Ce jour où je suis tombée amoureuse dans un bar

Dans le film "Vicky", en salles le 8 juin, Victoria Bedos s'éprend d'un inconnu dans un bistro avant de finir, ivre morte... dans le lit d'un autre. De quoi faire remonter à la surface quelques souvenirs que j'avais profondément noyés dans mon inconscient (à coup d'alcool).

© Thomas Brémond - LGM CINEMA / GAUMONT / NEXUS FACTORY

"L'alcool est le meilleur des réseaux sociaux", m'a-t-on dit un jour. S'il faut bien évidemment le consommer avec modération, ne nous permet-il pas d'intéragir plus facilement avec des gens que nous connaissons un peu, beaucoup, parfois passionnément, voire pas du tout ? C'est le cas depuis la nuit des temps, mais c'est aussi l'accessoire incontournable des événements mondains contemporains.

J'ai pu vérifier cette théorie ce soir où, ne me préoccupant nullement de ce qu'il allait advenir par la suite, je me suis retrouvée accoudée de tout mon poids au comptoir du Sans Souci. Après une mousse, un verre de blanc, puis de rouge, puis encore de blanc, tout a foutu le camp. C'est précisément à ce moment là que Jacques (ou Daniel ?) a fait son entrée dans le bar. Parmi tous ces visages que je ne parvenais pas à distinguer les uns des autres (quand je bois, j'ai le même problème que Brad Pitt et Philippe Vandel), le sien faisait bonne figure (et même de proue). Il faut dire que je voyais déjà double et de fait, il était deux fois plus beau (que ce qu'il était réellement, pas par rapport aux autres). Les effluves émanant de sa personne et de l'alcool le confirmaient : j'avais trouvé mon demi. Euh, ma moitié, plutôt. De quoi faire chavirer mon cœur... et lui donner le mal de mer.

Mes œillades enflammées ne provoquant pas sur lui l'effet escompté (regard de bourrée oblige), je commande une vodka/Red Bull pour me donner des ailes. Une tape sur l'épaule plus tard – l'équivalent IRL du "poke" facebookien – il daigne enfin jeter ses yeux dans les miens, avant de me reluquer de manière peu distinguée. En le biglant, je lance un nullissime "Salut, ça va ?" que j'aurais aisément pu coupler avec le fameux "ASV ?" – acronyme signifiant "Âge, Sexe, Ville" que seuls ceux qui chattaient sur Internet au début des années 2000 ont connu – tellement mon accroche était zéro. Après avoir échangé quelques banalités (qui retranscrites, feraient pour sûr moins de 140 caractères) et déclaré qu'il "likait" mes chaussures, il me donne de lui-même son âge (31 ans), sa ville (Paris actuellement, mais du sud-ouest, originellement). Concernant son sexe, il ne me le mentionne pas (même ivre morte, j'arrive à deviner que c'est un homme), mais sous-entend que je pourrais le voir ce soir, chez lui ou chez moi.

On convient d'aller dans mon humble demeure : il hèle un taxi, s'y installe à mes côtés, me demande mon adresse et le chauffeur se met en route. Arrivés en bas de mon immeuble, je sens la chaleur monter : ces chaussures qu'il aimait tant sur moi, il va bientôt les "unliker". Je sors de la voiture et repeint ces dernières aux couleurs des boissons que j'ai bues. Ce qui a bien évidemment fait fuir Jacques-Daniel, qui m'a laissée remonter et dormir seule (pour mon plus grand bien). L'abus d'alcool est certes dangereux pour la santé, mais peut aussi vous empêcher de finir la nuit avec un naze (et préserver votre fierté).

Regardez la bande-annonce de Vicky, en salles le 8 juin :

 

Voir aussi :