Faut-il (vraiment) s'aimer soi-même avant de rencontrer l'amour ?

"Tu devrais avoir confiance en toi avant de te lancer dans une histoire." Vous avez déjà entendu cette phrase maintes fois ? Nous oui. Alors on a décidé d'enquêter sur le sujet : faut-il vraiment s'aimer pour aimer ? Réponses avec Valérie Fobe Coruzzi, coach et auteur de "L'ennéagramme : 9 profils pour mieux vous connaître".

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"S'il faut attendre que je me félicite devant le miroir et m'aime à la folie, je ne suis pas près de rencontrer l'amour !", s'exclame Margaux, 32 ans. On est d'accord : non pas que Margaux n'ait pas de quoi s'aimer mais se trouver géniale est rarement simple. Sauf que l'on se trompe sur la notion de "s'aimer soi-même".  Comme nous l'explique Valérie Fobe Coruzzi, l'idée n'est pas d'être parfaite, mais d'être parfaitement soi-même (nuances) : "S'aimer, c'est être authentique avec qui nous sommes, accepter nos fragilités, nos manquements, nos forces, toutes nos facettes, de notre lumière à notre ombre." On ne parle donc pas de danser sur la table en se complimentant, non plus de se visualiser comme un être splendide, intelligent, sans faute. Cette rectification donne de l'espoir : s'accepter est bien plus accessible que de s'admirer sous toutes les coutures. "Un travail d'introspection permet d'envisager qui nous sommes vraiment, sans fard, avec compassion et indulgence, poursuit la spécialiste. Et cela peut aller vite, il suffit d'oser se regarder, d'oser reconnaître ce que nous savons déjà de nous, d'analyser ses propres fonctionnements pour entrer en amour avec notre authenticité, dans une relation épanouissante et durable."

Si s'aimer, du moins s'accepter, n'est pas une obligation (qui peut nous dicter ce que l'on doit faire ?), nous avons regardé de plus près avec Valérie Fobe Coruzzi en quoi notre relation n'en sera que meilleure ! Alors NON, il ne faut pas s'aimer soi-même avant d'aimer, mais cela peut être un véritable coup de pouce au bonheur à deux que de savoir qui nous sommes. Voilà pourquoi :

On évite de tomber dans des relations toxiques
Lorsqu'on ne s'aime pas, on attend de l'autre qu'il le fasse, qu'il nous rassure, qu'il recolle nos morceaux. Or, se positionner ainsi revient à engager ses faiblesses dans la relation et non pas soi-même. " Attachement, jalousie, dépendance affective, chantage émotionnel… voici les ingrédients d'une histoire vouée à l'échec, qui naissent de notre attente. Leur présence est l'indice d'un manque à guérir. On demande à l'autre de nous aimer car nous n'en sommes pas encore capable. En s'acceptant, on ne tombe pas dans les travers d'une relation toxique ".

On développe une relation équilibrée
Dès lors que nous misons tout sur l'autre, la relation est déséquilibrée. L'autre ne doit pas être là pour nous materner mais pour co-exister à nos côtés. Il est bon d'entrer en amour comme deux êtres épanouis intérieurement. L'amour, quand il est bien vécu, est un partage d'énergies, et non pas une relation de victime et de sauveur. " La relation sera plus épanouissante si nous nous sommes dans un premier temps investis et apaisés dans notre relation à nous-même. Réparer l'un ou l'autre des partenaires est pesant ".

On n'interprète plus chaque fait et geste de l'autre
Sans le vouloir, lorsque nous ne nous aimons pas assez, notre partenaire a alors un véritable impact sur nous, et ce malgré lui. Son comportement sera soumis à notre interprétation, sans arrêt. Nous serons vivante ou triste selon ses mots, ses gestes. Nous donnons inconsciemment trop de pouvoir l'autre. Or, lui ne fait que vivre sa vie, et il serait bon que l'on mène la nôtre sans s'arrêter sur des détails insignifiants. Un " OK " un peu froid ne veut pas dire que l'on va être quittée, un reproche concernant nos cinq minutes de retard ne veut pas dire que l'on est une horrible personne qui ne mérite pas cette relation.

On sait ce que l'on veut et on assume
Si on ne s'accepte pas et que nous nous dévalorisons, on ne voit pas la relation d'un œil juste (tout comme on ne se voit pas d'un œil juste). Tout est biaisé ! On ne sait pas réellement ce qui se joue en nous, non plus dans notre histoire. C'est ainsi que l'on se retrouve parfois à rester dans une histoire qui ne nous convient pas, ou que l'on donne simplement pour recevoir en retour. En se connaissant, tout change : on est entière dans la relation, on a nos exigences et nos besoins, et si on reste, c'est par amour.

Etre vrai invite l'autre à l'être aussi
En s'autorisant à être soi-même, on l'autorise à être soi-même. Chacun est vrai ! Il s'agit donc de mettre en conscience ses fragilités et ses forces. A l'inverse, sans ça, on triche, on ne montre pas notre vrai fond. La relation démarre sur des pistes brouillées et ça ne sent pas bon. Jouons le jeu d'être soi, car l'amour est bien la rencontre de deux êtres uniques, avec leurs qualités et leurs défauts. Et c'est en voyant d'un bon œil qui nous sommes chacun, que nous bâtirons notre propre couple.

Le bonheur que l'autre nous apporte est véritable
Bien sûr, reconnaître que l'autre nous rend heureuse, nous donne des ailes, nous apporte un bonus, c'est très bien. Il faut le voir comme la cerise sur le gâteau, et non pas comme le gâteau entier que l'on attend depuis des siècles pour trouver sa bonne consistance. En s'appréciant soi-même, on saura mieux accueillir les valorisations et les compliments de notre partenaire. Sa présence sera comme une énergie supplémentaire. Mais certainement pas le moteur indispensable à notre survie !

Pour mieux se connaître :
L'ennéagramme : 9 profils pour mieux vous connaître, de Valérie Fobe Coruzzi
Le mode d'emploi pour libérer votre potentiel et révéler le meilleur de soi-même... et des autres
Editions Leduc.s.
15 euros

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