Tantrisme : à la recherche de l'extase perdue

Au même titre que le "Slow Dating" a pour objectif un mode de séduction plus approfondi, le "Slow Sex" tend à faire son grand retour sous nos draps. Grâce au tantrisme, la jouissance s'apprend. Et il semblerait que la patience en soit la clé.

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Apprendre à goûter l'instant, à révérer le chemin menant à l'orgasme plutôt que le plaisir lui-même, considérer l'amour sexuel comme un sacrement plutôt qu'une performance et redécouvrir ses émotions. Les adeptes du tantrisme, courant spirituel complexe apparu en Inde au VIIe siècle, sont désireux de mieux expérimenter, de façon plus profonde et connectée.
Dans Tantrisme : le magazine, on s'interroge sur le sens de nos ébats : "Selon le tantrisme, l'évolution spirituelle est plus importante que la procréation. Il se peut que l'on fasse l'amour 3.000 fois dans toute sa vie et ne donnions naissance qu'à un seul enfant. Alors que faire des 2.999 fois restantes ?". À cette question, nous répondons sans hésiter : s'exercer au sexe de haut vol !

Avec ou sans pénétration

Certains couples préfèrent éviter la pénétration pour être sûr de tenir le plus longtemps possible. Il est toutefois possible d'atteindre l'orgasme tantrique tout en étant l'un dans l'autre. Mais quand il y a pénétration, ralentir la venue d'un orgasme demande une véritable technique : il faut parvenir à maîtriser les contractions liées à la montée du plaisir.

Concrètement, comment ça marche ?

On muscle son périnée, on arrête de se stimuler quand on est sur le point de jouir (en faisant des pauses) et on adopte une respiration relaxante, lente et profonde pour permettre de calmer les contractions provoquées par la montée de l'excitation. Les tantrikas (nom quelque peu barbare attribué à ceux qui pratiquent le tantrisme) canalisent et propagent leur énergie sexuelle à travers leur corps tout entier, grâce à leurs chakras (ces centres d'énergie situés entre le périnée et la fontanelle). Il faut se détendre et ressentir l'énergie, avant de recommencer la stimulation à nouveau, puis répéter l'exercice plusieurs fois.

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Un orgasme de tout le corps

Aux oubliettes l'orgasme localisé dans les parties génitales. Une série de vagues subtiles et continues se font ressentir, comme des pulsations qui se propagent dans tout le corps. En résulte une impression de ne former plus qu'un avec son partenaire.
Capter l'énergie depuis l'organe sexuel jusqu'au cerveau stimule les cellules nerveuses et crée un pont entre l'intellect de l'hémisphère gauche et les facultés intuitives du côté droit, créant une sensation d'extase. Sa définition ? Une fusion entre le corps, l'esprit et le cœur. Rien que ça. Toute la difficulté est de savoir repousser son arrivée pour profiter le plus longtemps possible de la fusion du couple.

Faire l'amour comme si le monde en dépendait

Le maître-mot : l'entraînement. Il faut se laisser devenir sauvage. Tomber le masque. Assouvir ses envies enfouies, endormies. En bref, prendre son pied, comme si le monde en dépendait.
Un rapport sexuel moyen durerait dix minutes et un orgasme masculin dix secondes. Le tantrisme tend à s'étendre sur une à quatre heures et prodiguer un orgasme d'une demi-heure. Exténuant ? Pas forcément, puisque l'on fait don de son énergie sexuelle à différentes parties de son corps. Du coup, le sexe devient revitalisant.

Soixante-quinze heures d'entraînement. C'est le temps requis en moyenne pour commencer à maîtriser l'exercice. On évite donc d'appeler son sex friend occasionnel pour tenter l'expérience. Le tantrisme demande beaucoup émotionnellement, car le corps et l'esprit sont engagés. Généralement, on ne parvient pas à l'orgasme tantrique dès la première tentative : il faut du temps et de la pratique pour apprendre à dompter son excitation.

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