9 choses à savoir sur l’amour platonique

Quand on jette les termes d’amour platonique sur la table, chacun y va de son adjectif : "chiant", "intriguant", "impossible", "étonnant"… Et toujours une même question : "Ça existe vraiment ?" Pour comprendre l’amour sans sexualité, voici neuf choses à savoir. Avec Sophie Cadalen, psychanalyste auteure de "Aimer sans mode d'emploi".

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On s'en pose des questions autour de l'amour platonique. Est-ce que ça existe ? Ne serait-ce pas plutôt de l'amitié ? Ne pas se toucher, c'est ne pas avoir envie ou se retenir ? L'amour platonique intrigue et tout le monde tente de le définir, en se heurtant souvent à des idées reçues. Nous avons décidé de faire le point en 9 points. Pas de longs discours, mais une série d'informations qui nous aident à comprendre, avec Sophie Cadalen, psychanalyste, qui nous a apporté son éclairage. 

1. L'amour platonique, ça existe ! Amour et désir sexuel ne s'accordent pas si facilement. On peut aimer intensément quelqu'un dont on ne désire pas la possession physique, mais avec lequel la rencontre spirituelle sera éminemment riche. Il n'est pas toujours facile, de surcroît, de distinguer l'amour de l'amitié, ou de la tendresse. Ces sentiments se croisent et se confondent, d'où la célèbre interrogation : "Mais en fait, c'est juste de l'amitié ?"

2. L'amour platonique n'induit pas forcément une absence de désir, mais plutôt de relations charnelles. Autrement dit, on peut désirer sans passer à l'acte. Les couples qui ne partagent pas de sexualité sont donc titillés par l'envie de faire l'amour contrairement à ce que l'on imagine, bien que ceux qui en font le choix, en général, n'aient pas tant de désirs sexuels.

3. Conséquence, l'amour platonique n'empêche pas la masturbation.

4. L'amour platonique est très souvent un choix de la part de ceux qui pensent que l'amour physique "dégrade", qu'il déchaîne en nous ce qu'il y a de plus animal et de plus vil, et qui lui préfèrent l'amour intellectuel. Une relation est épanouissante si elle est jouissive, et les jouissances ne se trouvent pas uniquement dans le sexe. 

5. Au-delà d'un choix, l'amour platonique peut être une nouvelle forme de sexualité chez un couple qui a connu l'amour physique, mais manque, avec le temps, de désir. Cependant, il est plus difficile de renoncer à une sexualité entre l'autre et soi quand celle-ci a été importante et épanouie dans le couple. Par contre il y a des couples pour qui la "chose" n'a jamais été essentielle, pour qui cela ne comptait pas tant. Ceux-là peuvent effectivement arriver à une forme d'amour platonique, leurs jouissances se trouvant ailleurs : le sport, les arts, la culture… Et puis certains aiment platoniquement ici, ce qui ne les empêche pas de faire l'amour ailleurs.

6. Ce peut être aussi une pathologie, quand on n'aime que l'inaccessible et l'impossible – et donc par conséquent de façon platonique – de peur inconsciente de passer à l'acte.

7. L'amour platonique est réciproque : il n'y a pas forcément désaccord, et cela fonctionne mieux si chacun s'y retrouve dans cette façon de s'aimer. Si l'un veut et l'autre pas, il n'est pas question d'amour platonique, mais de frustrations.

8. Par contre, lorsque le couple n'existe pas et que l'on aime en secret, que l'on fantasme en secret, on peut parler d'amour platonique. Comme tout amour, l'amour platonique n'est pas forcément partagé. Et dans ce cas, on n'en espère pas davantage, sinon on s'approche alors de la frustration.

9. Certaines personnes sont plus aptes que d'autres à aller vers ce mode de sexualité. La sexualité, quoiqu'on en dise, ne passionne pas tout le monde. On peut aimer passionnément, et activement, dans sa tête plus que dans son corps. Combien d'ailleurs se rappellent avec émotion le ballet amoureux avant le passage à l'acte, qui au fond les intéressait davantage…

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