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24/01/2005

Maya, créatrice de cigares : "Les femmes ont un goût plus fin"

Franco-hondurienne, cette jeune femme a fait le pari de lancer sa propre production de cigares, qui est aujourd'hui une marque reconnue.

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© Flor de Selva / Francis Waldman Agrandir

Minutieuse, elle prend le cigare entre deux doigts, lui ôte sa bague, et le décapite d'un ongle pour me montrer la transparence de la "cape", cette feuille roulée très fin qui l'enveloppe. Froisse entre ses doigts les feuilles de tabac qui s'en échappent. Elles dégagent un parfum mêlé qui évoque le chocolat et l'étable, que Maya Selva hume en connaisseuse : ce cigare est son œuvre.

"Saviez-vous que, de la culture à l'assemblage en passant par la sélection des feuilles, il faut deux à trois ans pour réaliser chaque cigare ?", interroge-t-elle. Dans les ateliers de Maya, tout est fait main et chaque pièce est unique… à commencer par la créatrice elle-même. Maya Selva a en effet une double patrie : la France et le Honduras, pays d'Amérique centrale où elle a vécu jusqu'à ses 16 ans. Lorsqu'elle souhaite, au début des années 1990, monter une entreprise qui puisse allier ses deux nationalités, elle songe d'abord à importer des cigares.

Pour trouver des cigares à son goût, elle décide de les créer
Mais elle ne réussit pas à trouver son bonheur dans une production qu'elle juge trop grossière. "Ça donne l'impression de fumer du foin". Un vieil ami lui suggère alors de créer sa propre saveur. Elle se lance dans l'aventure et obtient Flor de Selva, des cigares "élégants, avec du caractère mais sans agressivité". La profession approuve, qui lui décerne de nombreux prix. Ce n'est que plus tard que Maya Selva dévoilera son identité : "J'ai préféré ne pas mettre en avant le fait que j'étais une femme, j'avais peur que cela ne fausse l'appréciation des cigares. J'ai laissé le produit faire ses preuves".

Si certains sont encore réticents à l'idée de voir des dames fumer le cigare, Maya affirme pourtant que les femmes savent l'apprécier différemment : "Pour un homme, fumer est surtout un geste rituel. Les femmes sont curieuses et ont un goût plus fin ; elles dégustent vraiment les arômes". Pour Maya, n'y a pas de fumée sans flamme de la passion.


© Flor de Selva / Francis Waldman
Maya au Honduras, en train de choisir les feuilles de tabac séchées.

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