La correction de ptôse mammaire, chirurgie des seins qui tombent

Avoir la poitrine qui tombe peut être mal vécu. Il est possible de corriger cela en ayant recours à la chirurgie esthétique et plus précisément à la ptôse mammaire. Comment se déroule cette intervention ? Quels sont les résultats et les risques ? Le point.

 Est appelée ptôse mammaire l'affaissement des seins. L'harmonie de la poitrine dépend d'un certain équilibre entre l'enveloppe des seins (la peau) et le contenu des seins (glande mammaire et tissus graisseux). Lorsque cet équilibre se rompt, la partie haute du sein perd de son rebondi et le sein adopte une position basse. La poitrine perd son galbe.  

 L'artifice du soutien-gorge devient indispensable pour retrouver des seins normalement positionnés et redonner à la poitrine une certaine tenue.

Aucun cosmétique ne peut prétendre avoir un impact sur l'existence d'une ptôse mammaire, que seule une intervention de plastie mammaire, la mastopexie, pourra corriger.

Le célèbre test du crayon, placé dans le sillon sous-mammaire (pli naturel situé sous le sein) permet aux femmes d'effectuer un auto-diagnostic: lorsque le crayon tombe, il n'existe pas de ptôse. S'il reste coincé sous les seins, c'est qu'il existe un affaissement de la poitrine plus ou moins important. Un chirurgien esthétique pourra vous confirmer en consultation l'existence de la ptôse mammaire, et les possibilités de traitement.

Les contextes anatomiques d’une ptôse mammaire

- La ptôse mammaire peut exister d'emblée chez l’adolescente: son origine est alors génétique.

- Le plus souvent, la ptôse est consécutive à une prise de poids plus ou moins importante, ou à une grossesse suivie ou non d'un allaitement: l'excès de volume mammaire induit une distension de la peau qui ne peut plus assumer correctement son rôle d'enveloppe. Le sac cutané s'effondre avec son contenu.

- La ptôse peut être consécutive à l'âge ou à un amaigrissement important causant une fonte des tissus mammaires: le sein apparait comme "vidé", avec une enveloppe cutanée distendue par rapport à son contenant. Il s'agit familièrement des seins en "gant de toilette".

               















Avant l'intervention

La consultation avec le chirurgien esthétique est primordiale: après avoir établi un examen clinique, vérifié l'absence de contre indications et validé la présence d'arguments anatomiques justifiant l'intervention, le chirurgien expose à la patiente la stratégie d'intervention à adopter.

Un bilan sanguin préopératoire est effectué selon les prescriptions.

Une mammographie préopératoire est recommandée.

La consultation avec l'anesthésiste a lieu 48 heures minimum avant l'intervention.

   

 L'intervention en pratique

La durée de l'hospitalisation est en général de 24 heures. L'intervention se déroule exclusivement sous anesthésie générale et dure environ une heure.

La cure de ptôse consiste à reconcentrer la glande mammaire, à retirer la peau en excédent, et à ascensionner la plaque aréolo-mamelonnaire. Les gestes chirurgicaux sont proches de ceux réalisés lors d'une réduction mammaire. Cette intervention peut être considérée comme un lifting des seins, puisque le sein est redrapé harmonieusement avec une peau saine (les excès cutanés étant retirés), et regalbé. Le sein est comme rajeuni, et reprend une forme ronde et esthétique.

Il n'existe pas une seule technique de cure de ptôse. Les gestes chirurgicaux diffèrent selon le degré de la ptôse, l'existence d'une asymétrie mammaire, d'une hypertrophie ou au contraire d'une hypotrophie mammaire, et vont être plus ou moins associés.

- Pour les seins trop petits et ptôsés (on parle de ptôse hypoplasique): les objectifs de l'intervention sont doubles. Il s'agit d'effectuer une augmentation mammaire par prothèses en adéquation avec les désirs et la morphologie de la patiente tout en repositionnant harmonieusement les seins.

- Pour les seins affaissés et trop volumineux: la cure de ptôse est associée à une réduction mammaire.

          

 Des cicatrices selon l'importance de la ptôse

Le tracé des incisions diffère selon le degré de ptôse et son importance. On distingue 3 types de cicatrices.

- La cicatrice péri-aréolaire: il s'agit d'une cicatrice circulaire autour de l'aréole. Cette technique appelée "round block" est réalisée lors de ptôses légères. Cette cicatrice permet un résultat très discret, car elle est dissimulée dans la zone frontalière entre la partie naturellement pigmentée de l'aréole et la peau plus claire du sein.

- La cicatrice verticale: à la cicatrice péri-aréolaire (constante dans les corrections de ptôse) s'ajoute une cicatrice verticale située du pôle inférieur de l'aréole au sillon sous mammaire. C'est le tracé le plus fréquemment utilisé. A long terme et dans de bonnes conditions, cette cicatrice va blanchir et devenir semblable à une fine vergeture.

- La cicatrice en "T" inversé: aux deux cicatrices précédemment décrites s'ajoute une cicatrice horizontale située dans le sillon sous mammaire et de longueur variant selon l'importance de la correction à réaliser. Cette cicatrice en "T" inversé est plus rarement utilisée. Elle concerne les ptôses sévères associées à une réduction mammaire.

La maturité cicatricielle étant un processus long et progressif, il faut patienter une année après l'intervention avant de juger de l'aspect définitif d'une cicatrice. Les soins post-opératoires doivent être rigoureux. Le chirurgien insistera sur une éviction totale de l'exposition des cicatrices aux UV l'année suivant l'intervention (écran total et port d'un soutien-gorge à la plage). Les cicatrices peuvent être rouges et visibles au début (phase hypoplasique). Les cicatrices sont indélébiles et ne disparaissent jamais totalement mais vont s'atténuer progressivement.

 

     

Risques

Les risques d'une chirurgie de ptôse mammaire sont aujourd'hui exceptionnels. Afin de garantir le maximum de sécurité, l'acte chirurgical doit être réalisé par un chirurgien plasticien inscrit au Conseil National de l'Ordre des Médecins et dans un lieu agréé pour ce type de chirurgie.

Les risques liés à l'anesthésie générale sont évoqués par le médecin anesthésiste: accidents trombo-emboliques: phlébite, embolie pulmonaire.

Les risques d'infections sont aujourd'hui rarissimes mais les patientes doivent toujours en être informées. Parmi les complications spécifiques de cette intervention, on relève la survenue d'une nécrose totale ou partielle: trouble de vascularisation surtout dans les cas d'obésité et de gigantomastie (hypertrophie mammaire sévère). Ce risque est favorisé par le tabagisme.

On note les risques d'hématome expansif (gonflement rapide du sein impliquant une reprise urgente au bloc), de troubles de la cicatrisation (cicatrices chéloïdes), et de modification de la sensibilité au niveau des aréoles et des mamelons (disparaissant la plupart du temps spontanément au bout de quelques semaines). Les possibilités d'asymétrie mammaire résiduelle, ou d'insuffisance voire de défaut de résultat peuvent nécessiter une retouche au bloc opératoire.

 

Une prise en charge possible ?

Le prix d'une intervention de correction de ptôse mammaire dépend des honoraires du chirurgien plasticien et du médecin anesthésiste. Cette intervention est considérée comme un acte purement esthétique et ne peut bénéficier d'un remboursement par la sécurité sociale et par la mutuelle, excepté dans les cas de correction de ptôse associée à une correction d’asymétrie mammaire, de malformation (seins tubéreux) ou d’hypertrophie mammaire (nécessitant un retrait par sein de plus de 300 grammes de glande).

Résultats habituels

Les douleurs suite à une mastopexie simple sont en générale faibles. Elles sont modérées lorsque le geste de correction de ptôse a été conjugué à la mise en place de prothèses. La prise d'antalgiques simples permet d'atténuer aisément ces douleurs. Un système de drainage aspiratif est mis en place le jour de l'intervention et permet de réduire les risques de formation d'hématome. Ce système est observé en général 24h après l'intervention. La survenue d'ecchymoses (bleus) est normale après l'intervention et ce phénomène va durer de quelques jours à quelques semaines. L'oedème, classique et consécutif à l'intervention, va persister durant un mois, selon les cas. Après le retrait du pansement (généralement le lendemain de l'opération), le port d'un soutien-gorge de maintien doit être observé le mois suivant l'intervention. Les résultats sont appréciables au bout de 2 à 3 mois, le temps que l'œdème disparaisse et que l'ensemble des tissus mammaires s'assouplisse. Pour conserver tous les bénéfices de l'intervention, il est conseillé d'éviter les fortes variations de poids.

La correction chirurgicale de ptôse offre des résultats excellents. Les seins sont comme rajeunis, et retrouvent une jolie tenue, un galbe arrondi et harmonieux.

  

Par le Dr David Picovski, chirurgien plastique et esthétique. Site : http://docteur-picovski.com/