Rupture : comment bien le ghoster ?

Vous n'êtes pas passée à côté du "ghosting", comportement qui consiste à planter son partenaire silencieusement. Du jour au lendemain, on fait le mort. Et il n'y a pas que les hommes qui jouent les petits fantômes. Les femmes aussi. Vous voulez exceller ? Voici un cours de ghosting, animé avec humour.

Rupture : comment bien le ghoster ?
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Le ghosting est un nouveau terme à la mode qui nous vient de l'anglais "ghost" (littéralement fantôme). Il désigne un mode de rupture pas sympa du tout : on quitte l'autre sans un mot. On disparaît. On arrête de répondre. Un phénomène qui a pris de l'ampleur avec l'avènement des applis de rencontres. Aujourd'hui, on consomme l'amour – ou plutôt le sexe - comme le quinoa : on prend, on mange, et une fois rassasié, on jette. On ne fait même plus l'effort de dire "ce n'est pas toi, c'est moi". Avec recul cette petite phrase bien minable nous manquerait presque. C'était tellement plus poli que le silence. Parce que se faire ghoster n'est jamais très agréable. On attend des explications et un minimum de respect de la part des hommes. Car oui, ils sont souvent accusés d'être de parfaits Casper. Mais les femmes aussi pratiquent le ghosting. On n'a pas envie de s'épancher dix ans sur un au revoir, surtout si on a partagé trois soirées et deux burgers. Pour gérer du tonnerre et vous transformer en répondeur, voici quelques conseils.

The mute button

Parce qu'on n'est pas la moitié d'une fille cool, on fait comprendre à l'autre qu'on risque de disparaître sans un mot dans quelques jours. On commence par se taire quand il parle, non pas parce qu'on l'écoute avec passion parler de sa dernière réunion Tupperware, mais parce qu'on n'en a rien à faire. Nos yeux arpentent l'horizon à la recherche d'un bateau à prendre. On répond de plus en plus lentement à ses SMS et on ne décroche plus notre téléphone. Ou si, mais on ne dit rien. Du genre on lui fait écouter les oiseaux du parc ou la musique du bar dans lequel on se trouve. Il va très certainement penser que l'on s'est fait voler notre téléphone mais c'est normal. Nous aussi, on pense ça quand un homme ne répond pas. On pense même qu'il n'a plus de batterie depuis sept jours alors qu'il poste des selfies sur Instagram (avec le portable de sa mère évidemment). Avec tout ça, il est censé comprendre et peut-être pourra-t-on lui dire les choses avant de filer. Mais s'il ne voit rien, tant pis, l'avion décollera.

Silence total sous les palmiers

C'est le moment du kif : on disparaît. On a toujours rêvé de faire ça, la fille qui fait sa valise et plante tout. Là, en l'occurrence, on ne fait pas de valise et on ne plante que lui. Alors oui, ce n'est pas simple de tenir le coup, parce qu'un sentiment de culpabilité peut nous titiller, notamment si on reçoit quinze appels en absence et des SMS inquiets (ça va, Brenda ?). On ne voudrait pas qu'il nous croit morte et passe des nuits blanches (même si c'est le but) (qu'il nous croit morte). Mais normalement, l'homme devrait comprendre assez rapidement parce qu'on est bienveillante : en parallèle, on prend soin d'être active sur les réseaux sociaux histoire de le rassurer. On va bien, on a une vie et un téléphone qui fonctionne. On peut poster des photos de nous sous un palmier, aussi raconter nos journées (il fait beau, je suis contente !) façon cruche, ou le tagger à outrance sur des blagues Facebook. Mais ça, c'est vraiment si on est un fantôme méchant. Se taire et continuer sa vie (en l'exposant), ça fera très bien l'affaire.

En cas de craquage

Face à son incompréhension et ses messages qui nous supplient d'avoir des explications, il est possible de craquer. A ce moment-là, on lui dira ce qu'on a sur le cœur, on avouera notre lâcheté, notre besoin de s'enfuir (mais aussi notre téléphone qui a beaucoup merdé et ne nous a pas aidée à communiquer). Le risque, s'il est trop gentil, c'est qu'il pardonne et nous offre un nouveau téléphone. On peut prendre le cadeau. Mais il va vite falloir jouer l'épisode 2 du ghosting au risque de se faire harceler. Alors cette fois, au choix : on lui dit les choses clairement (ce n'est pas toi, c'est moi) avant de disparaître, ou bien on s'évapore directement et une bonne fois pour toutes.

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