Quel conquérant ne connaît de défaite ?
Nathalie Laurent
, Aying (prés De Munich), Allemagne
le 15 novembre 2007
Quel métier occupiez-vous et quelle reconversion avez-vous choisie ?
Enfant, j'étais plutôt artiste. J'ai sagement fait mon droit, jusqu'au bout : droit privé, notariat. Là ce fut une époque théâtrale avec une expérience pratique et vicissitudes humaines ; question carrière, je m'ennuyais prodigieusement. Heureusement à cette époque (1987) eut lieu l'informatisation du cabinet. J'ai fait en sorte d'arriver aux commandes de la partie technique de ce projet et de prendre en charge la gestion du serveur, les sauvegardes et la gestion du système d'exploitation. Une passion était née. Non seulement c'était nouveau mais encore j'avais des affinités avec ces outils et leurs possibilités. J'ai énormément appris grâce à ma collaboration étroite avec les développeurs. Sur un coup de tête, j'ai décidé de changer de vie et suis partie en Allemagne, où mon but était de bifurquer en direction du marketing : une discipline à la croisée des chemins et qui ne manquerait certainement pas d'utiliser l'informatique. Étant bilingue je n'ai pas trop eu de mal à communiquer et j'ai eu la chance de parvenir à un emploi d'assistante de direction puis marketing dans une multinationale. Là j'ai participé à mon premier projet internet. Parallèlement j'ai dévoré livre sur livre, me suis offert mon premier ordinateur, des logiciels de gestion d'entreprise et de gestion de contenu. Une sorte de soif de comprendre, comprendre, comprendre. Ensuite ce fut clair : projets web, software et marketing en ligne, c'est dans cette voie que je veux aller. J'ai suivi une formation à l'issue de laquelle j'ai trouvé un emploi dans une pme d'édition de logiciels de gestion d'entreprise. Peu a peu je me suis mis à rêver d'indépendance.Comment cela s’est -il passé ?
Le marché de ces logiciels se redéfinissant en 2005 "mon job m'a quitté". Aujourd'hui et à 40 ans, il ne faut pas trop rêver coté marché du travail dans les pme. Par contre, forte de mon expérience, mon savoir et trilingue, je dispose de bons atouts. 40 ans, en pleine forme, c'était l'occasion unique de rendre réel ce rêve d'indépendance. J'ai fait le point, étudié les possibilités, prospecté, ai rejoint des réseaux : on ne gagne pas seul. Ensuite, j'ai fait mon business plan, requis et bénéficié d'une aide d'état durant 6 mois pour me lancer. Désormais je prospecte et réalise des projets internet / intranet, soutien des entreprises dans leurs relations avec clients / partenaires francophones, internationalise des logiciels et des sites en équipe avec d'autres partenaires.Etes-vous satisfaite de ce changement de carrière ?
Satisfaite oui, puis que je réalise ce rêve, mais le résultat n'est pas encore viable à ce jour. Mais je ne suis pas seule, je continue à apprendre. Par exemple, que je suis d'un naturel à ne pas désespérer trop longtemps lorsqu'un projet ne me revient pas. Après tout, quel conquérant n'a pas connu de difficulté ?
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