Valérie Orsoni : "On ne cherche pas la minceur mannequin mais la minceur saine" "J'ai appris vite, sur le tas"

valérie et sa famille ont tout quitté pour tenter leur chance aux etats-unis.
Valérie et sa famille ont tout quitté pour tenter leur chance aux Etats-Unis. Premier challenge relevé avec succès. © Alex Vauthey

Vous êtes corse, avez migré aux Etats-Unis en tirant à pile ou face. Pourquoi avoir tout quitté et pourquoi les Etats-Unis ? Racontez-nous vos débuts outre Atlantique.

Oui c'est vrai, ça s'est joué à pile ou face. C'était en 2000. D'une part, j'avais envie de renouveau, on aime bien changer dans la famille. J'avais beaucoup souffert l'année précédente, notamment de harcèlement moral. J'avais le choix entre me lancer dans une procédure juridique interminable et vivre ma vie paisiblement. J'ai opté pour la deuxième solution. Les Etats-Unis, pour plusieurs raisons. On a regardé la mappemonde et on est tombé sur la Californie. Mon mari a eu une offre d'emploi dans la région donc on est partis. Pour ma part, je n'avais pas de projets. Je suis arrivée comme une fleur...

Mon visa, "alien legal", me permettait de vivre sur le territoire mais pas d'y travailler. Je pouvais soit me contenter d'une vie de femme au foyer, soit faire autre chose. Le travail d'une femme au foyer est énorme, mais ce n'est pas mon truc, je n'ai pas suffisamment de patience. Donc très vite j'ai voulu travailler. C'était le moment de la bulle, tout le monde gagnait de l'argent en bourse, je me suis dit : "pourquoi pas moi ?" Je n'avais pas besoin d'un visa donc pendant six mois je n'ai fait que ça. J'ai bien gagné ma vie. A cette époque, il fallait être mauvais pour ne pas gagner.

"Là-bas, tout marche beaucoup au feeling"

Au bout de six mois, tout s'est effondré. Je ne pouvais pas baser ma vie sur quelque chose d'aussi volatile. Je me suis donc mise au réseautage par le biais de l'association des Corses de San Francisco : c'est la plus grosse communauté de Français à l'étranger. Je n'avais personne, il fallait m'ouvrir. Une fois qu'on a tiré le premier fil, tout est plus simple. J'ai rencontré un chef d'entreprise israélien qui m'a recrutée en 48h pour un poste très prestigieux que je ne connaissais pas et pour un salaire mirobolant. J'étais directrice exécutive des programmes de création de logiciels pour une société d'informatique. C'était intéressant vu mon niveau... Là-bas, tout marche beaucoup au feeling. Et quand on se trompe, c'est moins grave qu'en France : autant on embauche en 48h, autant on peut licencier en une heure. Ce mode de fonctionnement créé une ambiance travailleuse et saine.

Je m'en suis bien sortie, j'ai appris vite, sur le tas. L'ambiance était géniale, on ne voyait pas les heures passer. L'organisation est typiquement américaine : on peut emmener son enfant, son chien, on nous offre à déjeuner. L'approche est complètement différente. On est respecté au-delà du simple salarié. On se serre les coudes pour sauver son emploi. Si je me donne à fond, je sauve ma peau et je sauve celle des autres.

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