Dossier
10/04/2007
Enfance, sécurité, égalité : vos mesures pour les présidentielles
L'honnêteté, la franchise et le réalisme : le minimum en campagne Un peu d'honnêteté et de franchise au coeur de la campagne, c'est la revendication principale des électrices ! A la veille des échéances électorales, nombreuses sont les femmes à penser que les candidats doivent faire profil bas et faire leurs preuves à face aux électeurs. Comme l'explique si bien Marie-Laure : "je souhaiterais qu'un candidat explique son parcours depuis sa jeunesse. Quand on passe un entretien d'embauche, on est obligé de démontrer ses capacités et de dévoiler une partie de sa personnalité, de son expérience. On ne fait pas de promesses à son futur employeur, on tente de lui démontrer que l'on a la capacité à trouver la meilleure solution à un problème".
Le temps où les hommes politiques gravitaient dans des sphères lointaines est donc révolu : aujourd'hui, le candidat se doit de s'adresser aux citoyens d'égal à égal. Sur ce point, Nicole ne transige pas : "je m'exprimerai en faveur d'un(e) candidat(e) qui aura une vision à plus long terme des politiques à mener pour le pays et qui saura nous l'expliquer clairement et non pas de façon puérile". C'est clair, les promesses ne suffisent plus, il faut être réaliste et partager, en amont, comment l'on compte pérenniser les mesures proposées : "je voterai pour celui qui fera des promesses qui me semblent réalisables et qui expliquera comment elles seront financées. C'est bien beau de promettre plein de choses, il faut encore savoir comment on peut les réaliser", précise Emmanuelle. L'enfance, l'éducation, le statut de mère : agissez ! Mais au-delà de la campagne, les électrices pensent déjà au prochain mandat présidentiel et à son lot de mesures. Leur priorité : la petite enfance. Développement des crèches d'entreprise ou municipales, augmentation des allocations familiales, allègement du temps de travail : il est nécessaire, aujourd'hui encore, d'aider les femmes à concilier vie familiale et vie professionnelle. Si en temps de campagne, chaque candidat y va de son bon mot en la matière, les citoyennes, elles, ont une idée bien précise des mesures à mettre en oeuvre, comme en attestent Solange et Sylvie. Pour la première, "il faut créer plus de crèches familiales"! Plus tatillonne, la seconde revendique "des garderies dont les heures d'ouverture s'étaleraient de 5h à 22h pour que les mères de famille, souvent seules, puissent travailler pour améliorer leur quotidien !" Pour Corinne, c'est au congé maternité qu'il faut s'atteler : "je pense qu'il faudrait plus de temps de congé. J'ai remarqué aujourd'hui que beaucoup de femmes se sentent bien plus fatiguées après l'accouchement que pendant la grossesse. Je pense qu'il faudrait aux mamans au moins 4 à 6 mois avec leur bébé, après la naissance, pour bien apprendre à le connaître".
Certes, ces mesures "ponctuelles" sont nécessaires, mais, il faut, pour la majorité des électrices, traiter le sujet de l'éducation des enfants sur le fond. Finies les solutions d'appoint ! Nombreuses sont les lectrices à penser qu'être maman est un métier à plein temps et que l'Etat doit en tenir compte. Pour Milène, il faut "un statut [de mère] reconnu avec des droits, des devoirs mais aussi une rémunération". Revendication identique de Désirée qui attend "que les femmes soient rémunérées et perçoivent une retraite pour élever leurs enfants. Cela permettrait de libérer des emplois pour les jeunes qui rentrent dans la vie active". Quant à Sabine, elle souhaiterait plutôt que le prochain président travaille dans le sens d'une "vraie possibilité de travailler à temps partiel et d'un droit de partir à la retraite plus tôt quand on a élevé seule ses enfants et qu'on a travaillé en même temps".
La sécurité professionnelle et conjugale : les électrices attendent toujours Au-delà des thématiques liées à l'enfance et à l'éducation, les électrices pensent aussi à leur sécurité. Sécurité, d'abord, dans le domaine de l'emploi et des salaires. "A travail égal, salaire égal !" clame Marie-Elisabeth, reprenant ainsi le leitmotiv des revendications féminines. Aujourd'hui, la sécurité professionnelle passe avant tout par l'égalité entre hommes et femmes. Comme l'affirme Maud-Hélène, "la première mesure à prendre serait de pouvoir mettre les femmes au même salaire que les hommes à travail égal". Et si les femmes doivent pouvoir bénéficier du même confort professionnel que les hommes, cela doit aussi passer, pour les employeurs récalcitrants, par des mesures contraignantes : "il faut exiger, quitte à sanctionner sévèrement, l'égalité des traitements (évolution de carrière, choix de poste, salaire)", souligne Sasha.
Sécurité ensuite, sur les plans conjugal et social. En la matière, Viviane est la plus passionnée : "il faut que les lois protégeant les femmes soient enfin appliquées pour qu'on les éloigne enfin de leurs bourreaux. Il faut que ces hommes travaillent sous bonne surveillance pour dédommager leurs victimes. Bien sûr, je suis d'accord sur l'égalité des salaires et la possibilité de laisser le choix aux mamans de travailler ou non mais, avant cela, il me semble que la priorité des priorités est de venir en aide à ces femmes maltraitées pour qu'elles se reconstruisent et que leurs enfants puissent à leur tour vivre normalement". Plus posée, Chantal propose de prendre exemple sur Ségolène Royal qui préconise "de stopper la violence dont sont victimes certaines femmes".
Loin de l'exclusivité de certaines, Lisette réclame la sécurité pour toutes les personnes confrontées à la violence : "il faut instaurer des sanctions graves pour toute forme de violence envers une autre personne, une protection accrue des enfants et plus de soutien aux victimes". Bref, les électrices ont toutes un point de vue bien précis sur les mesures électorales à mettre en branle. Les femmes seraient-elles un brin trop ambitieuses pour leur Etat ? C'est ce que semble penser Nicole en affirmant : "je ne suis pas certaine qu'il faille encore prendre de nouvelles mesures. Il faudrait déjà appliquer et faire appliquer toutes celles qui existent déjà". Un peu de réalisme dans une effusion de promesses serait donc le bienvenu, tout simplement !
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