Stress, épuisement, fatigue mentale, déprime… Un trop plein de travail entraîne parfois ce que l'on appelle un "burn out". Ce syndrome d'épuisement professionnel est le résultat d'une tension continue et peut toucher n'importe quel salarié. Si vous avez déjà vécu cette situation, racontez-nous !
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Le vide intérieur et la démotivation
Maïté
le 15 janvier 2010
Comment s’est traduit votre "burn-out" ?
Par des crises de larmes et des crises d'angoisses... Sur mon lieu de travail et la nuit. Tout s'est rompu en une semaine de temps. Depuis plusieurs mois, je me sentais perdre le goût de ce que je faisais, je traînais les pieds pour aller au travail, mais je mettais tout ça sur une simple baisse de forme générale. Avec du recul, je me rends compte que mon corps m'a envoyé plein de signes pourtant : réveils nocturnes signes d'anxiété, perte du goût, crises de vertiges expliquées par des problèmes d'oreille interne qui m'obligeaient à rester couché pendant trois jours, où je ne faisais que dormir, irritabilité, envie de s'isoler, de fuir les endroits brillants et trop lumineux, voir tout ce qui nous entoure de façon négative... J'ai eu la chance de gérer ce stress avec un comportement anxieux et déprimé mais pas de vraie dépression.Quelles en ont été les causes ?
Je suis docteur vétérinaire, un métier idéalisé par tout le monde avec une forte reconnaissance sociale et la pression associée aux professions de soignants. Je suis perfectionniste et j'ai ce qu'on appelle une "conscience professionnelle". Jusqu'à ces dernières années, je le gérais tant bien que mal, et puis de nouveaux associés "ont pris les choses en main". Ils ne respectent personne, ni client, ni employé. Leur vision et leur façon de gérer une clientèle est à l'opposé de la mienne. Je suis une forte personnalité, et à cause de ma condition de salariée, je me suis retenue d'intervenir, de m'interposer dans des situations que je juge pourtant intolérables. Je pensais que c'était le mieux pour moi, pourtant à plusieurs reprises, j'ai envisagé de partir. Et j'aurais du avant que l'épuisement professionnel et psychique ne vienne à bout de toute ma motivation, et de mon empathie. Maintenant, je ne suis plus qu'une coquille vide. Je n'ai plus d'envie, si ce n'est celle de "sauver ma peau"... .Comment vous en êtes-vous sortie ?
Je n'en suis pas encore sortie, et je ne sais pas comment on fait. Il faudra que je quitte l'ambiance de travail dans laquelle je suis, c'est une certitude. Je vais déjà avoir du mal à me changer et à réapprendre à m'entendre et m'écouter, je ne vais pas pouvoir les changer eux, et leur faire prendre conscience de leurs responsabilités d'employeurs. Tout cela ne doit pouvoir être que bénéfique, retour sur soi et apprentissage de la gestion du stress et de la communication. Finalement, ce que je retiens de tout ça, c'est qu'il faut oser le conflit, oser exprimer ce qui ne vous paraît pas supportable, car votre esprit a ses limites et quand il le fait savoir, il est déjà trop tard. Quand je vois toutes les informations qui existe sur ce trouble d'adaptation sur des sites canadiens, suisses ou même belges, je me dis que la France est vraiment en retard. Et l'appui "psy ", je ne l'ai pas encore trouvé : ils ne veulent que vous prescrire des anti dépresseurs , en vous certifiant pourtant que vous n'êtes pas dépressive !
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