'ai entendu mes copines raconter qu'elles faisaient toujours l'amour au lit, avec des serviettes éponge, par souci de propreté. Je ne suis pas dans ce truc-là. Je veux du sexe imprévisible, qui serre le ventre. J'ai très envie d'essayer un avion, aussi un planétarium. Et mon plus grand fantasme, ce serait sous la table d'un grand restaurant, planqués par la nappe. J'aimerais qu'on se cache comme des enfants, et que les clients et serveurs se demandent : mais où sont passés ces deux-là ?

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