Chirurgie mammaire : quelles sont les interventions prises en charge par la sécurité sociale ?

Il règne une grande confusion pour les patientes sur les possibilités de prise en charge par la sécurité sociale des interventions de chirurgie esthétique sur la poitrine. Il est grand temps de faire le point sur ce sujet précis.

Tout d’abord, il faut savoir que c’est l’aspect de la poitrine qui est pris en compte. Nous allons le voir dans les différentes interventions possibles.

Les interventions de chirurgie reconstructrices après cancer
Ces interventions sont toujours prises en charge sans aucune condition préalable.

Les interventions d’augmentation mammaire
Les poitrines inexistantes avec une taille de bonnet inférieure à A, les malformations mammaires telles que le sein tubéreux (forme de sein anormale avec une absence de  développement dans la partie basse) ou le syndrome de Poland (absence de développement du muscle pectoral) ou les asymétries mammaires importantes peuvent être prises en charge par la sécurité sociale.

Ces interventions  font toujours l’objet d’une demande d’entente préalable auprès de  la sécurité sociale. Lorsque le chirurgien pense qu’une prise en charge est envisageable, il rédige une demande sur un formulaire préétabli qu’il remet à la patiente. Celle-ci sera chargée de la transmettre à sa CPAM (Caisse Primaire d'Assurance Maladie) qui la convoquera dans un délai de 15 jours après réception auprès d’un médecin conseil de la sécurité sociale qui donnera un avis favorable ou notifiera son refus s’il juge la demande non recevable.

Les interventions de réduction mammaire
Ces interventions permettent de réduire une poitrine trop imposante et corrigent également toujours la ptôse mammaire associée en remontant la poitrine.
La prise en charge n’est jamais soumise à entente préalable, mais à une condition indispensable : la réduction d’au moins 300 grammes par sein. Ce qui représente environ deux  bonnets de  réduction. Cela concerne les patientes ayant en général une poitrine de bonnet E au minimum.

Il n’y a pas de possibilité de  «tricherie» car le retrait de la glande mammaire est pesée en fin d’intervention et adressé à un laboratoire d’anatomopathologie qui va peser à nouveau le prélèvement de  glande et qui notifiera le poids sur ses conclusions. C’est ce résultat de laboratoire qui fera foi en cas de contrôle de la sécurité sociale.

Les interventions de correction de la ptôse mammaire ou mastopexie
La ptôse mammaire qualifie un sein tombant que ce soit par excès de  peau sur le sein (après une grossesse par exemple) ou par involution de la glande mammaire à l’origine dans un sein vide. Dans tous les cas de figure, la sécurité sociale ne prend jamais en charge ces interventions. Même dans les cas d’amaigrissement important après la chirurgie destinée à lutter contre l’obésité morbide.

Voilà donc toutes les précisions concernant la chirurgie mammaire prise en charge par la sécurité sociale. Les conditions sont clairement établies et ne font l’objet d’aucune discussion possible actuellement. En cas de doute, parlez-en à votre médecin ou à votre chirurgien plasticien. 

Par le Docteur Thierry Ktorza , chirurgien esthétique à Paris
http://www.lachirurgieesthetique.org/